SUR L'ETERNITE
idre que s'il n'y a pas entre cette éternité et ce ! une proportion de durée, il peut y avoir, et y a en effet une proportion de malice d'une et d'autre part de satisfaction et de punition : ilice dans le péché , et de satisfaction dans le nent. Je m'explique. Car ce qui nous trompe, de vouloir mesurer la durée de la satisfaction a justice de Dieu ordonne , par la durée de m criminelle dont le pécheur s'est rendu cou- . Faux principe, dit saint Augustin, et pour en sensiblement l'illusion, il n'y a qu'à considérer I se passe tous les jours dans la justice même )mmes. Qu'est-ce que l'ignominie d'un supplice le, et que la tache qu'il imprime, laquelle ne oera jamais? Qu'est-ce qu'un état de servitude on esclavage perpétuel ? Qu'est-ce que Tennui bannissement, d'un exil, d'une captivité aussi le que la vie? Tout cela, n'est-ce pas, autant le peut être, une espèce d'éternité? Or nous is néanmoins que la justice humaine emploie «la contre un attentat presque aussitôt com- ; achevé qu'entrepris et commencé. Et quand, venger cet attentat si peu médité quelquefois promptement exécuté, elle fait servir tout nous ne trouvons rien dans la peine qui exe crime. Elle va plus loin ; et qu'est-ce que la demande encore saint Augustin : cette mort, utes les choses terribles selon la nature, la erriblc; cette mort qui de tous les biens tem- ( , enlève à l'homme, eu le détruisant, le plus *ax, qui est la vie; cette mort dont le coup 'émédiable, et dont les suites par là même sont le étemelles? Toutefois, que ce soit le châtide certains crimes , quelque subits d'ailleurs ilque passagers qu'ils aient été , c'est ce que ipprouvons; c'est en quoi nous admirons et la te et l'équité des lois du monde. Il est vrai , loe le même Père, et cette observation conparfaitement à mon sujet , il est vrai que le sent de cette mort passe , mais l'effet ne passe , et c'est surtout ce que se propose la loi. Car i garde , s'il vous plaît , que la première et la lirecte intention de la loi n'est pas de tournr pour quelque temps le criminel sur qui elle son arrêt; mais que par cet arrêt irrévocable Inètre jusque dans l'avenir, et que sa vue prinest de le retrancher pour jamais du commerce la société des vivants, dont elle l'a jugé in- . Qui vero morte mulctatur, numquid moram 'xiditur, qux brevis est, ^us suppUcium leges arU; an non potius quod insempitemumeum antdesocietate viventiumf (August.) Ce sont iroles du saint docteur; d'où il s'ensuit que mesurer la proportion de la peine et de l'ofce n'est donc pas une règle toujours à prendre durée de l'une ou de l'autre , et que , dans un