‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 83 sur 232 · SUR LA NATIVITÉ · texte numérisé non relu

SUR LA NATIVITÉ

Dieu, Yoilà par où a eommenoé parmi les dirétiens i*iDfidéIité de l*hérésie. Otez-moi, disait, au rapport de Tertullien, Timpie Marcion; ôtez-moi ces ianges honteux, et cette crèche indigne du Dieu que j*adore : aufer a nobis pannos et dura prœsepia. ( Tebtull. ) Ainsi parlait cet hérésiarque , si injustement et si faussement préoccupé contre les bassesses apparentes de Jésus-Christ naissant. Or, ce qui a scandalisé les Juifs, ce qui a servi de fond à Terreur des premiers hérétiques, c'est ce qui nous trouble encore aujourd'hui. Car c'est là le signe que notre orgueil combat intérieurement, le signe qui blesse notre amour-propre, et contre lequel il s'élève , le signe que notre raison même a bien de la peine à ne pas condamner ; en un mot, le signe qui devait être , selon le prophète, et qui sera toujours pour le monde un sujet de contradiction : Signum cui contradicetur. (Luc, 2.) Cependant, chrétiens, c'est à ce signe qu'est attaché notre salut, et c'est de là que dépendent les fruits de grâce que nous devons retirer de ce mystère. Il est donc de mon devoir de justifier, si j'ose parler de la sorte, ce signe adorable, et c'est ce que je vais faire, après que nous aurons rendu à Marie Thommage ordinaire. jivCy Maria.

Dieu , parlant au roi d'Israël , lui dit : Demandez au Seigneur votre Dieu qu'il vous fasse voir un signe de sa toute puissance, Pete tibi signum a Domino Deo tuo ( IsAi. , 7 ); et sur le refus que fit Achaz de demander ce signe à Dieu , parce qu'il ne voulait pas tenter le Seigneur, le Seigneur lui-même lui donna, sans qu'il le voulût, un signe qu'il ne demandait pas : Propter hoc dahit Dominas ipse vobis signum, (Idem. ) C'est ainsi, chrétiens, que Dieu dans ce mystère en use à notre égard. Pour nous faire entendre que le Messie est né, il nous donne un signe, mais un signe que nous ne demandions pas , un signe que nous n'attendions pas, un signe auquel nous ne pensions pas ; je dis plus , un signe que nous ne voulions pas, et contre lequel il prévoyait bien que le monde se révolterait. Cependant c'est lui-même qui nous le donne , lui-même que le choisit pour nous : Propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum. Et il est question de savoir si nous avons droit de le rejeter , et si le choix qu'a fait Dieu de ce signe doit trouver tant de contradiction dans nos esprits. Or, je prétends que jamais contradiction n'a été plus mal fondée ; pourquoi ? Parce que jamais signe n'a été plus raisonnable, plus saint, plus divin, et par conséquent plus digne et du choix de Dieu et de l'approbation des hommes, que celui de la pauvreté et de l'humilité de Jésus-Christ. Kcoutez-en la preuve , qui va faire le partage de ce discours. Le signe que l'ange donne aux pasteurs, en leur annonçant la naissance de Jésus-Christ , est le siirne du Dieu Sauveur :

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