IV . D'une adoration respectueuse . qui est comme
la suite naturelle de cet acte de foi : car , puisque . c'est Jésus-Oirist même que vous allez recevoir , Il est juste que vous lui rendiez auparavant l'hommage que vous lui devez , comme à votre souverain et à votre Dieu; à l'exemple des premiers chrétiens, qui , > selon le témoignage de saint Augustin, ne recevaient jamais la chair du Sauveur dans les sacrés mystères, sans l'avoir premièrement adorée. Ainsi , pendant que le prêtre célèbre , mais particulièrement à l'élévation de l'hostie , vous répéterez souvent d'esprit et de cœur ces paroles de saint Thomas : Mon Seigneur et mon Z)i^ ( Joàn., 20 ); adorant Jésus- Christ sur l'autel, comme les Mages l'adorèrent dans retable de Bethléem, et lui protestant, avec saint Bernard , que plus il a voulu se faire petit pour se doqner à vous, plus vous voulez avoir de respect, de zèle et de vénération pour lui.
y. D'un profond anéantissement de vous-même, vous étonnant qu'un Dieu d'une si haute majesté daigne bien descendre du ciel pour vous visiter; disant, avec bien plus de sujet que la mère de saint Jean-Baptiste , lorsqu'elle reçut la visite de la sainte Vierge : Et d'où me vient cet excès de bonheur ( Luc. , 1 ) , que mon Seigneur et mon Dieu veuille venir à moi ? ou, comme le centenier, Ah ! Seigneur, je ne suis peu digne que vous entriez dans ma maU son (Màtth. , 8); ou, comme le saint homme Job, Et qu'est-ce que l'homme, Seigneur, pour être élevé à une telle gloire? ( Job. , 7. ) Et qui suis-je , moi pécheur, moi ver de terre , pour approcher d'un Dieu aussi saint que vous , pour être assis à votre table , pour y manger le pain des anges , et pour y être nourri de votre chair divine ?
VI. D'une humble conGance : car si Jésus-Christ se plaît et se tient même honoré que l'on se confie en lui , c'est particulièrement dans ce mystère, où lui-même, sans réserve, se communique à nous. Or, s'il se donne lui-même, dit admirablement saint Paul , comment ne nous donnera-t-il pas tout le reste? pourrait-il nous refuser quelque chose, en même temps qu'il se livre à nous ? Vous devez donc considérer l'Eucharistie comme le trône de la miséricorde de Jésus-Christ, où vous avez droit de vous présenter, pour lui exposer vos misères , vos faiblesses, vos aveuglements, vos erreurs, sûr que vous devez être de lui que par la vertu de ce sacrement, si vous n'y apportez point d'obstacle, il vous fortifiera , il vous éclairera, il apaisera la violence de vos passions, il vous délivrera de vos mauvaises habitudes : d'emporté que vous étiez , il vous fera paraître modéré; de tiède, il vous rendra fervent; de charnel et de mondain, il vous changera en homme spirituel et chrétien. Vous approcher, dis-je, de Jésus-Christ avec cette espérance , fondée sur sa puissance infinie et sur son infinie bonté : car n'êtesvous pas , lui direz- vous , ô mon Dieu, le mattre de
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SUR LA COMMUNION
lûon cœur? et quand mon cœur sera-t-il plus absolument dans votre disposition , que quand vous y serez entré par votre adorable sacrement?
YII. D'une crainte filiale , dont il faut que cette confiance soit accompagnée, comme si vous disiez à Jésus-Christ : Mais ne serais-je point, 6 mon Sauveur! assez malheureux pour avoir dans moi un péché secret qui fût un empêchement à toutes les grâces que vous me voulez faire? ne serais-je point un Judas , pour vous donner aujourd'hui le baiser de paix , et pour vous trahir demain ? ne vous recevrais-Je point comme lui dans l'état d'une conscience criminelle ? et au lieu de venir à moi, comme à un disciple fidèle , n'y venez-vous point avec horreur et avec indignation , comme à un ennemi caché? Si cela était, ah! je tous dirais, comme saint Pierre : Retirez-vous de moi. Seigneur (IiUC, 5), parce que je suis un sacrilège et un impie; mais la même confiance que j'ai en vous me fait espérer. Seigneur, que vous m'avez remis mon péché , et qu'ensuite , tout indigne que je suis , vous ne me rejetterez pas de votre présence.
YIII. D'undésir ardent de recevoir Jésus-Christ : car l'une des dispositions les plus nécessaires pour bien communier, c'est de le désirer ; comme l'une des meilleures dispositions pour profiter d'une viande, c'est de la manger avec appétit. Vous témoignerez donc à Notre-Seigneur, non-seulement le désir, mais , s'il est possible , l'impatience et l'empressement que vous avez de vous unir à lui dans ce sacrement, en lui disant comme les patriarches de Tancienne loi qui attendaient sa venue : Fenez- Seigneur, et ne tardez pas davantage {Psalm, 89) ; venez prendre possession de mon cœur, il est tout prêt et il ne peut être rempli que de vous : ou , comme le prophète royal, dans ce psaume qui convient si bien à une âme chrétienne, au moment qu'elle approche de la communion : De même que le cerf soupire avec ardeur après les sources des eaux, num âme soupire après vous, mon Dieu. {Psalm. 4t.)
IX. D'une fervente contrition, qui achève de sanctifier votre âme, et qui la mette dans ce degré de pureté où elle doit être pour devenir digne de Jésus-Christ ; vous servant pour cela des paroles affectueuses de ce saint roi pénitent : Tespère, Seigneur, que vous m'avez déjà lavé par le sacrement de pénitence : mais lavez-moi encore davantage, puriftez-moi de nouveau de toutes tes souiUures de mon péché (Psalm. 50) , afin que je sois en état de me présenter à vous. Créez dans moi un cosur pur, et renouvelez jusqu'au fond de mes entrailles cei esprit de droiture et de justice (Ibid ) , sans lequel toute la dévotion dont je me sens touché en communiant ne serait que mensonge et illusion. Comme le péché , d mon Dieu \ est l'unique chose qui puisse
vous déplaire eu moi,je le déteste et l'abhorre, parce qu'il vous déplatt. Quand il ne me rendrait point d'ailleurs sujet aux châtiments terribles et effroyables dont votre justice le punit, et quand il ne mériterait point l'enfer, il me suffît, pour l'avoir en exécration , qu'il m'éloigne de vous , et qu'il empêche que vous ne vous unissiez à moi par le sacrement de votre corps.
X. D'un parfait amour : car si vous êtes obligé d'aimer Jésus-Christ de tout votre cœur, et de cet amour de préférence qui vous est commandé par la loi divine ; beaucoup plus devez-vous lui en donner des marques dans ce sacrement , qui est singulièrement et par excellence le sacrement de son amour et de sa charité envers les hommes. Il faut donc vous imaginer que, dans le moment de la communion, Jésus-Christ vous demande, comme à saint Pierre : M'aimez-vousf (Joan., 21 ) et ensuite lui répondre avec la même ferveur que cet apôtre : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. (Id.) Mais la protestation sincère que je vous fais aujourd'hui est que je veux vous aimer d'un amour solide et effectif, qui ne consiste pas simplement dans les paroles, maisdans l'accomplissement de mesdevoirs, dans l'observation exacte de vos commandemenU;, dans un attachement inviolable à votre loi , dans la crainte de vous offenser, dans la fuite de tout ce qui vous déplatt , dans un renoncement éternel aux fausses maximes du monde et à tout ce qui est contraire au christianisme que je professe.
XI. D'une attention particulière aux paroles du prêtre, lorsqu'il vous présentera le corps de Jésus- Christ, et qu'il vous dira : Que le corps de Notre- Seigneur Jésus-Christ garde votre àmejusquedans la vie étemelle! paroles qui doivent flBiire sur vous une vive impression , en vous faisant comprendre la fin pour laquelle vous communiez , qui est de persévérer dans la grâce; c'est-à-dire de ne pas communier simplement pour observer pendant quelques jours une certaine régularité de vie , mais pour être constamment fidèle à Dieu, et vous maintenir dans l'état oh vous a mis le sacrement de Jésus- Christ, en sorte qu'il soit maintenant pour vous un gage de la vie éternelle.
XII. D'une prière courte, mais affectueuse, que vous ferez à Jésus-Christ, le conjurant de suppléer par sa grâce à tous vos défauts, et de mettre luimême dans votre cœur les dispositions nécessaires pour le bien recevoir; reconnaissant avec humilité que, quoi que vous ayez fait pour cela, vous êtes toujours Infiniment indigne de ce sacrement.
S in. Avis pour le temps qui suit la communion
I. Sortir de la sainte table avec un profond respect de la présence de Jésus-Christ, qui est au milieu de votre coeur, et dont il est vrai de dire dans
SUR LA COIffllUTnON.