DU SALUT
NÉCESSITÉ DU SÀLUT, ET L'USAGE QUE NOUS EN DEVONS FAIfiB CONTEE LES PLUS DANGEfiEUSES TENTATIONS DE LA VIE.
On parle du salut comme d'une affaire souverainement importante , et on a raison d*en parler de la sorte. Mais c'est trop peu dire : il faut ajouter que c'est une affaire absolument nécessaire; et ce fut ridée que le sauveur des hommes en voulut donner à Marthe , dans cette grande leçon qu'il lui fît : Marthe y vous vous inquiétez et vous vous embat' rossez de bien des choses; mais une seule chose est nécessaire. (Luc, 17.)
Ce n'est donc point seulement une affaire d'une importance extrême que le salut, mais une affaire d'une absolue nécessité. Entre l'un et l'autre la différence est essentielle. Qu'on me fasse entendre qu'une affaire m'est importante et très-importante, je conçois précisément par là que je perdrai beaucoup en la perdant , sans qu'il s'ensuive néanmoins que dès lors tout sera perdu pour moi , et qu'il ne me restera plus rien. Mais que ce soit une affaire absolument nécessaire, et seule nécessaire , je conclus et je dois conclure que si je venais à la perdre, tout me serait enlevé , et que ma perte serait entière et sans ressource : or tel est le salut.
Affaire nécessaire, et seule nécessaire: nécessaire, puisque je ne puis me passer du salut; seule nécessaire , puisque, hors le salut, il n'y a rien dont je ne puisse me passer. Je dis nécessaire, puisque je ne puis me passer du salut : car c'est dans le salut que Dieu a renfermé toutes mes espérances , en me le proposant comme fin dernière , et c'est de là que dépend mon bonheur pendant toute l'éternité. Je dis seule nécessaire , puisqu'il n'y a rien , hors le salut, dont je ne me puisse passer : car je puis me passer de tout ce que je vois dans le monde; je puis me passer des richesses du monde, je puis me passer des honneurs et des grandeurs du monde , je puis me passer des aises et des récréations du monde. Tout cela, il est vrai , ou une partie de tout oela ,