‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 160 sur 352 · TOUR ▲ DIEU · texte numérisé non relu

TOUR ▲ DIEU

Le mondain dit : II faut que Dieu soit un maître^ bien exact et bien rigoureux , puisqu'il ne pardonne I rien sans pénitence; et moi je dis : Il faut que Dîea/ soit un mattre bien indulgent et bien miséricor-^ dieux , puisqu'on obtient de lui le pardon de tout \ par la pénitence. ^

Pourquoi railler de la conversion de cet homme? ce qu'il fait, c'est ce qu'il faudra que vous fassiez vous-même un jour; et c*est même, si vous n'avez pas renoncé entièrement à votre salut , ce que vous vous proposez de faire. Car voulez-vous vivre jus-| qu'au dernier moment dans votre péché ? y voulez-j vous mourir? j'ose dire qu'il n'y a point de pécheur j si abandonné, qui porte jusque-là le désespoir.

H y a certains sentiments du coeur dont on ne se fait pas beaucoup de peine, et où l'on s'entretient même avec plaisir, parce que d'un côté ils flattent la passion , et que de Tautre on ne les pénètre point assez pour se les bien développer à soi-même. Si , dans une réflexion sérieuse , on s'attachait à les approfondir, on en découvrirait tout d'un coup la désordre et l'énorme absurdité. Tel est le sentiment d'un homme qui vit impénitent dans l'espérance de mourir pénitent : je veux dire, qui mène une vie criminelle, et qui s'y autorise par la pensée qu'un jour il fera pénitence , et qu'il ne mourra point avant que de s'être remis en grâce auprès de

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