‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 178 sur 352 · DE LA. PRIÈRE · texte numérisé non relu

DE LA. PRIÈRE

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Saint Augustin s'étonnait que Dieu nous eût fait un commandement de l'aimer, puisque de lui-même il est souverainement aimable, et qu'indépendamment de toute loi , tout nous porte à ce divin amour et tout nous l'inspire. Conformément à cette pensée du saint docteur, n'y a-t-il pas lieu de nous étonner aussi nous-mêmes , que Dieu nous ait fait un commandement de prier, puisque tout nous y engage , et que d'abandonner la prière, c'est abandonner tous nos intérêts , qui en dépendent ?

Commandement certain et indispensable, et, sans insister sur tous les autres motifs qui regardent Dieu plus immédiatement, et le culte de la religion que nous devons à cette majesté souveraine, commandement fondé , par une raison spéciale , sur la charité que nous nous devons à nous-mêmes. Car à quoi nous oblige étroitement et incontestablement cette charité propre? à prendre tous les moyens que nous jugeons nécessaires pour nous soutenir au milieu de tant de périls qui nous environnent, et pour échapper à tant d'écueîls où sans cesse nous pouvonséchoueret nous perdre. Or entre ces moyens il n'en est point de plus efOcace ni de plus absolument requis que la prière : comment cela? parce que, dans l'impuissance naturelle et l'extrême faiblesse où nous sommes, nous ne pouvons nous suffire à nous-mêmes ; c'est-à-dire que nous ne pouvons pas nous-mêmes résister à toutes les tentations , nous préserver de tous les dangers , fournir à tous

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