‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 208 sur 352 · PENSÉES SIVEBSES SUR L'EGLISE · texte numérisé non relu

PENSÉES SIVEBSES SUR L'EGLISE

fort qu'unesîmplicité BMompagnée d'un tel aheortement et de tant d'opiniâtreté, doive être traita de bonne foi , ou qu*une telle bonne foi puisse être devant Dieu un titre de justification.

Je m'en tiens h ce que m'enseigne mon directeur : 'est le pasteur de mon Sme : voilà ma règle. Hais selon cette règle , croyei-tous être en droit de rejeter toutes les décisions de l'Ëglise auxquelles ee directeur n'est pas soumis? conduite pitoyable et bon de toute raison. Car quand vous vous élevez contre l'Église pour vous attscher à ce directeur, cela montre que vous ne vous y attachez que par entêtement, et non par le vrai principe, qui est un prial'tpe de la religion, puisque la même religion qui vousordonned'écouterce pasteur partieulit-r, vous ordonne encore beaucoup plus expressément d'écouter le commun pasteur des 6dèles et le corps des évêques qui lui sont unis de communion.

Oserw-je faire une comparaison ? Elle est odieuse, mais elle n'en est pas moins juste. N'avoir pour l'Église et pour ses jugements qu'une soumission de respect, ne lui rendre qu'un honneur apparent et eitérieur, ne déférer à ses oracles*que par le ■aence, lorsqu'en secret on s'élève contre elle, lorsqu'on lui résiste dans le cœur, et même par les effets, n'est-ce pas traiter cette épouse de Jésus^hrisl comme Jésus-Christ lui-même, son diviu époux, fin traité des soldais auxquels on l'abandonna dans ta passion? ils le couronnèrent, ils lui mirent an •ceptre dans la main, ils venaient tour à tour se prosterner à ses pieds et l'adorer : voilà de grands témoignages de respect; mais en rajme temps ils le frappaient au visage, et lui donnaient des souf- Dets.

Cette grande lumière du monde chrétien, ce docteur par e-xcellence et ce défenseur de la grâce , cet homme d'un génie si élevé et d'une si haute réputation dans tous tes siècles qui l'ont suivi, saint Augustin, en Iraitaut des matières de religion, ne voulait pas qu'on le crtlt sur son autorité particulière, ni sur sa parole, mais II renvoyait au témoi gnage de l'Église. Aujourd'hui des troupes de femmes, faisant profession de piété, et conduites par un directeur qui certainement n'est rie u moins que niot Augustin, se laissent tellement prévenir en sa filTCur, que dès qu'il a parlé, elles ne veulent défrnrà nul autre tribunal, quel qu'il soit. Ce seul homme, souvent d'un savoir très -superficiel, voilà leur évêque, leur pape , leur Église.

On me dira qu'elles agissent de bonne foi, et qae leur simplicité les «cuse. Qu'il y ait en cela de la . flmplicité.j'enconviens : mais il faut aussi convenir qu'il y a encore plus d'opiniâtreté. Or je doute

Dieu, parleprophÈlcIsaîe, seplaintqu'ilaformé son peuple, qu'il a pris soin <U Ut nourrir comme set enfants, de tes élever, et qu'lb l'ont miprlti, ., 1.} Les prédicateurs appliquent quelquefois ces paroles à l'Église , et lui font dire, dans un sens moral et spirituel , qu'elle nous a formés en Jésus- Christ; que dès notre naissance, et par la grâce de notre baptême, elle nous a reçus entre ses bras et dans son sein, qu'elle nous y a fait croître et qu'elle n'a point cessé pour cela de nous fournir une nourriture toute céleste, qui sont ses divines instructions et ses sacrements ; mais que nous ne lui témoignons quedu mépris, que nous la déshonorons, que nous la scandalisons par notre conduite et par une perpétuelle transgression de ses commandements. Cette application est juste , et cette plainte solide et bien fondée. Mais laissons ce sens spirituel et moral, et prenons ta chose dans le sens des termes le plus littéral, dans le sens le plus propre ; l'applicition n'en sera pas moins raisonnable. Et en effet, combien de gens ne sont distingués que par le rang qu'ils tiennent dans 1" Église , ne sont riches que des biens de l'Église, ne vivent que du patrimoine de l'Église, et sont toutefois les plus rebelles à l'Église, etlei plus déclarfa contre elle? C'est bien à leur sujet, et bien à la lettre, que l'Église peut dire, des uns: M /^» ai nourri* (ÊrtM/rloO. 81 's subsislanoequi peutêtre leur eût manqué dans le monde, ils l'ont troavéeà l'autel ides autres: ye/e*oi(ffctrfitÊ-Mitfart), agrandis, et sans l'éclat qui leur vient de moi . peutêtre ne seraient-ils jamais sortis de l'obscurité et des ténèbres. Cependant leur reconnaissance, à quoi se réduit-elle ? à une obstination invincible contre mes plus sa^es et mes plus saintes ordonnances (Jprevermt me).

On voit des femmes d'un zèle merveilleux pour la

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