‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 268 sur 352 · SUR L'AUMONE · texte numérisé non relu

SUR L'AUMONE

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■ait par W voies communes; mais oa s*informe, mais on iSche de s'instruire, mais on recueille de toutes parts des mémoires, et l'on en f;rossit des volames. lout cela , à quelle fio , et quelle en est l'utilité? quel eu est le fruit? point d'autre que de décrier des particuliers, que de flétrir des familles, que d'humilier des maisons, que de scanduliser le publie et de le susciter contre des compagnies entières.

4. GriiTeté de la médisance par l'éclat avec lequel on la répand. Plus le déihsnneur est public, plut rîiyure est sanglaote : et souvent n'est-ce pas là ce qu'on demande et à quoi l'on vise? On sonne, pour aiusi dire, de la trompette, aGn de faire eiitentlre la médisance plus au loin. On veut qu'elle retentisse dans toute une ville, dam toute une province, dans tout uuroyaume. Délices bruits qui courent comme des torrents impétueux , et dont toutes les oreilles ■oat rebattues. De là ces écrits, ces libelles dont toute la terre est inoodfe.

fi. Grièveté de ta médisance par les seandales qui Co naissent. Un médisant dans un assemblée, c'est DD homme contagieux, c'est un tentateur qui expose tous les assistants à deux sortes de tentations. En effet, un abtme attire un autre abtme, et une médisance une autre médisance. Si vous n'aviez point produit sur la scène celui-ci ou celle.là, il n'en eût point été question ; on n'y pensait pas. Mais vous avez commencé, et on vous B suivi. Ce que vous avez dit pouvait 6tre moins essentiel , mais on a bien enchéri sur vous. Vous ue l'avez pas pré- Tu,maisillefallait prévoir. De plus, si quelques-uns plus réservés et plus circonspects se sont abstenus de ia médisance, ne l'ont-ils pas écoutée, et, en l'éeoutaat, ne l'ont-ils pas favorisée? n'y ont-ils pas pris godt ? Or, en cela Us sont coupables, et vous étee l'auteur de leur pédié.. Scandale sur quoi l'on n'entre point en scrupule, dont on ne se ^it point de peine, dontonnes'accuae point, mais dont on ne sera passansreprodie au tribunal de Dieu. Arrêtons-nous là : laissons bien d'autres circonstances que nous pourrions marquer, et que nous sommes ^ligés d'omettre : c'est une matière inépuisable que toutes les injustices de la médisance et tous les désordres qu'ellecause. Irions Dieu qu'il dirige notre langue, et qu'il La conduise : car le Sage nous apprend que e'eilau Seigneur de la gouverner. {Prov., IS. ) Apportons-y nous-mêmes touba l'attention et toutela circonspection nécessaire; et n'oublious jamais cette autre parole du Saint-Esprit, que la langue , selon que nous la réglons ou que nous lui permettons de s'échapper, porte lamttrt tmlavie. (Ibid., 18.)

Jeu-Biptltte coudaniDtDt la dureté enven les ponviM.

SERMON SUR L'AUMONB.

Qui habetduaslunletu, dil non habtnti : tl gui luitt eicat, linililtT Jaciat.

Que celui qui a deux hablli, ta donne un t celui qui n'en ■ painl;et qoceelulquladequalmangcr, ID lUe de aMme. Luc., a.

Est-il rien de plus opposé aux sentiments humains que la dureté des riches envers les pauvres; et comment un homme, pour peu qu'il écoute la nature, peut-il voir dans la souffrance et la misèreun homme comme lui , sans en Être ému de compassion et sans prendre soin de le soulager? ObliKSlion indispensable dans tous les temps depuis la naissance do monde : mais obligation plus particulière encore et plus étroite dans la loi nouvelle , qui est une loi de charité. C'est le sujet important que nous allons traiter; et pour réunir dans un m^me dessein les plus puissants motifs qui nous engagent à la pratique de l'aumâne, nous la considérerons tout ensemble, et comme un devoir d'obéissance, et corama un devoir de reconnaissance, et comme un devoir de pénitence. 11 faut obéir à Dieu , il fa>it reconnaître les bienfaits de Dieu , il fout apaiser la colère de Dieu. Or, voilà ce que nous faisons par l'aumâne. Devoir d'obéissance par rapport au commandement de Dieu qui nous l'ordonne : premier point. Devoir de reconnaissance par rapport à la bonté de Dieu qui nous gratifie de ses dons : second point. Devoir de pénitence par rapport àla justice de Dieu qui noua menace de ses châtiments : troisième point. Puissions-nous mériter ainsi l'éloge que le prophète donnait au juste '. Il a répandu *ei bienM, U en a/ait pari aux paworeê : tet bonneu awret Mubiiiteront tonJowM , et U en recevra la rieompente dont let ttecletdettUcUt.lPtalm.nl.)

Pbkhibb poikt. Devoir d'obéissance : car l'aumône est un commandement de Dieu. Commande ment que Dieu a pu faire, commandement que Dieu a dû faire, commaudementque Dieu a fait. Reprenons.

1. Commandement que Dieu a pu faire. Il est maître de nos biens , ou plutôt ce ne sont pas proprement nos biens, mais les biens de Dieu , qui nous les a donnés, et dont nous sommes seulement à son égard comme les dépositaires et les économes. Cest par grflce que nous les avons reçus ; or, le maître qui dispense ses grâces à qui il lui plaît , peut y appcwr aussi telle condition qu'il loi plaît. D'où il

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