‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 295 sur 352 · ORDINAIRES · texte numérisé non relu

ORDINAIRES

Pbemiee point. Notre perfection , selon Dieu , ne consiste point à faire beaucoup de choses : ce fut l'erreur de Marthe, que Jésus-Christ condamna. Qg n'est point non plus à faire de grandes choses : i^ a des saints très-grands devant Dieu, qui n'ont rien fait de grand pour Dieu; des saints dont la vie a été obscure et cachée, dont les actions n'ont rien eu de brillant et d'éclatant, dont le monde n'a point parlé. Ils étaient grands par leuir sainteté : mais toute leur sainteté était renfemoée en de petites choses ; et Dieu , dans la fidélité avec laquelle ils pratiquaient ces petites choses^ leur faisait trouver des trésors infinis de grâces. Ils étaient grands par leur humilité; et leur humilité les portait toujours à choisir les derniers emplois, laissant aux autres les fonctions où il y avait plus à paraître , et ne se jugeant pas capables d'y être appliqués. Enfin , notre perfection ne demande point que nous fassions des choses extraordinaires et singulières. Dès là qu'elles sont singulières et extraordinaires, elles sont rares , et les occasions n'en sont pas fi^é^uentes : cependant notre perfection doit être en ce qui nous est plus habituel , en ce qur nous bcccupe plus souvent , en ce que nous avons continuellement dans les mains, en ce qui remplit les journées et les années de notre vie.

D'où il s'ensuit que c'est de nos actions les plus ordinaires que dépend la perfection où Dieu nous appelle. Car ce sont là les actions propres dé notre profession et de notre état ; et par (*onsé(Juéht ce sont celles que Dieu veut spécialement de nous, puisqu'il ne nous a attirés par sa grâce dariè cet état

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