DU PÉCHÉ DE SCANDALE, OU DU MAUVAIS EXEMPLE
Neccsse est ut ventant tcanâala.
C'est un mal inévitable qa'U arrive des scandales. Matth. , chap. 18.
Premier point. Ce que nous appelons scandale n'est que le mauvais exemple; ou du moins, tout mauvais exemple est un véritable scandale. Or, il ne faut point se flatter dans l'état religieux : on y voit de mauvais exemples comme on en voit de bons ; et il n'y a point de communauté si régulière, où il ne se trouve des âmes imparfaites qui scandalisent les autres; comme il n'y en a guère de si déréglée, oik Dieu ne conserve de saintes âmes qui travaillent à maintenir l'ordre , et qui empêchent que le scandale, par une malheureuse prescription, ne prenne le dessus et ne prévale.
Aussi le Sauveur du monde nous a fait entendre qu'il était nécessaire qu'il arrivât des scandales ; c'est-à-dire, qu'il n'était pas moralement possible que les hommes étant si différents les uns des au* très, soit dans leurs sentiments, soit dans leurs mœurs , il n'y en eût en toute assemblée qui , par le relâchement et le désordre de leur conduite , devinssent pour ceux avec qui ils ont à converser et à agir, des sujets et des occasions de chute. Et cela même est encore plus vrai à l'égard des maisons religieuses , parce qu'on y a beaucoup plus de rapports ensemble, et que tout ce qui s'y passe frappe de plus près et beaucoup plus fréquemment la vue. S'il y a donc jusque dans la religion des écueils à craindre, on peut dire qu'un des plus dangeureux et des plus ordinaires, ce sont ces scandales domestiques et ces exemples qu'on a sans cesse sous les yeux et devant soi. Il est très-difficile de s'en défendre; et pour y résister, il faut une vertu bien pure et bien à l'épreuve.
Ai-je eu sur ce point , jusques à présent , toute l'attention et toute la circonspection que je devais avoir? Ai-je pris garde à ne rien dire et à ne rien