‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 331 sur 352 · DE LA CHARITÉ DE · texte numérisé non relu

DE LA CHARITÉ DE

son 4]esx;on versât ion religieuses. Point d*amertume dans les paroles , ni de brusqueries. On n*est pas toujours maître d'empêcher que certains mouvements ne s*élèvent dans lecœur : mais au moins fautil avoir assez d*empire sur soi pour les tenir cachés au dedans, et pour n*en rien faire paraître. Point de contradictions trop fortes, ni d*altercations. Chacun a sa pensée, et chacun peut In produire, quoique contraire à la pensée des autres. Mais du moment que la question commence à dégénérer dans une espèce de différend, et qu*on le remarque, il vaut incomparablement mieux se renfermer dans le silence, et ne pas poursuivre, que de s*obstiner par une fausse gloire à remporter un vain avantage et d^étre par là un sujet de discorde. Point de traits railleurs et piquants. Un mot assaisonné d*un certain sel et dit agréablement n^est pas toujours condamnable, pourvu que personne n^y soit intéressé, ou que celui qui pourrait y avoir quelque intérêt prenne bien la chose , et n*en témoigne aucun déplaisir. Mais après tout une raillerie trop fréquente a souvent de fort mauvais effets. Et il ne faut point alléguer pour excuse qu^il n*y a rien en ce qu'on dit que d'indifférent et que d'innocent. Ce n'est plus une raillerie indifférente ni innocente, dès que la charité en souffre; or, il n'est presque pas possible qu'elle nVn souffre par l'extrême délicatesse de la plupart des esprits, qui s'offensent aisément, et ressentent trèsvivement les moindres atteintes. Point de murmures ni de plaintes, du moins dans les entretiens publics. Si l'on voit quelque chose à reprendre, on peut en secret s'en expliquei* dvec une personne de confiance, soit supérieure, ou autre : mais de s'en déclarer hautement et devant toute une assemblée , c*est une espèce de révolte , ou c*est en quelque manière vouloir Texciter. Enfin , point de médisances : car si la médisance est un péché grief dans des séculiers, qu'est-ce dans des religieux? Parlons bien de tout le monde, ou si nous n'avons rien de bon à dire, taisons-nous. En gardant ces règles, on se préserve d'une inflnité de désordres; on rend la société religieuse également édiûante et douce, et c'est ainsi que se vériG ela parole du Prophète royal : Quel avantage et quel bonheur pour des frères, de vivre ensemble et dans une sainte union !{Ps. 132.)

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