‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 73 sur 352 · IS · texte numérisé non relu

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SUR LA TRAHISON DE JUDAS

éternité de supplice. Encore une fois, n*est-ce pas le qu*il faut s'écrier avec le maître des gentils : O altitudol ( Rom. , 11 } ô profondeur impénétrable! et jamais cette parole fut-elle mieux appliquée et vérifiée plus à la lettre? car une profondeur suppose une élévation : or, que concevons-nous , dans Tordre du salut et de la grâce, de plus relevé que l'apostolat ? et par conséquent, que pouvons-nous concevoir de plus profond et de plus bas que la chute et la réprobation d'un apôtre? O altitudol O profondeur! mais de quoi? non pas des richesses de la miséricorde et de la bonté de Dieu , mais des trésors de la justice et de la colère de Dieu : O altitudo diviliarum! (Ibid.) Car Dieu a des trésors de colère comme des trésors de bonté , et les uns et les autres sont également des trésors de sagesse et de science , Sapientix et scientix Dei (Ibid.), parce que Dieu n'est pas moins sage, ni moins éclairé en réprouvant qu'il l'est en prédestinant. Il a voulu nous découvrir ses trésors de colère dans la personne de Judas, pour nous apprendre à les craindre et à nous en garantir. Voyons donc encore plus en détail les circonstances de la réprobation de ce malheureux.

Après avoir traité avec les princes des prêtres, il renonce à Jésus-Christ et à sa compagnie ; d'où vient qu'il est appelé par saint Ambroise le chef des apostats, Apostatarttnicaput,et que, selon le cardinal Pierre Damien , tout ce qu'il y a de chrétiens qui perdent la foi et qui apostasient , sont comme les descendants et la postérité de Judas : Judx execranda progenies. Et ne fallait-il pas en effet qu'il portât dès lors le caractère des réprouvés, puisqu'au moment qu'if communia de la main du Fils de Dieu , îl fut possédé du démon , qui entra dans lui ; et c'est ce que saint Jean nous déclare expressément : Etpost buccellam introivitineumSatanas, (Je an., 13.) Or, qu'était-ce, mes frères, demande saint Cyrille d'Alexandrie, qu'un homme qui venait tout à la fois de recevoir dans son cœur Satan et Jésus- Christ? Satan, pour l'y faire régner; et Jésus- Clirist, pour l'y faire mourir : Satan, à qui il donnaitdanslui-mémeunempireabsolu, et Jésus-Christ, qu'il y crucifiait : Satan , qu'il exaltait au-dessus de Jésus-Christ; et Jésus-Christ, qu'il lui présentait comme une victime et qu'il lui sacrifiait ! n'était-ce pas là le sceau de la réprobation ? n'en étaitce pas le dernier terme ?

Mais cette réprobation , après tout , ne fut pas l'effet nécessaire ni du sacrilège de Judas , ni de son apostasie, ni de sa trahison. Car, après avoir abandonné Jésus-Christ, après avoir trahi Jésus-Christ, après l'avoir livré au pouvoir des Juifs , il y avait une ressource pour lui dans la miséricorde de Dieu ; et s'il eût bien ménagé les grâces qui lui restaient , il pouvait encore rentrer dans la voie de la justifica-

tion, et parla même dans la voie du ciel. Que ne fit point le Fils de Dieu pour l'y rappeler? Comment lui parla ce Dieu sauveur et quels retours ne lui donna-t-il pas occasion de faire sur luimême? Mais le cœur de cet apostat et de ce traître s'était fermé pour jamais aux grâces divines; et de là son désespoir. Non pas qu'il ne reconnaisse son crime : au contraire , c'est parce qu'il le reconnaît , parce qu'il le déteste, mais par une fausse pénitence, qu'il se désespère. Il le reconnaît , mais il ne le reeonnaît qu'à demi. Il le reconnaît comme une production de sa malice , mais il ne le reconnaît pas comme un sujet capable encore d'exciter la bonté de Dieu. Le voilà touché de repentir : Pœni" tentia ductus (Matth. , 27 ) ; mais repentir, disent les Pères, qui outrage Dieu , bien loin de l'apaiser : pourquoi? parce qu'il procède d'un faux jugement, que Dieu est moins miséricordieux qu'il n'est juste ; et parce que ce jugement faux* et erroné, au lieu d'attendrir le pécheur pour Dieu et de le toucher d'un saint amour, ne lui inspire que de l'aversion et de la haine.

L'eussiez-vous jamais cru , mes chers auditeurs , que le démon , qui est l'auteur du péché > pût être l'auteur de la pénitence, et que la pénitence , qui doit réconcilier l'homme avec Dieu, ne dût servir qu'à l'en éloigner? Voilà néanmoins le mystère qui s'est accompli dans Judas. Sa pénitence a été l'ouvrage du démon : c'est le démon qui la lui a suggérée, le démon qui lui en a donné les règles, le démon qui la lui a fait exécuter. Car tout y a été de son esprit. Ce fut une pénitence sincère , puisque Judas se repentit véritablement de son péché; ce fut une pénitence vive et affectueuse, puisqu'il conçut une sensible douleur de son péché; ce fut même une pénitence beaucoup plus efficace que ne le sont communément les nôtres, puisqu'il alla trouver les princes des prêtres , qu'il leur témoigna l'innocence de Jésus-Christ, et qu'il leur rendit l'injuste salaire qu'il avait reçu : Pœnitentia ductus, retulit triginta argenteos ( Matth., 26) : mais avec toutes ces qualités, ce fut une pénitence de démon; comment cela? parce qu'elle ne fut pas animée de Tespérance chrétienne. Il y a près de six mille ans que tous les démons, dans l'enfer, font une pareille pémV tence : ils reconnaissent toujours leur péché, et le reconnaîtront toujours , mais sans nul amour pour Dieu, ni nul sentiment de confiance en Dieu. Le grand artifice de l'esprit de ténèbres, est de nous inspirer cette pénitence défectueuse et de nous porter à faire par volonté ce qu'il fait par une sorte de nécessité.

Ainsi Judas proteste qu'il est pécheur, il s'en déclare publiquement : J'ai péché , dit-il , j'ai vendu le sang du juste : Peccavi tradens sanguinem justum. (Id.) Mais ce n'est point assez > repctjd

SUK LA TRAHISON DE JUDAS

saint Bernard, de confesser que tu es pécheur; il faut confesser que Dieu est bon, et joindre cette confession de la miséricorde de ton Dieu à la confession de ton crime, parce que c'est dans ces deux confessions que consiste le retour de la grâce. Judas faitTun, mais il laisse Tautre; et de là il se repent, mais il ne se convertit pas. 11 jette dans le temple les trente deniers dont on a payé sa trahison; mais il n*a pas recours au trésor inépuisable de rinfinie bonté du Dieu qu'il a trahi ; il jette le prix pour lequel il a vendu son Maître , et il ne connaitt pas le prix dont son Maître Ta racheté : Pre- Hum reddit quo vendiderat Dominftm, ces paroles sont de saint Augustin ; non agnoscit pretium quo redemptus est a Domino. Enfin , confus et interdit , n'espérant rien de la part de Dieu , il se tourne contre soi-même; et dans Thorreur qu'il conçoit de lui? même , il devient lui-même son propre bourreau. Les pharisiens et les scribes l'avaient renvoyé , et lui avaient dit en le renvoyant, qu'ils ne se mê> laient point de ce qui le regardait , et qu'ils n'y prenaient aucun intérêt : Que nous importe? c'est à vous de voir ce que vous avez à faire : Quid ad nos f tu videris, (Màtth. , 27. ) Il y pourvoit , en effet, mais de la manière que lui dicte son aveugle fureur, irse croit indigne de vivre, il se condamne à la mort : mais à quelle mort? à la plus infâme. De la même main dont il a reçu le prix du sang : Pretium sanguinis (Id.) , il forme le nœud qui doit finir le cours de ses années et lui ravir le jour. Il meurt , et expirant par un nouveau crime , il laisse sa mémoire en exécration à tous les siècles , Et suspensus crepuii médius. ( .M. , 1 . )

Tel fut le sort de cet apôtre, déchu de son apostolat et dépouillé de toutes les grâces qui y étaient attachées. Or, là-dessus, mes frères, que de réflexions à faire, que de conclusions à tirer, que de résolutions à prendre ! Appliquons-nous bien à cet exemple, pour le considérer et Pétudier. C'est l'exemple d'un réprouvé; mais Texemple d'un réprouvé peut être pour nous une leçon aussi salutaire que les exemples des saints ; et la vue des damnés peut nous servir à connaître les voies de notre prédestination. Judas s'est perdu aux côtés de Jésus-Christ, et au milieu des apôtres; il n'y a donc plus d*état dans le monde qui soit assuré , il n'y a donc plus de lieu où l'on soit à couvert du péril ; on peut donc se damner jusque dans les plus saintes professions ; on ne peut donc plus compter sur rien. Et en effet, sur quoi compterais-je? est-ce sur les grâces de Dieu? Judas en a eu de plus abondantes que moi. Est-ce sur l'usage des sacrements? Judas a vécu et conversé avec Tauteur même des sacrements ; il a mangé à la table de Jésus-Christ , et y a eu la même part que les autres disciples. Est-ce sur ma pénitence? Judas en a fait une infructueuse, et puis-je me pro*

mettre que la mienne aura plus de mérite et plus de pouvoir auprès de Dieu? Sur quoi donc encore une fois )feraî-je fond? Ah! Seigneur, mon plus solide appui sera la crainte de vos jugements ; car voilà par ou vous voulez que le juste se soutienne aussi bien que le pécheur, et c'est en cela que votre grâce est admirable, d'avoir fait de la crainte, dont le propre est'd'ébranler, l'affermissement de toutes les vertus. Il n'appartenait qu'à vous , ô mon Dieu ! de lui donner une qualité si rare et si excellente. Dans l'ordre naturel , la crainte affaiblit , mais dans l'ordre du salut, elle fortifie; et c'est par cette raison , remarque saint Ambroise, que le Fils de Dieu a souffert Judas , et qu*il l'a admis au nombre de ses disciples. Car ce choix n'a pas été sans un dessein particulier de sa providence : EUgitur Judas, non per imprudentiam, sed per providentiam. Dieu a voulu que sa chute nous fût une preuve sensible de cette grande vérité, que nous devons opérer notre salut avec tremblement : Cum metu et tremore, (Philip. , 2. ) Le premier ange nous avait déjà servi sur cela d'exemple, en se pervertissant dans le ciel; mais son exemple, dit saint Bernard, n'était pas assez sensible pour nous. Le premier homme nous en avait donné un témoignage plus touchant en se perdant luimême, et toute sa postérité avec lui, dans le paradis terrestre; mais c'était un témoignage trop éloigné de nous : il en fallait un qui nous filt plus présent, et qui nous fît voir que dans le christianisme même où la grâce abonde, et dans les sociétés du christianisme les plus régulières et les plus parfaites, il y a toujours des dangers et des écueils à éviter. Or, c'est de quoi nous avons la plus évidente conviction dans la personne de Judas; et si nous présumons encore des miséricordes de notre Dieu, si nous oublions ses jugements redoutables , pour nous entretenir dans une vaine confiance; si nous négligeons l'affaire du salut, et que nous nous en reposions sur la providence du Seigneur qui ne manque point aux hommes en cette vie, n'est-ce pas un aveuglement criminel , et une témérité sans excuse?

Mais devons-nous tellement craindre, que nous bannissions de notre cœur toute espérance ? A Dieu ne plaise, chrétiens! craignons, mais d'une crainte filiale : or cette crainte des enfants, bien loin d'exclure l'espérance, la demande au contraire, et la suppose comme une compagne inséparable. Judas a désespéré, et c'est son désespoir qui a consommé sa condamnation; d'où il s'ensuit qu'il n'y a donc point de désordre, point d'habitude si invétérée, où il soit permis de se défier de la bonté divine , et de n'en plus attendre de grâce. Quand je serais aussi coupable, et même plus coupable que Judas, tant que je suis sur la terre, je suis toujours dans la voie; et tant que je suis dans la voie, Dieu veut que je le re-

SUR LA TRAHISON DE JUDAS

garde comme ma fin , et que j'y aspire. Mais comment pourrais-je aspirer à ce que je n'espère plus? , David était devenu adultère ; David à son adultère , avait ajouté Thomicide; David avait scandalisé tout son peuple ; David avait abusé de tous les dons de Dieu : mais entra-t-ii pour cela dans le moindre sentiment de désespoir? Quedis-je? plus il se reconnut criminel , plus il ranima son espérance , plus il la redoubla. Avant son péché , il appelait Dieu son Seigneur, son souverain, son roi ; mais depuis son péché il usa d'un nom plus engageant et plus tendre , et commença de l'appeler sa miséricorde : Detis meus misericordia mea. {Psalm, 59.) Car, selon la pensée de saint Augustin , étant pécheur devant Dieu, il ne trouva point de terme plus propre pour exprimer ce que Dieu lui était et lui voulait être : Aon invenit quid appelUiret Dominum, nisi misericordiam suam. D'où ce saint docteur conclut en s'écriant : O nomen sub quo nemini desperandum! O le grand nom, mes frères! nom qui condamne toutes les défiances des hommes , et qui nous apprend que personne, quLque nous soyons, ne peut, sans faire outrage à Dieu , se croire hors d'état de retourner à lui, et d'en obtenir une pleine rémission. Pécheurs, qui m'écoutez, comprenez ce que je dis, et ne l'oubliez jamais :ce qui a damné Judas, ce n'est point proprement la trahison qu'il avait commise , mais le désespoir où il s'abandonna après sa trahison; car sans ce désespoir, tout traître qu'il était, il pouvait néanmoins encore se sauver. S'il eût espéré , sa trahison eût pu servir à sa justification, en servant à exciter sa pénitence et sa contrition. Son malheur est de s'être persuadé qu'il n'y avait plus de pardon pour lui ; et voilà ce qui perd tous les jours les grands pécheurs du monde. Les pécheurs ordinaires se perdent par un excès de confiance, mais les libertins «t les impies déclarés se perdent par un défaut de confiance. Les uns périssent parce qu'ils espèrent trop , et les autres parce qu'ils n'espèrent point du tout. Car voici la plus dangereuse illusion de l'esprit séducteur qui ne cherche qu'à nous attirer dans le précipice par quelque voie que ce puisse être. Avant le péché , il nous donne de la confiance, et il nous Tôte après le péché ; c'està-dire qu'il nous donne de la confiance , quand elle nous peut être préjudiciable, et qu'il nous l'ôte, quand elle nous est salutaire et nécessaire. De même, avant le péché il nous ôte la crainte des jugements de Dieu; mais il nous la rend après le péché, et nous la rend au double. De sorte, si je puis le dire, qu'il nous fait comme une espèce de restitution , en nous rendant après le péché ce qu'il nous avait ôté avant le péché. Mais , je me trompe : il ne nous rend pQJOt ce qu'il nous ôte, et il ne nous ôte point ce qu'H nous donne; car il nous rend après le péché une fausse crainte , au lieu de la crainte véritable et

religieuse qu'il nous a ôtée avant le péché ; et ne nous ayant donné qu'une confiance présomptueuse avant le péché , il nous ôte après le péché la vraie confiance qui pourrait nous retirer de notre égarement et nous ramener à Dieu.

Ah! pécheurs, encore une fois, qu'il est important que vous conceviez bien ceci et que vous y fas« siez une sérieuse attention ! Si vous saviez espérer en Dieu , tout pécheurs que vous êtes, j'oserais vous répondre de votre salut; car si vous saviez espérer, vous espéreriez chrétiennement; c'est-à-dire que, malgré la multitude et la grièvetéde vos offenses, vous espéreriez assez pour vous toucher, assez pour vous inspirer un saint désir de rentrer en grâce avec Dieu , assez pour vous en faire prendre la résolution et l'unique moyen , qui est la pénitence , assez pour vous soutenir, pour vous consoler , pour vous encourager dans votre retour ; mais non point assez pour vous endurcir dans vos désordres, et pour vous confirmer dans vos habitudes vicieuses : c'est-à-dire que, ne perdant jamais l'idée de la miséricorde divine, et qu'au milieu des dérèglements de votre vie, rappelant leTsouvenir de cette bonté souveraine qui s'intéresse encore pour vous, qui vous ouvre son sein /qui vous tend les bras, qui vous invite et qui vous promet une prompte et entière abolition dès que vous voudrez revenir, et que vous le voudrez bien, vous vous sentiriez émus jusque dans le fond de l'âme, pénétrés, attendris, piqués de reconnaissance envers le meilleur de tous les maîtres, confus de vos ingratitudes et indignés contre vous-mêmes , déterminés à tout pour profiter de la grâce qui vous est offerte, et pour achever l'ouvrage de votre conversion. Plaise au ciel que ce soit là le fruit des saintes vérités que je viens devons annoncer! plaise au ciel que tout ce qu'il y a de pécheurs dans cet auditoire, prosternés devant Dieu, et humiliés au pied de cet autel , commencent dès aujourd'hui à mettre en œuvre cette espérance si avantageuse et si efficace que je leur prêche ! A lions , mes frères, et ne différons plus; le Seigneur nous attend , et il est prêt à nous recevoir. Nous sommes chargés de crimes, et c'est justement ce que nous devons d'abord confesser en sa présence. Peccavt, tradens sau" guinemjustum : Oui, Seigneur, j'ai péché, et le perfide qui vous a vendu a-t-il plus péché que moi? J'ai déshonoré votre nom , j'ai violé votre loi , j'ai abusé de vos grâces, j'ai négligé vos sacrements, et combien de fois peut-être les ai-je profanés? J'ai sacrifié mon âme à mes passions, cette âme que vous aviez rachetée de votre sang : Tradeiis san-^ guinemjustum. Je ne viens donc point m'excuser, mon Dieu ; je viens plutôt m'accuser comme Judas ; mais du reste, dans un autre sentiment que Judas. Peccavi. J'ai péché contre vous; mais je ne cesserai point pour cela d'espérer en vous. J'ai péché, maïs

SUR LE RENIEMENT DE SAINT PIERRE

comme votre miséricorde est au-dessus de vos ]u- j gements, elle est au-dessus de tous mes péchés, et au-dessus de tous les péchés du monde ; j*ai péché . mais plus j'ai péché, plus ma douleur augmente; et plus mon repentir est vif, plus vous êtes disposé à me pardonner. Dans cette conGance je vous réclamerai, et vous m'écouterez; je vous adresserai mes vœux, et vous les agréerez; je travaillerai à TOUS satisfaire, je vous vengerai de moi-même, et

ront vous engager à faire un retour salutaire sur vous-mêmes. Commençons.

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