‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 31 sur 124 · LUC · texte numérisé non relu

LUC

térité; de ces batailles gagnées , de ces victoires remportées , de tant de faits mémorables, rien ne restera devant Dieu que ce qui se trouvera marqué de son sceau : cela seul subsistera, cela seul sera pour vous le fonds d'une gloire solide et d'un mérite éternel, ^ous vous êtes aujourd'hui présenté, Sire, à ce suprême Seigneur de toutes choses, non-seulement comme le premier-né de la plus auguste famille qui soit sous le ciel, mais comme le fils aîné de l'Eglise. De tout temps nos rois se sont glorifiés de cette qualité; mais Votre Majesté s'en est fait un engagement aux plus éclatantes et aux plus héroïques vertus. Elle ne s'est pas contentée du titre de fils aîné de l'Eglise , mais elle a voulu le remplir et le soutenir d'une manière dont les siècles passés ont vu peu d'exemples, et qui pourra servir de modèle aux siècles futurs. Comme fils aîné de l'Eglise, elle a écouté les ministres de Jésus-Christ , elle s'est rendue à leurs remontrances clie a secondé , ou plutôt prévenu , excité , fortifié leur zèle : et puisque c'est ainsi qu'elle-même s'en explique, elle a consenti à la diminution de ses droits, pour contribuer au rétablissement de la discipline et à la conservation de la pureté de la foi; n'ayant compté pour rien ses intérêts, parce qu'il s'agissoit des intérêts de l'Eglise , et, sans consulter une fausse prudence, ayant fait céder à sa religion, non-seulement ses prétentions, mais ce qui lui étoit déjà tout acquis par une longue possession. C'est de quoi cette déclaration que Votre Majesté vient de donner, si authentique, si sensée, si pleine de l'esprit chrétien, si propre à concilier le sacerdoce et la royauté, fera le précieux monument. La postérité la lira, et, en la lisant, confessera que Louis le Grand n'a pas été moins grand par son inviolable attachement à l'Eglise, que par toutes les vertus politiques et militaires. Voilà , Sire , ce qui est marqué dans le livre de vie, avec des caractères ineffaçables. On oubliera enfin tout le reste; et, quelque immortalité que le monde lui promette , le monde périra luimême, et toute grandeur humaine périra avec le monde. Ce que Votre Majesté fait pour l'Eglise ne s'oubliera , ni ne mourra jamais : l'Eglise le publiera ; et , comme elle ne doit point avoir de fin , sa reconnoissance n'aura point de terme , non plus que la récompense qui vous est réservée dans l'éternité bienheureuse , où nous conduise, etc.

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