‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 50 sur 124 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Quelque diversité d'événements qu'il y ait dans le cours de la vie des hommes, c'est une vérité indubitable, que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu; et nous savons, disoit l'Apôtre, que cela même est une marque du choix que Dieu a fait de leurs personnes en les prédestinant pour être Saints : Scimus quoniam diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum, Us qui secundùm propositum vocat'% sunt Soncti-. Or voilà, mes chers auditeurs, ce qu'ont éprouvé ces bienheureux dont nous honorons la mémoire; tout a contribué à leur avancement et à leur salut éternel. Car le monde , par un merveilleux effet de la grâce de Jésus-Christ, a visiblement contribué à leur sanctification; et ce qu'ils étoient selon le monde, j'entends leur condition, sans être en soi différente de celle despaïei,^, par l'usage qu'ils en ont fait, n'a pas laissé de servir à les rendre de parfaits chrétiens ; pourquoi? appliquez -vous à cette excellente morale de saint Paul : parce qu'il est constant que les Saints ont trouvé dans leu? condition de puissants motifs pour s'exciter et s'animer à la pratique

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de leur religion; parce qu'il est vrai que leur condition leur a fourn des moyens de glorifier Dieu , dont ils ont su admirablement profi. ter à l'avantage de leur religion ; parce qu'un de leurs premiers soins a été de bien ménager les croix et les peines inséparables de leur condition pour en faire la matière de leur patience, et des sacrifices qu'ils ont eu le bonheur d'offrir à Dieu , dans l'esprit de leur religion : pensées touchantes que je ne fais que vous proposer, et à quoi je réduis la dernière idée que j'ai prétendu vous donner de la science <3es Saints.

Ces prédestinés et ces élus de Dieu ont trouvé dans le monde même et dans leur condition, quoique mondaine, de puissants motifs pour s'exciter à la pratique de leur religion : c'est-à-dire, ce que leur condition les obligeoit à faire pour le monde, leur a appris, mais vivement et sensiblement, ce qu'ils dévoient à Dieu, leur a fait porter avec joie et avec douceur le joug de Dieu , leur a fait aimer tendrement la loi de Dieu , leur a fait embrasser généreusement ce qui leur a paru de plus sévère dans l'accomplissement des ordres de Dieu , leur a fait sentir et goûter délicieusement le bonheur qu'il y a d'être à Dieu. En falloit-il davantage à ces Saints de la terre ? car c'est ainsi que les appelle IEcriture : Sanctis qui in terra sunt ejus K En efiet, dit saint Augustin, ils ont été les Saints de la terre avant que d'être les citoyens du ciel. Arrêtons-nous encore à ceux qui, après avoir passé dans le monde par les mêmes états que vous, doivent être les modèles de votre conduite. Leur en falloit-il, dis-je, davantage pour leur inspirer tout le zèle qu'ils ont eu dans le service de Dieu , que la réflexion qu'ils faisoient sur la manière dont on sert les grands de la terre, et dont ils les servoient eux-mêmes? On s'étonne qu'il y ait eu des Saints à la cour, et moi je prétends que c'est la cour même, où, par l'ordre de Dieu, ils se trouvoient attachés, qui les faisoit Saints. Oui, la cour les formoit à la religion; la cour, qui pour tant d'autres a été et est si souvent une école d'impiété , par un don singulier de Dieu, apprenoit à ceux-ci le christianisme et les élevoit à la sainteté. Comment cela? rien de plus naturel ni de plus simple. Attachés à la cour par leur condition , ils avoient honte de n'avoir pas pour Dieu une obéissance aussi prompte et une fidélité aussi inviolable que celle dont ils se piquoient à l'égard de leur prince, et cette comparaison les portoit à tout entreprendre; ils se reprochoient avec douleur d'être moins vifs et moins empressés pour le Dieu de leur salut que pour le maître de qui dépendoit leur fortune temporelle ; et , à force de se le reprocher, ils parvenoient enfin à pouvoir se rendre le témoignage favorable que leur conscience sur ce point exigeoit

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d'eux , et où consistoit pour eux le capital et l'essentiel de la religion. Je veux dire , ils parvenoient enfin à avoir pour Dieu cet amour de préférence si nécessaire au salut, et néanmoins si rare à la cour : mais Dieu qui les avoit choisis vouloit que la cour même le leur enseignât, et leur en fournît un motif auquel ni leur raison ni leur foi ne pussent résister ; et quel étoit ce motif? je le répète : l'application sans relâche avec laquelle ils faisoient leur cour à un homme mortel, la disposition sans réserve à n'épargner rien pour lui plaire, le parfait dévouement à ses intérêts , la soumission aveugle à ses volontés, l'infatigable assiduité auprès de sa personne, l'attention à mériter ses bonnes grâces, l'ambition d'être à lui, la crainte d'être oubliés de lui , beaucoup plus d'en être disgraciés et réprouvés , tout cela c'étoit pour les Saints autant de leçons du culte suprême et de l'amour souverain qu'ils dévoient à Dieu ; et ces leçons bien étudiées, bien méditées, bien appliquées, faisoient sur eux des impressions qui les sanctifioient. De même on est surpris qu'il y ait eu des hommes qui, dans la profession des armes, soient arrivés à la sainteté; et moi je dis que rien ne pouvoit mieux les disposer à la sainteté que la profession des armes. Comment les Maurice, les Sébastien, les Eustache, l'y ont-ils trouvée? Ils devenoient sans peine les martyrs de Jésus-Christ et de leur religion , en se souvenant combien de fois ils avoient été les martyrs de leur condition, lorsque tant de fois dans les combats ils s'étoient exposés à la mort, pour ne rien faire d'indigne de leur naissance, et qui intéressât leur honneur. Ainsi leur condition leur enseignoit-elle, les engageoit-elle , les forçoit-elle malgré eux, non-seulement à avoir de la religion, mais à pratiquer tout l'héroïque de la religion. Car pour avoir une parfaite religion, il faut savoir parfaitement obéir-, il faut savoir se sacrifier, il faut savoir se renoncer. Or c'est ce qu'on ignore partout ailleurs , mais ce qu'un mondain, brave dans la guerre, ne pourra jamais dire à Dieu qu'il ait ignoré. Il est donc certain que sa condition lui apprend malgré lui la science des Saints-, et ceci, par proportion, convient à tous les états qui partagent la société des hommes , puisque chaque condition, quand on en sait user comme les Saints , a une grâce particulière pour coopérer par de semblables motifs à la sainteté de ceux que Dieu, selon les vues de sa sagesse, y a destinés.

Ce n'est pas tout : indépendamment des motifs, j'ai dit que les Saints ont trouvé dans leur condition des moyens de glorifier Dieu, dont ils ont su avantageusement se prévaloir pour acquérir tout le mérite de leur religion; et je n'en veux point d'autre preuve que l'histoire de leur vie. Combien y en a-t-il dont la sainteté n'a été si éminente et si éclatante, que parce qu'ils ont eu dans leur condition

des occasions de faire pour Dieu de grandes choses ? Ils avoient dans le monde de la qualité ( ne quittons point ce qui vous est propre, et qu'il n'y ait rien de vague dans cette morale); ils avoient dans le monde de la qualité , de la dignité , de l'autorité ; comme élus de Dieu, ils ont fait servir tout cela à la piété, à la charité, à l'humilité. Si saint Louis n'eût été roi, auroit-il fait pour Dieu ce qu'il a fait? auroit-il réprimé l'impiété, auroit-il puni le blasphème, auroit-il dompté l'hérésie, auroit-il établi tant de saintes lois? La royauté donnoit de la force à son zèle, et son zèle pour Dieu n'avoit de succès que parce que la royauté en étoit le soutien. S'il n'eût été roi, auroit-il laissé à la postérité tant de somptueux monuments de sa tendresse paternelle envers les pauvres; en auroit-il rempli la France, et y verrionsnous tant de maisons consacrées par lui à la charité publique? Sa charité ne subsistoit que sur le fonds de sa magnificence royale; et il n'a été le père des pauvres que parce qu'en qualité de roi il a eu le pouvoir de l'être; en un mot, le mérite de ce monarque, et ce que j'appelle en lui la science des Saints, c'est qu'il a profité de sa condition pour être le héros de sa religion. Or, il n'y a point de condition dans le monde qui, selon la mesure et l'étendue du pouvoir qu'elle nous donne, n'ait par rapport à Dieu le même avantage; et si je suis, comme les Saints, fidèle à la grâce et aux desseins de Dieu sur moi , sans être ce qu'a été saint Louis , je trouverai dans ma condition de quoi sans cesse honorer Dieu par ma condition même; je ne ferai pas des actions d'un si grand éclat que saint Louis; mais en faisant tout le bien dont je suis capable, je glorifierai Dieu par mon obscurité, comme saint Louis l'a glorifié par son élévation; car élévation et obscurité, à qui sait et veut s'en servir, ce sont également, quoique différemment, des sujets de sanctification : dans la médiocrité de mon état, je n'aurai pas les importantes occasions qu'a eues saint Louis , pour me signaler comme lui par une piété héroïque ; mais en pratiquant les vertus communes de mon état, sans être héroïquement saint, je pourrai l'être solidement; sans l'être avec éclat aux yeux des hommes , je pourrai l'être avec mérite devant Dieu et dans l'idée de Dieu : or c'est uniquement ce que les Saints ont cherché, et à quoi ils ont rapporté cette science qu'ils avoient reçue d'en haut • Dédit illi scientiam Sanctorum *.

Enfin les Saints ont trouvé des croix dans leur condition, et ils en ont fait la matière de leur patience , de leur résignation, de tous les sacrifices qu'ils ont offerts à Dieu dans l'esprit de leur religion : encore une fois , suivant ce principe, faut-il s'étonner qu'il y ait eu des Saints à la cour, et ne faut-il pas s'étonner plutôt qu'il y en ait eu et

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qu'il y en ait si peu ? La condition de ceux qui vivent à la cour, et que leur devoir y retient, étant, de leur propre aveu, celle où les mortifications sont plus fréquentes et plus inévitables, celle où il y a plus de dégoûts et de chagrins à essuyer, celle où l'on est plus obligé à prendre sur soi et à se contraindre , devroit-il y en avoir une dans le monde plus propre à faire des Saints? Trouver tout cela dans sa condition , et n'èlre pas saint , et ne penser à rien moins qu'à l'être, n'est-ce pas le comble de la malédiction? J'en appelle à vous-mêmes, mes chers auditeurs, et je suis sûr que, malgré votre peu de foi, vous en convenez. Quoi qu'il en soit , voilà le secret adorable que l'Esprit de Dieu a révélé à ces glorieux prédestinés , qui se sont sanctifiés à la cour. Des mortifications et des chagrins que leur attiroit leur condition, ils se sont fait un état de pénitence, non pas, comme les mondains, d'une pénitence forcée, mais d'une pénitence volontaire, méritoire, sanctificatoire; les revers de fortune et les disgrâces qu'ils ont eu à soutenir, leur ont inspiré, non pas d'inutiles et de vains dégoûts, mais un généreux et sincère détachement du monde; les injustices mêmes du monde ont été pour eux un exercice de ce parfait christianisme qui les obligeoit de mourir à eux-mêmes : voilà ce que la science des Saints leur a appris; au lieu que les enfants du siècle font de tout cela le sujet de leurs plaintes et de leurs murmures, les Justes et les amis de Dieu s'en sont fait des sujets de consolation et d'actions de grâces , parce qu'ils savoient bien que c'était là le partage des élus , et que la voie la plus certaine de leur prédestination étoit de passer par les souffrances, et d'en être réputés dignes. Comme il n'y a point de Justes dans la gloire que Dieu n'ait voulu y conduire par-là, aussi n'y en a-t-il point qui dans leur condition n'aient trouvé des peines et des afflictions; et c'est, dit saint Paul, ce qui a le plus contribué à leur sainteté. Contemplons - les donc aujourd'hui comme nos modèles. Quoi qu'il nous arrive de fâcheux et de chagrinant dans notre état, disons-nous à nous-mêmes : Qu'ont fait les Saints lorsqu'ils se sont vus traités comme moi ? s'en sont-ils pris à la Providence? leur courage en a-t-il été abattu, leur foi en a-t-elle paru ébranlée, et ne se sont-ils pas, au contraire, estimés heureux d'être éprouvés sur la terre, afin d'être éternellement glorifiés dans le ciel?

Telle est pour nous tous, mes chers auditeurs, la science des Saints. Mais c'est à vous, Sire, de posséder éminemment cette divine science : car la science des Saints, pour un roi, doit bien être d'une autre étendue , et même d'une autre perfection que pour le commun des hommes. Comme les rois sont les images de Dieu , un roi, pour être saintement roi , doit être , à l'exemple de Dieu , non-seulement

saint , mais grand et magnifique jusque dans la sainteté : Magnifions in sanctilate1. Il suffit aux autres d'être humbles dans la sainteté-, d'être patients , d'être fervents , d'être constants dans la sainteté -, mais il faut à un roi de la grandeur dans la sainteté même , puisque avec une sainteté vulgaire et commune il est impossible qu'il satisfasse aux importants devoirs dont il est chargé comme roi. En effet, si , selon l'évangile de ce jour, une partie de la science des Saints est d'être pacifique, la science d'un saint roi, et d'un roi chrétien, doit être , dit saint Augustin, de mettre sa gloire à donner la paix ; doit être d'employer sa puissance et de n'épargner rien pour établir, pour affermir, pour faire fleurir et régner la paix. Aussi est-ce particuliè rement aux princes et aux rois de ce caractère qu'il est dit aujourd'hui : Beali pacifwi - 1 Or, suivant cette règle, Sire , si jamais prince sur la terre à eu droit de prétendre au mérite de cette béatitude, on ne peut douter que ce ne soit Votre Majesté : car elle vient de donner la paix à toute l'Europe, de la manière la plus chrétienne dont jamais monarque chrétien l'ait donnée et l'ait pu donner ; je veux dire , au milieu de ses conquêtes , dans le comble des prospérités et des succès dont Dieu jusqu'à la fin a béni ses armes; dans le désespoir où étoient ses ennemis , malgré leur formidable ligue, de pouvoir lui résister, et lorsqu'ils étoient forcés de reconnoitre et de confesser que vous étiez , Sire , le seul victorieux et le seul invincible. C'est en de si favorables conjonctures que vous avez voulu être le pacificateur du monde chrétien , et c'est ainsi que toute l'Europe vous est redevable de son bonheur. C'est par vous que tant de nations, après une sanglante guerre, vont commencer à respirer; par vous que tant d'églises désolées vont offrir librement et sûrement leurs sacrifices, dans le tranquille exercice du culte de Dieu ; par vous que tant d'états et de royaumes vont jouir d'un profond repos : fut-il jamais un meilleur titre pour avoir part à la béatitude évangélique ? Beali pacifici ! Mais j'ose encore, Sire , pour ma propre consolation et pour celle de mes auditeurs , ajouter ici le motif qui vous a déterminé à la conclusion de ce grand ouvrage. Car puisqu'il m'est permis d'entrer dans les intentions de Votre Majesté , et puisqu'elle - même s'en est hautement expliquée, elle n'a consenti à la paix que par amour pour sou peuple, que par un sincène désir de faire goûter à ses sujets la douceur de son règne, que dans la vue de les soulager-, elle s'est relâchée de ses droits pour nous rendre heureux ; et ce qu'elle a sacrifié à la paix nous est une preuve authentique de ses soins bienfaisants et de son attention à nos intérêts. Or voilà ce que j'ai appelé, pour un roi chrétien , le mérite de cette béatitude dont nous parle le Sau-

i Exod., il. — a Mallh., 5.

veur du monde : Beati pacifici! et c'est de quoi j'ai cru devoir féliciter aujourd'hui Votre Majesté. Non content d'avoir été jusqu'à présent le plus glorieux et le plus puissant de tous les rois, vous voulez encore, Sire, être le meilleur de tous les rois ; après avoir été, comme conquérant, l'admiration de tous les peuples , vous voulez, pour couronner votre règne, être le père de votre peuple. Le dirai-je, Sire, avec la respectueuse liberté que me fait prendre mon ministère? votre peuple n'en est pas indigne : car jamais peuple sous le ciel n'a tant aimé son roi , n'a été si passionné pour la gloire de son roi , ne s'est épuisé pour son roi avec tant de zèle , n'a fait pour la conservation de son roi tant de vœux à Dieu. Votre Majesté l'a senti , et elle ne l'oubliera jamais : tous les cœurs sur cela se sont ouverts , et le vôtre , Sire, en a été touché. Ce peuple, encore une fois, n'est donc pas indigne de vos bontés; et si l'on pouvoit les mériter, je dirois qu'il les a méritées par son attachement sans exemple, par sa fidélité à toute épreuve , par son obéissance sans bornes , par son amour tendre pour Votre Majesté. Beati pacifici? Heureux les pacifiques , et encore plus les pacificateurs , puisque, malgré les faux raisonnements de la politique mondaine, c'est ce qui fait les saints rois, les rois selon le cœur de Dieu , les rois dignes de posséder le royaume de Dieu. A quoi tout le reste sans cela leur servira-t-il ? J'ai été roi, disoit Sa- Iomon , et j'ai surpassé tous les autres rois en grandeur, en puissance, en richesses, en magnificence; mais j'ai reconnu par une longue expérience que tout cela, séparé de la sagesse, n'étoit que vanité, que peine, qu'affliction d'esprit. Votre Majesté, Sire, a trop de lumières pour ne pas penser aujourd'hui ce que Salomon pensoit alors ; et , convaincue aussi bien que lui du néant du monde, elle a trop de religion pour ne se pas dire à elle-même qu'elle doit donc chercher hors du monde son véritable bonheur. La science de gouverner les peuples , la science de se faire obéir, la science d'accroître ses états par le nomble de ses conquêtes, voilà ce que Votre Majesté possède dans un suprême degré, et ce qui a fait la matière de tant d'éloges. Mais, comme prédicateur de l'Evangile , je lui dis aujourd'hui quelque chose de plus grand, de plus solide, de plus digne d'elle .-et quoi? c'est qu'il n'y arien de grand, rien de solide, rien qui soit ni puisse être digne d'elle, que la science des Saints, qui est la science des élus de Dieu, et qui la conduira à ce royaume éternel que je lui souhaite ,au nom du Père , du Fils , et du Saint-Esprit.

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