‹ Œuvres de CapefigueChapitre 104 sur 165 · RÉCENCE DE SUCER. — ADMINISTRATION DU ROYAUME FÉODAL · texte numérisé non relu

RÉCENCE DE SUCER. — ADMINISTRATION DU ROYAUME FÉODAL

Renonciation du comte de Ne» ers à la régence. — Sugcr seul ragent.— Puissance des abbés.— Unité et hiérarchie monastique. — Saint- Denis en France.— Esprit des vassaux. — Super et Eugène 111. — Guerre féodale. — Rivalité. — Actes de la régence. — Lettres de Suger. — Exhortation pour le retour du roi.

L’asscmblcc d’Élampcs , où naguère flottaient unies les banderoles des chevaliers et les simples bannières des clercs , avait désigné une double régence pour le gouvernement du royaume pendant l’absence du roi , pèlerin en Palestine. Le comte de Nevers, le baron île la féodalité, devait représenter les intérêts des hommes d’armes ; Suger, Pabbéde Saint-Denis , était le symbole des clercs (1). On trouvait ainsi le balancement des deux puissances , l’image des deux glaives , telle que le reproduisaient alors les légendes. Il arriva que, par un serrement de cœur, par une touchante et profonde tristesse, le comte de Nevers renonça tout à coup à la vie des armes. Quand le front se dépouillait de la chevelure bouclée , lorsque les rides se montraient à la face, comme les marques indélébiles de l’âge qui vient, les barons u’avaienl d'autre vœu que la pénitence dans l’ermitage. Le comte de Nevers se jeta tout entier dans l’ordre de Saint-Bruno ; il

(1) Odoî» de Deuil, liv. Ier.

(2) Comparez anonyme lie de Louis /V/( Duchesse, tora. iv, et Odon de Deuil, liv. !*')•

13) Guillelius de Saint-Denis, l'itn Sugerii, lib. h.

courut à la Chartreuse au sein de la montagne pour se consacrer au repentir. Ce silence du désert plaisait après l'épuisement d'une vie trop agitée. Quand le vent des passions a soufflé violemment sur les âmes, elles ont besoin de voir les années s’écouler dans les bruyères silencieuses (2).

Suger demeura donc seul charge de l’administration du royaume; le clerc dominait, parce que l’époque était monastique et que la puissance de la crosse s’élevait au-dessus de l’épée et de la masse d’armes. La croisade avait tout empreint d’un caractère religieux , elle avait fortifié la puissance des hommes de méditation et de parole. C’était alors une tète immense qu’un abl»c ; les ordres se tenaient par tous les liens; on voyageait de monastère en monastère; la correspondance la plus intime faisait de toute l’Église un corps qui n’avait qu’une âme, qu’une seule vie, l’unité, en un mot, qu’on cherche en vain dans les sociétés modernes. Lorsque les besoins de la communauté exigeaient qu’un abbé se mit en marche pour un long voyage , il trouvait partout aide et protection ; il visitait les solitudes sur la montagne, les riches manses dans la plaine; partout il était accueilli avec vénération. Suger, à l’époque où il visita Rome , coucha chaque soir dans une cellule de l’ordre de Saint-Benoit , depuis le Mont-Cassin jusque sur les Alpes et le Jura (3). L’abbé d’un monastère était armé de toute la force d’une grande hiérarchie dans l'Église; il agissait avec le secours de cette milice couverte de hure qui sortait du peuple et parlait au peuple.

Le monastère dont Suger portait la mitre était celui de Saint-Denis en France, la vieille fondation religieuse des rois francs ! Quelle immense renommée que celle de Saint-Denis! Sa juridiction était vaste, l’abbaye avait fondé partout des colonies ; on en trouvait même dans la Bourgogne, qui payaient redevances au clocher de Saint-Denis; il avait des peuples de serfs, des foires instituées dans sa banlieue , des fours banaux , des étangs empoissonnés de belles carpes. L’abbaye était un vaste gouvernement qui s'étendait à tout (4). Que de fois j’ai parcouru avec bonheur ses antiques cartulaircs! J’ai lu ses chroniques avec tout l'amour que m’inspirent les vieux âges et les beaux manuscrits en vélin des siècles passés : j’ai joie à vous voir, Chartres parcheminées avec vos lettres gothiques enluminées d’or et de bleu céleste; et vous encore, naïves chroniques de Saint-Denis en France avec vos incidences , pieux épisodes que le chroniqueur ajoute avec sa consciencieuse vérité aux annales du monastère.

(4) L'histoire du monastère de Saint-Denis a été écrite par dom Félibien ( Histoire de l’abbaye de Saint- Déni s en France. Paris, 1700).

Qu'elles sont belles et réjouissantes vos miniatures où apparaissent mille oiseaux bizarres : le chien à la queue pendante, le renard (le matois Isengrin) du moyen âge et des fabliaux des trouvères, le petit oiseau chatoyant , le hibou à l'œil rond et fixe ; puis, sur les beaux parchemins enluminés , le monastère avec ses tours surmontées de la Vierge : mille figures étranges cl fautasliques sont semées d’or, de bleu céleste , et de ce rouge carmin que nul ne peut imiter (1). Là j’aperçois le religieux aux couleurs pâles de jeûne, l'œil fixe, les doigts rendes, et la physionomie tellement vivante, qu'on dirait que la parole coule goutte à goutte de ses lèvres vermillonnées. Ici c’est l'empereur Charles avec sa barbe longue cl bleuâtre, tenant la boule du monde en sa main , image du roi David. Plus loin c’est un pieux évêque qui procession ne devant des bourgeois dévotement agenouillés; et ce paysage de maisons détachées et lointaines avec scs naïves règles de la peinture que l'école a gardées jusqu’au quinzième siècle; car je les aime aussi ces lignes primitives de la perspective grossière , ces foules groupées cl plaquées sur un fond bleu, ces arbres si loin , si loin, puis se rapprochant comme s’ils venaient à vous, tant ils se détachent ! règle de perspective que le grand Sanzio a conservée plus d’une fois dans ses divines peintures pour relever ses vierges célestes. Je les aime ces bergers de la nativité qui descendent de la montagne, ces anges qui apparaissent sous le ciel pur avec leurs trompettes retentissantes; cl tout cela les chroniques de Saint-Denis parcheminées nous le reproduisent dans leurs belles enluminures. Je les ai sous les yeux sans pouvoir détacher mes pensées dus générations qui dorment au sépulcre et se reproduisent ainsi dans les monuments impérissables des arts (4).

La puissance des abbés de Saint-Denis devait donc être grande sur la société du moyeu âge ; chevaliers, dames et varlcts parlaient de la sainte abbaye dont les actes servaient de règles; elle était connue des extrémités du monde chrétien, et l’on venait de bien loin pour la voir. Rien d'élonnant que Sugcr exerçât dès lors une absolue puissance, revêtu comme il l'était de la chape et de la mitre de Saint-Denis , la cathédrale des sépultures. Cette autorité était bien nécessaire, car le départ de Louis VII avait jeté de la fermentation parmi quel*

(1) Il y a eu bon nombre d'éditions des Chroniques de Saint-Denis. MM. P. Péris cl Tcrrcbasse en onl tout récemment publié des éditions fort exactes. Paris et Lyon, 1837.

(2) La Bibliothèque royale possède plusieurs beaux mss. en vélin de la Chronique de Saint-Denis, Fuyez le catalogue des mss.

(3) GuiLLr.i.vos , f'ila Suycrii. Anonyme , Fie de Louis /"-//( üucHtsfiE, tom. iv).

ques vassaux de la couronne. La croisade avait sans doute attiré en Orient la multitude belliqueuse de la féodalité ; les races franque et germanique avaient pris la croix du pèlerinage avec ardeur; mais il restait encore sur le sol des éléments d’un sourd et profond mécontentement (3); la féodalité était blessée de la régence de Sugcr. Quoi ! un simple abbé gouvernait le royaume! n’élail-ce pas là un dédain pour les hommes d’Orient? ne fallait-il pas profiler de celte circonstance pour se soulever? n’y avait-il pas les Anglais et les Normands prêts à donner la main aux barons du royaume (4)?

Heureusement pour le roi Louis VII et la régence de Suger, la plus effroyable division agitait la Normandie, l’Angleterre et l'Anjou : que pouvait le roi d’Angleterre , Étienne , lorsque les Écossais envahissaient ses terres , et que la reine Mathilde , glorieuse héroïne, préparait le règne des Angevins et des Plantagenets? Ensuite la prise de la croix était une garantie pour le royaume ; quand un roi se faisait pèlerin, nul n’osait toucher scs terres, car il y avait contre le relaps et le mécréant la peine de l'excommunication. Il pouvait bien s’élever quelques \iolateurs de cette trêve, mais il était toujours facile de les comprimer ; la tâche de Suger fut donc plus facile qu’on ne le croit; il avait pour lui la puissante parole de saint Bernard et le pouvoir incontesté du pape Eugène III. Il faut voir avec quelle supériorité saint Bernard traite Suger, sa parole est souvent dure envers lui, il le mène dans les voies qu'il lui indique, jl le pousse avec fermeté sans lui permettre de s'arrêter dans la mission de gouverner le royaume et de réprimer les passions des vassaux (3). C’est saint Bernard qui réforme le monastère de Saint-Denis, il lui impose des règles austères , et en même temps Eugène 111 prèle à Sugcr l’appui de la puissance pontificale; ce sont continuellement des conseils et des bulles sévères contre 1rs rebelles pour les soumettre au pouvoir de l'abbé; on ne peut pas insulter les terres des pèlerins , la main doit se dessécher en présence d’un tel attentat. Dans un solennel concile où assistèrent mille évêques et abbés, Eugène III proclama la trêve de Dieu ; le roi était absent , et les chrétiens combattaient pour le saint sépulcre ! Ce pape défend les joules et tournois et toutes les habitudes guerrières; ceux-là seraient

(4) Je n’ai pas besoin de répéter que les éloges académiques de Super, tout empreint' de l’esprit de rhétorique, ne contiennent aucun fait nouv eau. Je préfère l’humble ouvrage contemporain du frère Guillaume île Saint-Denis.

(5) Epis fol. San c li Bernardi, 78. — Consultez toujours don» Félibien , WM. de l’abbay e de Saint-Denis, pag. 52 et suivantes.

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privés île la sépulture; tout devait être suspendu, même les procès, pour la possession de la terre (1).

Ces secours du pape Eugène III et de saint Bernard furent Bien utiles à l'administration de Suger; elle ne Fut plus dès lors qu'une sorte de gestion de deniers et de Bons approvisionnements pour le domaine. Suger est tracassier et processif, il ne passe pas une journée sans intenter une instance, sans revendiquer un fief, une ma use ; il lève des deniers de droite et de gauche , c’est l’esprit de la cléricatnre , la chicane qui se révèle ; son administration est étroite et parcimonieuse ; elle ne se rattache en rien aux larges pensées de saint Bernard. C'a B lié de Saint-Denis avait grandement Besoin d’argent! I.onis VII lui fait d'incessantes demandes; dès qu’il arrive sur les frontières de la Hongrie, le roi écrit nu régent : « J’ai été Bien accueilli . ma:s j’ai mis beaucoup de deniers en dehors de mon escarcelle, envoyez-moi le plus de marcs que vous pourrez (2).»» Maintenant le voici à Constantinople , il écrit une seconde lettre à Suger, il lui parle de ses fatigues , de ses périls, et il finit par cette impérieuse et laconique demande : »< Envoyez-moi quelques sommes de deniers, je n’en puis plus (3). » D’Antioche, Louis VII adresse trois lettres au vénérable aBBé régent du royaume, et il répète toujours ses paroles quêteuses dans la croisade : il a été obligé «remprunter aux templiers . et il ne voudrait pas leur devoir de si fortes sommes; il prie donc le vénérable abbé de les rembourser; autrement, comment pourra-t-il marcher dans les voies de Dieu? Il a tant dépensé en Palestine pour la sainte cause. Afin de répondre aux instantes prières de Louis VII , le régent du royaume multiplie les impôts, pressure les communes, les villes et les détenteurs des biens du domaine ; il demande à chacun ce qu’il doit au fisc , il ménage les ressources , les fiefs , d’une manière parcimonieuse ; et cette administration de Suger excite des plaintes , soulève des remontrances de la féodalité , des abbayes et des communaux; il ne donne plus aucune terreaux barons, il ne délègue plus aucune puissance, il prend l’argent de toutes mains pour les besoins du roi; une (elle administration [«répare des difficultés nouvelles; tantôt c’est un péage qui est augmenté, tantôt un droit sur les fours banaux et les moulins. Suger est peu favorable aux communes , à moins qu’elles ne se rachètent en bons deniers. On ne trouve qu'une charlie d'émancipation sous sa

(1) Terni à Reims en 1148. Collect. concll. Lutte, I. vi.

(2j EpistoU v historien: quœ ad rvs l.udovici Grossi, et ejus fitii Ludovic/ J unions regum iilustrandas pertinent (Di'cttstn, iom. iv, p.tg. 444-336).

(3) fHicurs.se, pag. 469.

(4) C’est la conArro.it ion île la commune 'h* Mante» ; lescom-

experte vi.

régence <\) ; l’esprit qu’il avait apporté dans l'administration «le Saint-Denis, il le conserve [tour la gestion «les affaires royales. S’il est habile et fort, c'est dans la compression de toutes les révoltes qui peuvent menacer la couronne; il est en rapport avec saint Brrnar«i et Eugène NI. Saint Bernard est pour lui la grande parole qui domine les peuples; une épllre «le l'abbé de Clairvaux suffit pour imposer à Suger les lois impératives de sa conduite politique. Eugène III le seconde avec tout l’ascendant que donnait l'unité pontificale ; le royaume est ainsi garanti par la parole et la force d’unité ; quiconque ose porter la main sur les domaines du pèlerin royal est aussitôt frappé d’excommunication ; un féodal a-l-il la hardiesse «le lever sa bannière contre le roi ? Suger marche contre lui en vertu des bulles qui garantissent les terres du pèlerin , et presque toujours il dompte celte puissance hautaine, il abat les tours élevées, il brise les créneaux ; si c’est une commune qui se soulève , le régent comprime les Bourgeois avec le secours des abbés et des comtes (3).

Une fermentation sourde et profonde se fait néanmoins sentir; un grand nombre de Barons s’en revenaient de la terre sainte ; ils n’avaient pas été contents de la conduite de leur sire; les uns l’avaient vu s’embarquer en murmurant dans le port «l’ A Italie pour Antioche: les autres l’avaient quitté en Syrie même ; de longues plaintes étaient portées contre Louis VII ; les féo«laiix voulaient abandonner le suzerain qui n'avait pas su les conduire dans une expédition glorieuse (0). Cette agitation des esprits à peine calmée , Suger écrit à Louis VII pour l’engager à revenir au plus tôt «lans ses domaines: « Les perturbateurs «lu repos public, lui dit-il , sont de retour, tandis qu’obligé de défendre vos sujets vous demeurez dans une terre étrangère : à quoi pensez-vous, seigneur, de laisser ainsi les Brebis qui vous sont confiées à lu merci des loups? Comment pouvez-vous vous dissimuler le péril dont les ravisseurs qui vous ont devancé menacent vos Étals? Non, il ne vous est pas permis de voile tenir plus longtemps éloigné «le nous. Tout réclame ici votre présence. Nous supplions «loue Votre Altesse, nous «‘xhorlons votre piété, nous interpellons la Bonté de votre cœur, enfin nous vous conjurons , par la foi qui lie réciproquement le prince et les sujets , «le ne pas prolonger votre séjour en Syrie au delà des fêtes de Pâques, de peur

munaux sont qualifiés de pairs(6W/. du Louvre, I. si, p.197).

(5) CuituruF. , liv. it et iii; «loin Fi:u»it:x, Histoire de l’abbaye de Saint-Denis. Il existe une vie fort développée de Suger en trois vol. In- 12 ; elle est attribuée jdoni Gervaise.

l6) Comparez Ooox ne Deuil, a<| ami. 1148, et anonyme. Vie de Louis VII (Ducbesxi:, lom. iv).

qu’un plus long délai ne vous rende coupable aux yeux du Seigneur d’avoir manqué au serment que vous avez fait en recevant la couronne. Pour nous, impatients de vous revoir, nous vous attendons comme un ange de Dieu. Vous aurez lieu, je pense, d'ètre satisfait de notre conduite (1). Nous avons remis entre les mains des chevaliers du Temple l’argent que nous avions résolu de vous envoyer; nous avons de plus remboursé au comte de Verntandois les trois mille livres qu’il nous avait prêtées pour votre service. Votre terre et vos hommes jouissent, quant à présent , d’une heureuse paix ; nous réservons pour votre retour les reliefs des fiefs mouvants de vous . les tailles et les provisions de bouche que nous levons sur vos domaines; vous trouverez vos maisons et vos palais en bon étal , par b* soin que nous avons pris d’en faire les réparations. Me voilà présentement sur le déclin de l’dgc, mais j’ose croire que les occupations où je me suis engagé par l’amour de Dieu et par attachement pour votre personne, sans aucun retour sur moi-même, ont beaucoup avancé ma vieillesse. A l'égard de la reine votre épouse , je suis «l’avis que vous dissimuliez le mécontentement qu'elle vous cause jusqu'à ce que , rendu en vos Etats , vous puissiez tranquillement délibérer sur cela et sur d’autres objets (2). »

On voit ici b* bon ménager , le ministre fidèle gardien «les fiefs «lu roi. Suger appelle de tous ses itriix le retour de l.ouis VII ; ses conseils sont graves , le faix «le l'administration «lu royaume lui pèse, il n’en peut plus. L’absence du suzerain avait réveillé bien «les espérances ; un parti «le féo«laux considérable entourait Robert «le Dreux , frère «lu roi , qui avait «juillé la Palestine fort mécontent. Les barons ailiers souffraient avec impatience un sire pénitent comme Louis VII, et un ministre clerc connue l’abbé «le Saint- Denis. Pourquoi n’élèverait-on pas à la couronne Robert, comte de Dreux (â), le propre frère «lu roi? Vaillant féodal, celui là pourrait satisfaire les hommes d’armes , leur répartir les fiefs et ne point pressurer les vassaux , comme le faisait le vieil avare «le Saint- Denis. Suger consulte sur ce point saint Bernard : que faut-il faire? quelle résolutitm prendre pour résister à ce soulèvement «les vassaux ? L’abbé «le Clairvaux lui conseille «le préparer un concile ou assemblée, afin «le consolider le lien monarchique; Suger écrit au puissant orateur : h Mon frère , j’ai

(1) âUGEn. Epis loi. 57.

{2j J bld. Les Bénédictins ont consacré un long article à Sucer (Jlisl. Ut lût', de France, tom. xit).

(Si F oyez Gimi.ci.mv fila Sugerii t'oyez aussi «inox Droit, 1148.

(4) Il subsiste encore une lettre de convo .-a lion écrite p.ir

fixé l’assemblée à Soissons. » — « Je vous en félicite. » répond saint Bernard ; et aussitôt des éptlres parlent pour tous les évêques et les vassaux , afin «pt’ila se rendent à Soissons (4).

Suger développe une grande activité; il s’assure la fidélité incertaine «le quelques vassaux importants, et surtout de Geoffroy, comte d’Anjou. Dans rassrmhhv «le Soissons , l'abbé «le Saint-Denis fait renouveler le serment f«;o«lal à Louis VU: serait-il bien «l'abandonner lin royal pèlerin (5) ? La guerre sainte n«‘ eouvrc-l-elle pas «le son égide même les plus faibles . les femmes , l«*s v«*uv«*s , |«js absents ? Gomment laisserait-on sans protection h- suzerain qui combat pour mie sainte «-jiisc? La royauté triomphe dans rassemblée de Soissons , et l’abbé de Saint-Denis n’a pas «le repos qu’il n’apprenne le retour du roi : « Revenez ! revenez ! » écrit-il sans cr$s«* , et il reçoit enfin une ebarlre revêtue «lu scel du roi : « Je le remercie, illustra abbé , «lit 1<? suzerain, <!«• ton zèle désintéressé ; je serai promptement auprès «le toi ; surveille, mes ennemis ; Baudouin , mon chanceliiT , me précè«te ; il m’a été fidèle? et le sera comme un «Me digne «b* ta foi (6). » Ce f«il à la fin «le l'assemblée de Soissons que l'abbé «le Saint-Denis récita lVplIre «lu roi sur son prochain retour , et les vassaux attendirent leur suzerain pour célébrer avec lui les cours plénières. Il y avait si longtemps que son absence se prolongeait, et que le palais de Paris en Die était vide !

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