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HISTOIRE PHILOSOPHIQUE
Nestorius lui-mème, le signale à l'Église orthodoxe comme un partisan des doctrines de la synagogue. « O Juif! s’écrie-t-il en s'adressant à Nestorius,
« dis-nous qui a pu nous racheter , si ce n'est le « Fils revêtu de la nature divine du Père? » L'Église tout entière adopta cette opinion en déclarant que le symbole de la foi nestorienne sur la nature du Christ et l'incarnation de Marie n’était que le renouvellement des superstitions judaïques et la consécration des erreurs de la synagogue. Le même reproche fut adressé aux sabbatéensel aux novatiens, lorsqu’ils introduisirent des changements dans la célébration de la pâque et le partage des azymes. Les actes du concile de Calcédoine rapportent que, lorsque l'historien Théodore! , accusé de professer les erreurs de Nestorius, parut dans l’assemblée, les évêques s’écrièrent d’une commune voix :
« Chassez le Juif qui s’est glissé parmi nous!
« Repoussez l'homme de la synagogue ! »
A mesure que le catholicisme se mêlait plus intimement à la constitution politique, les lois de l'empire s’imprégnaient d'une sorte de bigotisme qui modifia presque sur tous les points l’existence civile des Juifs. On aperçoit dans le Code et les Novel les de Justinien un droit tout nouveau par rappavrt aux Israélites; les dernières concessions faites par la sagesse et la politique disparaissent pour faire place aux idées absolues des conciles, et les graves prescriptions de la loi romaine ne sont plus qu'un témoignage des vives passions d'une religion rivale.
D’après le Code et les Novelles de Justinien , les principes du droit commun sont le patrimoine exclusif des fidèles de l’Église orthodoxe; la protection impériale ne peut couvrir que ceux-là qui ont adopté le symbole de Nicée. De ce principe résulte que le Juif qui persévère dans son erreur et le samaritain qui sacrifie sur le mont Cariziin ou dans l’antique Sichem , sont placés hors de la société civile, comme le manichéen, sectateur orgueilleux des deux principes, le nestorien, qui nie la divinité du Fils, ou le paulicien , qui se vante de ses mauvaises mœurs. Ils ne pourront servir le prince sous ses étendards glorieux , ni dans les dignités sacrées du palais. S'ils commettent le moindre délit envers la curie, ils en deviendront les esclaves. S’ils tentent d'entraîner un homme libre dans leurs vaines superstitions, ils seront punis de mort. Toute controverse leur est interdite avec les Chrétiens ; comment pourrait-il leur être permis de blasphémer le Christ luimême? Ils seront soumis à l’observance des fêtes de l'Église : le dimanche, que le Seigneur a destiné
à la prière; le jour de Pâque , et pendant le carême qui le précède, ils ne pourront remplir ni les stades ni les théâtres. Leurs femmes et leurs filles ne trou, bleront plus le pieux recueillement «les Chrétiens par leurs jeux et leurs danses; et au temps des azymes, lors de la solennité des Tabernacles, leurs maisons ne seront plus ornées de festons et de guirlandes (1).
« Nous apprenons que, dans plusieurs villes de l'empire, les Juifs se croient dispensés de l'observation des saintes lois du mariage; ils prennent plusieurs épouses, les répudient sans scrupule, s'appuyant sur les exemples des patriarches et des prophètes : il faut qu’ils sachent cependant que l’Évangile est une épuration de l'ancienne loi , et que l’cpousc ne pourra être rejetée du lit nuptial que pour cause d’adultère. Les femmes, en quelque nombre qu’elles puissent être, l'épouse unique elle-même, ne jouiront point des privilèges que nous avons accordés ri la dot en considération de l'amour que nous portons à l'impératrice Théodora. Pour participer à ces privilèges, il faut adopter le symbole de Nicée. Les prohibitions s’étendront encore plus loin à l’égard des biens possédés par les Juifs ; ceux-ci ne pourront les transmettre par succession ni les léguer par testament : toulcfoii leur fils orthodoxe sera apte à leur succéder ; le préteur enverra l’enfant catholique en possession de ces biens, non pas cependant comme d'un droit acquis, mais comme d’un héritage que la bienveillance impériale lui adjuge (2).
« On ne permettra pas que les Juifs construisent des synagogues nouvelles ; s’ils violent cette prohibition , le temple que leur superstition aura élevé pour la prière sera la propriété de l'Eglise , et l’evêque pourra s’en mettre en possession. Toute assemblée leur est interdite, ainsi que ces controverses animées dans lesquelles le nom du Christ est prononcé et sa divinité mise en doute. Le rabbin et le maître de la synagogue ne pourront prêcher les Chrétiens; il leur est même interdit de faire des prosélytes parmi les gentils. La loi ni le prince ne peuvent confier aux Juifs un pouvoir sur les orthodoxes , quelle que soit sa nature ; i c’est pourquoi il leur est interdit de posséder des esclaves ou d’exercer des fonctions publiques ; enfin ils ne doivent suivre et consulter dans la synagogue que les livres de l'Ancien Testament (3). »
Ainsi la législation confondait d’une manière absolue les prescriptions religieuses et le droit civil, et substituait les rigueurs épiscopales à la protection impartiale et éclairée du gouvernement.
(3) Ibid.
(1) Cod. Just., de Judaris et cwlicolis. (S; Ibid.
CAFtriGOB.
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