‹ Œuvres de CapefigueChapitre 41 sur 165 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

I/a période de la régence embrasse huit années , empreintes d’un caractère à part , car une nouvelle société commence avec ses mœurs, ses usages et ses lois; dans chaque ordre d’idées il y a un changement. L'époque de Louis XIV est finie; on entre en plein dans le dix-huitième siècle , sorte de réaction contre l’administration puissante du grand roi.

(Juand Louis XV enfant monta sur le trône , il y avait dans la génération un désordre d’idées : le pouvoir ferme et tenace de Louis XIV avait longtemps maintenu la société ; mais elle avait impatience de sortir de cette administration compassée , de ce gouvernement impérieux qui menait la France. Ile là le mouvement contre les actes du roi, contre le testament et les codicilles, qui sont l’émanation personnelle des volontés du dernier règne; Louis XIV veut se survivre, cl le pays, qui entre dans une nouvelle voie, répudie ce legs. Le duc d’Orléans se met d’abord à la tète de l'action parlementaire et jausénistc ; il fait casser le testament ; rien de plus simple pour lui ; il suit l'impulsion de la société, il marche avec la réaction, et, daus celle situation bien choisie, on est toujours fort; le duc d’Orléans saisit la régence, elle vient dans ses mains tout naturellement , parce que la société est fatiguée de la vieille cour.

Cependant le parti de Louis XÏV n’est pas tellement abattu qu’il ne puisse employer ses armes contre l’administration nouvelle; le règne de Louis XIV avait eu tant de gloire, il avait jeté tant d’éclat, que son souvenir ne pouvait s’effacer tout d’un coup de la mémoire du peuple. La vieille cour ne peut adopter comme drapeau M** de Maintenu!!, «absorbée en sa retraite de Saint-Cyr ; elle entoure te duc et la duchesse du Maine, le comte de Toulouse , les débris du grand règne, tandis qu’à l’extérieur elle s’appuie sur les droits de l'Espagne et de Phiiip|>c V. Toutes les calomnies sont jetées sur le régent; on l’accuse de viser à l’usurpation; si le duc d’Orléans et le nouveau système s’appuient sur les jansénistes et les parlementaires, l’ancien parti de Louis XIV prend sa vie cl ses éléments dans les gentilshommes provinciaux, daus le parti militaire et les jésuites ; les forces de la société qui finit st* réveillent pour combattre de concert.

Cette altitude de l’Espagne et des légitimés oblige le régent à chercher des soutiens à l’étranger; de là ses peines, ses soucis pour préparer le traité de

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la quadruple alliance. Le duc d'Orléans voit sa situation personnelle menacée, son droit de succession compromis ; il en appelle à l'habileté de l'abbé Dubois, qui comprend immédiatement les intérêts mutuels de Georges 1" et du régent ; Dubois part pour La llaye, engage sa difficile négociation avec Stanhope, et signe ainsi le traité de mutuelle garantie où tout est prévu, les droits successoraux , même le cas possible d'une usurpation. Ce traité est personnel au duc d'Orléans; il est entièrement en opposition avec la politique de Louis XIV , c'est-à-dire avec l'union de famille qui abaissait les Pyrénées. Le traité de la quadruple alliance est conclu. 9

La vieille cour de Louis XIV s’en alarme ; le régent a réformé l’armée par économie , il n’a pas satisfait les gentilshommes de province; les mécontentements grandissent et entourent le duc et la duchesse du Maine ; on invoque les étals généraux, les libertés provinciales. Le duc d'Orléans, qui s’est engagé à beaucoup de concessions avec les parlementaires, ne peut pas les tenir entières; les murmures éclatent et menacent le pouvoir ! L’ambassadeur d'Espagne, le prince de Cellamare, uni avec le duc du Maine et le parti des gentilshommes, prépare de toutes ses forces une révolution contre la régence ; la Bretagne s’arme déjà ; d’autres provinces promettent de se joindre à elle pour se décider à une résistance efficace contre le pouvoir du régent ; d’où résultent plusieurs conséquences : d’abord le duc d’Orléans , qui avait divisé le pouvoir à l’infini à l’origine de la régence, croit indispensable de le centraliser sous des secrétaires d'Etat ; il proclame l’idée forte et monarchique. En se décidant à violer les droits d’amltassadeur dans la personne du prince de Cellamare, Dubois a compris la portée de cet acte ; il entraînait la guerre avec l’Espagne , dernier mot de la quadruple alliance. Les victoires des Français sous le duc de Berwick , les secrètes menées de Dubois brisent le pouvoir Albéroni; Philippe V est obligé de rentrer sous l'influence de la France. Désormais les droits de la maison d’Orléans sont assurés, la position devient plus sûre, et l’on peut faire un retour vers les idées et le système de Louis XIV.

Dans cette action et cette réaction les principes de gouvernement sont en progrès ; le système de Law venant remplacer toutes les idées, tous les expédients des vieux économistes du règne de Louis XI V , donne ainsi momentanément de grandes facilités pour l'administration publique ; des conceptions si hardies bouleversent complètement les mœurs de la société; il surgit dans les habitudes de la vie un esprit d’égalité; la fortune confond tous les rangs ; elle abaisse ce qui est haut , elle

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