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LA PÉRIODE CAPÉTIENNE

Je vais écrire l'époque des légendes, la chronique de l'ermitage solitaire , du désert et des pauvres pèlerins; je vais dire les histoires de la féodalité primitive, la sauvagerie de la période capétienne, les batailles sanglantes, la vie du manoir, du monastère et de la commune !

Ici vont apparaître les barons féodaux , le faucon sur le poing et les lévriers en laisse ; le monde merveilleux qui entoure la vie des saints quand leurs ossements dormaient au reliquaire. Nous allons ensemble visiter les cathédrales avec l'obituaire des morts, le tombeau froid des chevaliers , les abbayes aux tours carrées , aux portes de fer brisées par les Hongres , les Sarrasins et les Normands! Plus loin le château des hommes d'armes j qui retentit de joyeuses libations et des chants de Geste !

Dans l’oratoire l'hymne solennelle remue les entrailles , et jette à Dieu les douleurs de la génération ; l'orgue grossier fait entendre mille voix étranges, et des gémissements plaintifs comme les vents qui sifflent aux vitraux. Dans la tour, sur la montagne, le cliquetis des armes, le hennissement des chevaux bardés de fer, la vie matérielle au milieu de ces hommes qui se nourrissent de venaison pendant les longs repas où le vin coule à pleins flots dans la coupe de la Table ronde.

C’est cette lutte de la pensée morale représentée par l'Église et de la force matérielle persou-

CAPENGCE.

nifice dans la féodalité, qui formule le caractère du moyen âge. La période qu'embrasse ce livre se divise en deux phases distinctes : dans la première, qui finit au onzième siècle, la société est empreinte d’un profond sentiment de tristesse ; il y a comme un crêpe de douleur répandu sur la génération ; le monde est livré à tous les fléaux : les invasions des barbares, les maladies pestilentielles, l'horrible famine déciment le peuple; des vents violents brisent les arbres séculaires; un ciel grisâtre se mêle aux brouillards des forêts profondes, comme une nuit qui enveloppe le genre humain. Toutes ces causes jettent une indicible tristesse dans la société ; ce caractère s’empreint partout : dans la | chartre, dans la chronique, dans la cartulairc. On craint la fin du monde , quand le Christ paraîtra rayonnant dans sa face; c’est un cri lamentable poussé par tout un siècle, un gémissement qui éclate dans les chants d’Église, comme une hymne de douleur. La vie de l'homme se passe dans la forêt avec le loup sauvage, qui alors avait aussi sa chronique et sa légende; elle n'est qu’une triste prière au ciel pour qu'il vienne au secours d'une société si fatalement travaillée.

À peine le onziAne siècle est-il fini , qu’à ce sentiment de tristesse succède une sorte de joie naïve et populaire ; les grandes épopées apparaissent , on récite les exploits et les prouesses des féodaux , la génération n'abaisse plus son front sillonné par les

Si

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