ÉTAT DF L’EUROPE AO DIXIÈME SIÈCLE
Absence de toute unité religieuse et politique. — Les papes. — Conciles provinciaux. — Organisation épiscopale. — ■ L'empereur. — Les rois d'Italie. — I.es empereurs de Constantinople,— Les rois d'Angleterre. — L'Espagne.— Le nord de l'Europe. — Lutte des barons et des clercs.
DIXIÈME SIÈCLE
Un seul principe pouvait servir de lien social au milieu du désordre et de la confusion des batailles; ce princi|>c était le catholicisme, c’est-à-dire le triomphe de la pensée morale , de la force intellectuelle, sur la brutalité sauvage. I)c pauvres religieux , des évêques sans armes, allaient dominer les plus fiers barons, les plus farouches paladins : les clercs avaient-ils à leur service d’épaisses armées d'hommes bardes de fer? appelaient- ils au son du corde belliqueux vassaux à leur aide? il n'en était rien ; ces moines , ces prêtres , ces évêques n'avaient qu'une arme, la parole; qu’une puissance, l'excommunication, armes terribles qui effrayaient la pensée du féodal , et arrêtaient sa main prêle à frapper. Cette troupe de guerre qui s'avance pour insulter le moulier, ce baron qui répudie sa chaste compagne , Gertrude, Berlhe , Ingerburge, noms de souffrances au moyen âge; ces hommes île brutalité et de bataille s’arrêtent à la menace de l’excommunication ; un simple évêque jetait l’interdit sur une terre, et telle était la puissance morale de celle grande loi religieuse , qu’elle était la seule police locale en l’absence de toute hiérarchie civile (4), de toute force de la loi.
Mais l’Église catholique elle-même n’avait point
de Geste. Voici comment Gérars se présente à la cour du duc de Metz :
A la porte tant a Ut mil Qtiun die va lier rni l'appela Qui parla cour traiant alla *
En la «aile remmène amont El de vider le temout ; ...
Lort commence si coin mol «omble ^
Le» ver* «le Guillaume au cor Ne*. * .
(4) J’ai trouvé, «lès l'année 033, un acte d’excommunication en due forme : Commonilorium Kmblardi, Lugdunentis arc/iiepiscopi, et afiorum epfocopor. in finibus Dwgun dite de excommunlcationc Jsnardi, agrorum abbatice Simphoriante invasoris. Concil. Hardouin , tome v i , part, i, col. GI9.