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LES TAPES ET LES EMPEREURS

Organisation de l'unité ecclésiastique.— Travail de réforme. — Discipline de l'Eglise.— Histoire du pontificat. depuis Benoit VIII Jusqu'à Léon IX. — Les empereur» germaniques.— Henri le Boiteux. — Conrad le Salique. — Henri le Noir.— Les empereurs grecs, depuis Romain lit jusqu'à Constantin Ducas.

L’organisation de l’Église dans ce siècle se confondait profondément avec la féodalité ; la séparation morale n’avait point été faite encore. Tout existait dans le chaos; les clercs avaient pris les habitudes des hommes d’armes, et les hommes d’armes avaient envahi les biens des clercs ; les abbés et les chanoines n’observaient aucune des règles imposées par les conciles ; dans l’origine chrétienne, le célibat et la chasteté étaient rigoureusement prescrits pour donner une destinée plus haute à l’Église, pour en faire un corps détaché des passions et des faiblesses humaines. Hélas ! il n'était pas rare alors de voir les clercs vivre publiquement avec des femmes éhontées ; ici l’on entendait le cliquetis des verres dans le festin ; là les aboiements des chiens de l’abbé , grand chasseur à l’arc et a l’arbalète (4). Les fondations pieuses n’étaient point respectées, et l’on négligeait les services des morts, les messes iVOùiil, pour les courses lointaines à la piste du cerf ou du sanglier, ou bien pour les concubines au teint rose, aux vêtements écourtés; et comme le dit le moine Glaber, les cleros donnaient leur vie de solitude et de pénitence pour Bacchus et Vénus impudique (3).

Les conciles provinciaux , assemblées de haute police, avaient teulé, en plusieurs circonstances, de réprimer les mauvaises mœurs des clercs , et de

ambition et sans intrigue; il est mort simple employé; il était scientifiquement supérieur A tout le charlatanisme d'érudit. Dom Brial seul pouvait lui être égalé. J'aime i rendre ici ce nouveau témoignage à la vieille école des Bénédictins. Guillaume, surnommé Taleyrand , est nommé au Cariulaire de Chancelade écrit en 1128, cl dans celui de i'abhaye «le Cailouto, f°» 2 et 38.

(1) Orderic Vital rapporte un concile tenu i Reims par Léon IX, où les plus graves accusation» sont portées contre les clercs. Octobre, ann. 10411. Orderic, tom. x ; dans Doci es a e , lit st. Sormann. script., pag. 375.

(5) Raoul Glaber, Ht. v.

ramener un caractère de sévérité au sein de l’Église. Les canons étaient exclusivement dirigés contre les concubines et les religieux qui s’affranchissaient de la règle. Les évêques de chaque province cherchaient à mettre un peu d’ordre dans le gouvernement des clercs, dans la répartition «le leurs richesses; les mêmes canons qui prescrivaient la trêve de Dieu , pour arracher aux chevaliers l’épée et la lance ensanglantées, ordonnaient aux religieux, aux abbés et chanoines, de quitter les femmes qui habitaient avec eux sous le même toit , au grand scandale de l’Église. La fréquence de ces prescriptions renouvelées dans chaque session de conciles, témoignait assez la difficulté qu'avaient les évêques de rompre de mauvaises habitudes et des coutumes fatales pour la discipline de l’Église (1); les clercs s’abstenaient plus facilement du port des armes , des chasses lointaines dans la forêt , qu’ils parcouraient trempés de sueur ; mais la femme de leur amour ou de leurs passions était difficilement renvoyée. On répétait en vain de solennelles prescriptions ; le pouvoir des évêques n’était pas suffisant, il fallait une autorité puissante et incontestée, elle devait se rencontrer dans la papauté. Avant qu’une répression forte existe et se développe, il est essentiel qu’il se forme un pouvoir suprême , dont l’autorité morale puisse dominer le inonde si fatalement agité par les mauvaises mœurs.

Dans ce temps qui précède de quelques années le pontificat de Grégoire VII, la papauté semble bien affaiblie encore dans le laborieux enfantement de son pouvoir; on dirait toujours qu’une autorité forte ne peut arriver qu’après une période de confusion , et, pendant cinquante ans, le souverain pontifical se préparé dans le chaos . pour aboutir à la puissance une et absolue de Grégoire VII. Ce résultat d’une domination suprême ne pouvait être atteint qu'après l’accomplissement de conditions diverses; il fallait que l'iudependance et la suprématie du pape fussent reconnues et saluées également dans l’ordre civil et religieux; ce n’était qu’à l’aide d’un despotisme immense que la hiérarchie pouvait se rétablir dans le sein de l’Église et de la sociéléloutenlière. Quand il existe un longdésordrc, l’autorité absolue se fonde seule; on ne la fait pas, elle se fait. Le pape devait fouler aux pieds les couronnes, parce que seul il était un centre moral d’unité , et que les couronnes n'étaient qu’un pouvoir féodal et tout matériel. Ensuite la papauté s'élevait à toute la puissance morale d’un principe

(1) Liais, Collée t. des concU. lab. v« Concubin, aléa, vénal.

(9) Il faut suivre , dam tes annales de Baronius et de son continuateur le P. Pagi , les progrès de la puissance pontificale,'ad ann. 1030, 1059.

intelligent; rien ne fut plus heureux pour le monde abîmé de troubles que cette dictature qui jetait des flots de lumière et proclamait le tripmphe de l’idée morale au milieu de la féodalité brute et dévastatrice (2).

La période qui précéda l’avéncment de GrégoireVII vit des papes faibles et sans puissance dans le monde catholique ; ils s'élèvent et tombent sans motifs et sans causes : 1° la longue série des Jean (ou des Joanes), pontifes purement italiens, issus d’une seule lignée, intronisés, puis abattus ; 2° Benoit VIII, le protégé des grandes familles romaines , patricien armé qui combattit à outrance , comme un brave chevalier, les Sarrasins débarqués en Toscane, tandis que ses clercs, à Saint-Jean-de-Latran , essayaient, sous Guy le Moine, les notes de la gamme dans la musique. Benoit IX fut aussi un pape italien avec le patriotisme du peuple , car il s’agissait, dans la longue lutte du pontificat contre l’Empire, de l’Italie repoussant l’invasion germanique : le pape à Rome était l’expression de l'indépendance nationale; il la défendait contre les armées des empereurs qui passaient sans cesse les monts pour imposer violemment les lois des barbares à la race méridionale (5). Grégoire VI succéda aux Benoit ; ce fut le destructeur de tous les pâtres armés qui désolaient les campagnes de Borne; son pontificat fut une époque de police et de répression ; les champs de Rome étaient pleins de désordre; on voyait déjà les bandits qui sc cachaient dans l'herbe jaunâtre , parmi les joncs des marais et sous les rochers arides qui entourent la ville éternelle d’une ceinture de ruines (4). Grégoire VI ne gouverna l’Église que quelques années, les papes se succédaient alors avec une fatale rapidité ; dans dix ans il y eut sept papes, depuis Clément 11 jusqu’à Nicolas le second, sans compter encore les antipapes, qui venaient là comme pour constater le désordre de l’Église : c’est la bille de la nationalité italicnue contre l'invasion germanique (pli sc produit dans toute son énergie ; et lorsqu’une si complète désorganisation se trouvait dans le principe d’unité catholique, comment était-il possiblequc l’administration de l’Église se plaçât sur des fondements sûrs et solides? Avant qu’il s’agit d’une organisation forte, il fallait que l’unité fût profondément établie.

Cependant, au sein de cette Église même, il s’élevait un jeune clerc à la volonté puissante, qui devait ramener la papauté à ses grandes conditions de

(3) Foyez dans Mcratohi 1rs savantes dissertations sur P Histoire de Home au moyen âge, tom. x.

(4) J’ai encore retrouvé, en 1834, tes campagnes de Rome telles que les chroniques les avaient décrites. Voyez Mcaxtom, lom. x et xi.

gouvernement. llildebrand était né dans la Fertile Toscane , au milieu de ces peuples adonnés aux habitudes simples ; les vieilles légendes disent qu’Hildebrand sortait d’une race d’ouvrier ; elles racontent qu’il était fils d’un artisan laborieux dans la campagne. Quand llildelirand fut pape et qu'il eut à lutter contre la puissance matérielle des empereurs et des rois, on voulut lui donner une origine plus haute; on écrivit qu'il était issu de l'illustre famille des Aldobrandini , comtes de Saône (1). Tant il y a que le jeune clerc vécut enfant parmi les moines de Cluny;il en portait le long vêtement noir et la simple tonsure à l’usage des serfs : llildebrand étudia dans de longuesveilles sous saint Odilon, abbé de Cluny, et les moines avaient vu, avec un indicible enthousiasme de piété, les vêlements du jeune clerc briller d’une auréole sainte ; les feux du ciel se jouaient comme des étoiles d’argent dans sa chevelure flottante (2). A vingt-quatre ans, llildebrand quitta le monastère de Cluny et vint à Rome ; il fut tristement affecté de voir tant de dissolution et de faiblesse. l/idée de sa vie., la vocation de ses jours fut alors une double pensée ; il résolut de rendre le pouvoir du pape indépendant de la suprématie impériale, et puis de commencer le grand œuvre de la réforme ecclésiastique; en d’autres termes , un pauvre moine voulut rendre à l'Italie sa nationalité, au pouvoir moral sa liberté d’action , et enfin à l’Église elle-même celle forte et grande impulsion qui pouvait sauter la civilisation du monde, llildcbrand s’efforça de restaurer la discipline ; seule la discipline pouvait rendre respectable l’autorité de l'Église : il n’y a pas de pouvoir désordonné et dissolu qui soit longtemps fort. Pour être durable, fa dictature a besoin d’être austère. C’est à l’immense labeur de la reconstruction du pontificat que travaillait llildebrand auprès des papes Grégoire VI et Élliennc IX ses amis et ses protecteurs; sa réputation s'étendait au loin , l'itnlie voyait en lui déjà le principe de sa force et de sa splendeur politique (3).

Les événements semblaient favoriser la grande entreprise du pontifical contre la couronne impériale, résistance de la nationalité italienne contre les Allemands. La race germanique n’avait plus cette immense énergie des premières époques de

(1) H n bu il pareniem Bonicium , non fabrum U Quorum j quod ignominia? ergà advertarios ipsi objeciste scimus . sedex nobili et antiquâ famWd Aldobrandes corum comitum Saonensium. Voyez Ma bill os , Acta sanct. ordin. Benedicl , tom. vi, pag 113.

(S) Act. sanctor. Voyez Mabillos.

(3) On a beaucoup écrit sur Grégoire VII, maii personne n’a louché ce point important: que le pouvoir de Grégoire VII fut produit par la nécessité, afin de corriger une grande

fa longue lutte de l’Empire contre Rome ; Henri le Boiteux portait la pourpre des empereurs au commencement du. onzième siècle ; on l’avait vu , à la tête de ses chevaliers , des bords du Rhin s’élancer au delà des Alpes. Henri fut reçu et couronné à Ravie, la noblesse vint au-devant du vainqueur; la haute Italie avait toujours favorisé la nation allemande; Henri le Boiteux vit Rome, et se fil couronner à Saint-Jeande-Latran; il fut ainsi empereur d’OccidrnI et roi d’Italie, selon la vieille formule des Carlovingiens : Henri mourut, jeune encore, dans la Saxe, ce berceau de la race allemande, où Charlemagne domptait les barbares à la tète de ses paladins (4).

A Henri succéda Conrad le Salique , de la puissante maison de Franconie; sa vie fut une lutte encore : comme il n’était point issu de la ligne directe des empereurs , il y eut des compétiteurs qui lui disputèrent l’empire ; Ernest , duc de Souabe . se mita la tête d’une ligue teulonique; vaincu dans les batailles, il fut proscrit et mis au ban de l'Empire avec celte formule terrible : « Nous déclarons la femme veuve et tes enfants orphelins » , sorte d’excommunication militaire ; car toute société a besoin de se défendre par ces systèmes d’exclusion et de volonté dure et impérative. Une fois délivré de la guerre civile en Allemagne, Conrad le Salique, à l’imitation de Henri, passe de nouveau les Alpes; il arrive avec scs chevaliers teutons , si pesants sous leur armure , comme on les voit tout de pierre dans les églises de Ratisbonne : Conrad le Salique fit son entrée à Milan sous les arcs de triomphe de marbre, et visita San-Ambrosio ; il sc fit couronner roi lombard à la Monza , selon la vieille coutume ; Conrad vint à Rome recevoir l'investiture du pape (3): cet usage , qui abaissait l’Empereur devant le pontife, devait fortifier la puissance morale de l’Eglise; que venaient faire à Rome les empereurs , en s’agenouillant devant les papes? Jetez celle coutume aux mains d’une tète un peu hautaine , un peu tenace dans sa volonté , elle devait entraîner la suprématie du pontificat : un pape fort et un empereur faible suffisaient pour changer en hommage lige la simple cérémonie religieuse.

Henri le Noir succéda à Conrad ; sa vie sc passa dans les batailles, comme celle de son père. Italie!

anarchie ; les hommes véritablement studieux reviennent sur les faux jugements portes sur la papauté. Oo se réforme bien dans les idées qu'on s'en était faitesaudix-huiliêœe siècle.

(4) Schmidt, Histoire des Allemands , tom. m. — Les Bénédictins, Art de vérifier tes Dates. Les rapports des empereurs et de l’Italie ont été parfaitement éclaircis dans les savantes dissertations de Muralori.

(5) Mviuoit, Annal. d'Italie, loin, vi et vu, ad ann. 1002. 1039.

Italie ! telle était la passion des empereurs ; ils aimaient à abandonner leurs cités noircies des bords de l’Elbe et du Ilhin , pour les villes plus heureusement visitées par le soleil. Henri le Noir fit le-dénoinbrement «le ses vassaux italiens dans la plaine de Hone.nl U- , aux abords de Plaisance , et de là il vint encore à Home (I). C’était l'époque de la plus grande anarchie du pontificat : le sénat et le peuple de Home déférèrent à Henri le Noir le titre de patrice, et l’on vit l’Empereur se revêtir du manteau vert, du laticlave et de l’anneau d’or, marques distinctives du patricial. Dans la vie des nations , les formes subsistent longtemps après que les principes sont détruits ; l'Empereur voulut s’empreindre de toutes les coutumes italiennes, il scella «les Chartres avec ce litre «le palrice de Home (2). Telle était la force morale des souvenirs; elle abaissait la puissance hautaine «les empereurs «levant une vieille coutume «le Home. Les temps approchaient d’uue lutte décisive ; Grégoire VU allait commencer son immense mission ; il devait dominer ce pouvoir effréné des hommes d'armes ; le sceptre d'or «le l’Empire tombait aux mains du bizarre Henri IV d’Allemagne, brutale expression «le la féodalité, oubliant tous les devoirs dans la société humaine.

Si l'Italie était menacée au nord par les empereurs d'Occident, au midi n’avait-elle pas, en face de ses riches côtes , les empereurs grecs qui convoitaient ses grandes cités , et revendiquaient Home même comme le légitime apanage «les héritiers de Constantin? Si le sol «le la Lombardie, les grandes villes «le Milan et de Ravie s’abaissaient sous les pas des chevaux lourdement caparaçonnés et nourris aux pâturages germaniques , Naples , la Sicile , toutes les cités «le la Houille voyaient aussi les Grecs aux longs vêtements, les archers «le la Troade et de la Homanie , le carquois sur les épaules, l’arc en main , remarquables par leurs armures d'acier et d’or (3). Les Grecs n'avaient pas une puissante cavalerie , ils n’avaient pas ces barons coules «le bronze roulant dans la poussière comme des masses «le granit ; les armées byzantines avaient «i’habiles archers, d'admirables tireurs d’arbalète, «les cavaliers agiles couverts de petits boucliers , et lançant avec dextérité les javelots aigus ; le feu grégeois

(1) Mcratori, Annal. d’Italie , ad ann. 1054-1040.

(9) Paci, continuateur de liaronius, ad aun. 1048. Compare! avec Muratori, ad ann. 1040.

(3) Tout cc qui touche aux rapports des empereur» grecs avec l'Italie a été recueilli par Muratori, dans le quinzième volume de sa collection, ad ann. 1050-1050.

(4) La chronique en vers de Guillaume de La Houille est le plus curieux monument sur l'histoire de» rapports des Grec» avec l'Italie : elle a été publiée par Muratori, tom. xv, Anliquitatis Kalia; medii a vi, etc.

s’attachait aux lourdes machines du Franc, comme la robe «le Déjanire aux os et à la chair «l’Hercule. Il y avait de ces troupes grccipies à Naples, dans la Sicile et la Houille ; elles limaient contre les Normands , tout récemment établis par la con«iuête. L’habileté «lu pape s’était servie des hommes du Nord pour atténuer l’influence grecque dans l'Italie; c’est avec le secours de ces braves chevaliers que les papes s’étaient posés tout à la fuis comme les adversaires «le la race germanique et de la race grecque (4), lesquelles envahissaient l'Italie par le nord et par le midi. Les Normands étaient la milice de la papauté dans la défense de l'indépendance italienne.

Les empereurs grecs «l’Orient se succédaient avec non moins de mobilité que les papes sur le trône de Constantin ; «piel spectacle que celui du Ras Empire dans celte agitation incessante qui élève ou abaisse les empereurs dans des révolutions de palais! Voici «l’abord l’empereur Romain Ml, «lit Argyre; il est étouffé dans le bain par sa femme l'impératrice Zoé , qui donne la pourpre à un garde dutrésor, faux monnayeur, sous le nom de Michel IV. Michel IV ne manquait pas «le bravoure; il passa sa vie à combattre les Bulgares; il était si bas de naissance , si laid , que les soldats le montraient entre eux en signe «le mépris. Michel mourut dans un monastère, bourrelé «le remonte (5). Il eut pour successeur un autre Michel qui porta le nom «le Calafatc, constructeur de navires au port de Ryzance ; il mourut , les yeux crèves, dans la solitude. L'impératrice Zoé se montre toute-puissante dans ces révolutions : elle frappe les empereurs de sa inain ; elle prend elle-même la pourpre et se fait proclamer par les soldats de la garde seule impératrice. Trop fière pour subir un maître, elle s'associe Thcodora sa sœur; puis, femme capricieuse, elle appelle à sa couche et à la couronne Constantin IX , l'un des patriciens de Ryzance. Depuis , cliaipic année voit un empereur, Isaac Comnène , Constantin Ducas. Les femmes aussi se revêtent de la pourpre : on compte «lans le livre d’or, Théodora, Ludovic, dont le doux nom se mêle aux Alexis , aux Michel, soldats de fortune qui usurpent l'autorité sur les descendants de Basile (6).

(5) Sur celle chronologie de» empereurs byzantin», comparez Tbéophanus, liv. iv ; Cedren cl Zonares, liv. xvi.

(G) Il est impossible de réunir »ur le» Annales byzantines une masse de fait» cl d'érudition» plus complètes que ne Tout fait Gibbon et Lebeau; Gibbon, historien éminent, s'esl laissé dominer par quelques fausses idées du dixhuidème siècle; Lebeau, érudit terre à terre, n'a fait que copier les annalistes byzantins. C’est encore au grand Ducange qu'il faut recourir pour connaître l’ Histoire du Hat • Empire. Voyez sa préface , Clots. Gnvc., et ses noies sur

A l’aspect de cette vaste anarchie dans le pouvoir en Orient , en Occident , dans le pontifical , l’Empire et les royautés, on voit que le monde a besoin de chercher son unité; il est avide de trouver une volonté Ferme, qui le pousse et le mène; la génération appelle une dictature pour reconstituer l’ordre religieux cl politique. 11 y a des époques qui ont besoin du despotisme; quand il y a profonde anarchie dans les esprits et les pouvoirs, il s’élève tout naturellement une autorité puissante et unique qui se personnifie dans un homme. Ua papauté de Grégoire VII fut le port de salut de la civilisation au onzième siècle ; une tète suprême et intelligente était nécessaire à la société brisée ; cette tête se montra dans des circonstances si propices, qu'elle n’eut qu’à vouloir pour être partout obéie. Ainsi , quand on cherche dans l'ambition d’un homme les causes de la dictature, on se trompe souvent : le pouvoir se formule d’après les bénins des générations; il naît et se développe avec les circonstances , pour s’engloutir ensuite dans ses propres ruines lorsque les circonstances ont cessé de dominer !

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