‹ Œuvres de CapefigueChapitre 79 sur 165 · LETTRE SUR L’ESPRIT DES XI”" ET XII— SIÈCLES · texte numérisé non relu

LETTRE SUR L’ESPRIT DES XI”" ET XII— SIÈCLES

il» luxe, il est au fond de notre nature. On travaillait alors avec ténacité, et les tapisseries, ces œuvres du manoir , nous donnent la mesure de la patience dans l'art. Les corporations commençaient à s’organiser pour chaque état ; ne fallait-il pas serv ir la richesse des vêtements de l'église? On devait orner les étoles brodées , les dalmaliqucs avec la croix , les robes violettes des évêques, les mitres éclatantes qui surmontaient leur tête , les gants de daim qui couvraient le rude poignet des chevaliers, quand ils passaient joyeusement leur vie aux manoirs. 11 y avait donc un besoin de travail et de progrès ; on marchait vers la corporation.

Dès ce moment le drame va se déployer sur une plus vaste échelle ; le douzième siècle développe la Commune; tout tend à se classer dans une hiérarchie : clercs , barons , communaux , manants et serfs, tout va stipuler ses droits, racheter sa liberté,

écrire ses coutumes et se montrer enfin dans l’histoire. A peine le cri «le croisade a retenti , que la vie et l’animation populaires se répandent partout! La prédication d'Urbain II a remué les masses; la démocratie apparaît parce qu'elle se manifeste toutes les fois qu’un peuple s’agite pour une opinion. Quand la foule des pauvres serfs marche à côté des barons pour la délivrance du saint sépulcre, il naît de là une fraternité religieuse, premier progrès vers l’égalité politique. C’est par cette action de la croisade que la Commune reçut son impulsion. II y eut des Chartres conquises par les serfs révoltés; d’autres furent concédées à prix d’argent ; d’autres enfin données dans une intention pieuse pour le repos de l'âme. Ce nouvel état social va se produire quand les gonfanons volent au vent du pèlerinage , et que les barons de France parlent tous pleins de joie pour la Palestine !

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