‹ Œuvres de CapefigueChapitre 80 sur 165 · SUR L'ESPRIT DES XI« ET XII" SIÈCLES · texte numérisé non relu

SUR L'ESPRIT DES XI« ET XII" SIÈCLES

Je quitte l'époque désolée , la forêt silencieuse et l'ermitage au désert , quand l'oiseau de nuit secouait ses ailes sur le beffroi ! J'abandonne ees temps où tout était désordre; chaque tour noire sur la colline semblait alors une aire d’où le féodal s’élancait pour le pillage. L’an mil avait jeté dans la population un morne effroi ; on aurait dit que la colère de Dieu allait s’appesantir sur les hommes , aux approches de cette fin du monde annoncée par cm;riGi'r..

les chroniques avec une indicible terreur. Maintenant ce deuil du peuple a cessé ; une époque nouvelle s’ouvre devant la génération : tout est riant et coloré ; l’Église n’a plus ses voiles de tristesse ; partout revêtue d’une robe inimitable , elle s'élance en ogive vers les cieux ; ses cloches ébranlent joyeusement les flèches dentelées qui frissonnent au vent.

La féodalité s’organise en châtellenies ; ce n’est plus l’aspect sombre d’une société incessamment envahie par les barbares, les Hongres et les Normands ; les châsses des saints sont éblouissantes de pierreries, de topazes, d’escarbouclcs ; elles se montrent radieuses sur l'autel au milieu des plus merveilleuses orfèvreries. Les vitraux reproduisent sous le soleil les mille nuances de leurs couleurs

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