‹ Œuvres de CapefigueChapitre 82 sur 165 · UNICITES. PEUPLES ET COMMUNES · texte numérisé non relu

UNICITES. PEUPLES ET COMMUNES

Démocratie de la croisade. — Les Tilles municipales. — Reims. — Paris. — Mêla. ■ — Bourges. — Périgucux. — Toulouse.— Nigmes.— Marseille. — Mouvement de serfs et de peuples. — Tumulte des communaux en Normandie. — ,\rmemenl<. — Régularisation de quelques communes.

ONZIÈME SIÈCLE

La prédication de la croisade, cette prise d'armes du peuple, avait excité une grande effervescence parmi les barons, les clercs d'église, les manants et les serfs. C’était sur la place publique , à la suite d'ardents sermons pour appeler l'égalité des hommes devant Dieu , que les chrétiens s’armaient pêle-mêle afin de délivrer leurs frères d’Orienl (I). La parole du pape avait été comme une sainte propagande qui s’annonçait au monde : de toutes parts dans les campagnes on n’entendait que des exhortations pieuses, le bruit des armes et le hennissement des chevaux de bataille; le pape Urbain II avait appelé la multitude à prendre la croix, et cet enthousiasme créait entre tous les fidèles un système d’égalité catholique favorable à rémancipation du pauvre. Tous suivaient le même drapeau; la confusion tumultueuse des clercs, des barons, des manants et des serfs s’avançant sur une même route, au milieu des mêmes périls, favorisait une sorte de fraternité démocratique, et la croisade était ainsi un mouvement qui partait des entrailles du peuple.

Au moyen âge, la servitude était le caractère général des populations qui cultivaient la terre et arrosaient la campagne de leurs sueurs; les serfs, vilains et manants des villes se trouvaient pour la plupart soumis à des seigneurs, à des évêques, aux comtes du palais, 'au roi ou aux monastères qui avaient été la source «le leur origine antique. Cejien-

(1) Comparez la Chronique d’Aiierr d‘Aix , liv. cl Goirzbt, abbé tic Nogent, liv. i".

(3) Lea Capitulaires publiés par Baluze en sont encore le témoignage ; voyez lom. h. Je développerai . dans le régne de Charlemagne, rhisloire du droit municipal dans la Gaule. Je me trouve encore ici en opposition avec l’école qui a découvert la commune. Nous vivons à une époque où l'on découvre beaucoup de choses que la vieille école des Bénédictins n'avait fait que raconter sans prétention de découvertes et de récompenses. F oyez aussi préface du tome xi A xiii. Ordonnances du Louvre.

(S, C’est ce que M. Raynouard a prouvé avec une grande

dant , au milieu de cette soumission générale, il y avait de grandes cités qui conservaient les traces de l’administration romaine , et le vaste système de surveillance fondé par Charlemagne (2)! De glorieuses dominations ne passent pas sur un peuple sans laisser de profondes empreintes; le gouvernement des villes, la commune même dans le vaste développement de sa liberté , ne naquirent pas comme un produit immédiat qui s’implante dans le cœur d’un pays à la suite d’un événement fortuit : l’idée municipale était vieille comme Rome; partout ou se groupaient quelques hommes , se formulait en même temps l’idée de l’administration communale, institution de résistance et de défense mutuelle. Les municipes étaient répandus sur toute la Gaule ; les barbares avaient détruit les monuments, foulé les populations; mais comme il y avait des ruines, des ponts, des routes , des aqueducs, magnifiques débris du grand empire , des cirques et des arcs de triomphe, il restait aussi debout quelques souvenirs des franchises municipales échappés à la conquête et aux ravages des barbares (3).

Au nord , Reims était mie des cités les plus antiques de la Gaule, dans l’histoire de son épiscopal et de sa tradition de saint Remi (4); toutes les Chartres constatent qu’elle avait . depuis sa fondation, des citoyens, un peuple enfin qui élisait scs magistrats , et l’évèque lui-même, le premier de la cité. Sous la seconde race, Reims avait des échevfns, un ordre de ville, et quand Urbain II écrivit sa lettre encyclique pour la croisade , il l’adressa à l’ordre, aux chevaliers et peuple de Reims (3). Dans une charlre en lambeaux du onzième siècle, on voit un juge, un vidante et les éehevins de ville qui exerçaient la magistrature dans la cité (6)! Et qui pouvait refuser à Reims ces nobles titres d’une liberté née dans la première rare? n’avait-elle pas partout les monuments de sa vieille splendeur? Sur les ruines du temple de Vénus et de Cybèle, l’archevêque Ehbon avait fait construire l’eglise de la Vierge ; l'antiquaire en salue encore les vieux débris reproduits sur le portail de la belle cathédrale du sacre. Reims , avec ses arcs de triomphe de la porte

richesse de documents dans sa Dissertation sur le droit municipal des Gaules. Paris, ann. 1839. I

(4) La liberté était antique h Reims ; elle datait de saint Rcmi : « Dummodô cos jure tractaret , cl ft gibus vlvere paterelur, quibus civltas continué usa est à tempore sancti Remigii b'rancorum apostull. Lplire de J. de Sarisbciiy. Eplst.

(5) l'rbanus Episcopat... cferot Ordimi, mi/itibus , et Plcbi, Remis consiste ntibus. B a lux. iUisceU., t. v,p. 390.

(0} J'ai trouvé dans un autre titre : Major oc subcrbio Rkeresi* ( maire du faubourg }. Marlot, Me trop. Rem.

Hist., tom. il, pag. 258.

IIÜGUES CAPET. —

«le Mars, le monl d’Arène, souvenir des sables qui le couvraient, alors que les empereurs et les proconsuls parcouraient ses grandes voies, et les sept chemins qui sillonnaient les Gaules: fouillez la terre, et vous en retrouverez encore les traces ; nuis vous verrez à Reims la porte vieille et noircie qui servit de prison à Ogier le Danois , le preux de Charlemagne, selon les traditions chevaleresques. Heims, la noble cité, avait donc tous les litres pour un gouvernement municipal ; elle en était en possession au dixième siècle , et la commune trouva dans ses vieilles Chartres un beau modèle d’indépendance.

Paris de Saint-Germain et de Sainte-Geneviève, sur la rivière qui coule à grands flots , avait une administration de nautes et «le marchands qu’a symbolisée le vaisseau peint au fond «le ses armoiries d’or sur azur (1). La vieille corporation de la marchandise et de lVau, ainsi que le nomment les Chartres, était le corps municipal ; il y avait un prévôt de la marchandise, des échevins, des bourgeois et un parloir où se réunissaient les prud'hommes, et il le fallait bien , car Paris s’agrandissait tous les jours vers la montagne Sainte-Geneviève (2); on y trouvait des oratoires, des stations pour monter si haut; le sommet de la eollinc élait peuplé d’ermitages avec des jardinets, le puits et le figuier sauvage; au revers, «lu côté du midi, s’élevait Saint- Victor, abbaye solitaire, et ici là dispersées quelques petites maisons où les docteurs enseignaient les élèves el étudiants, qui depuis furent si actifs en leurs jeux. Le centre était toujours Paris en Plie, avec ses rues étroites et bien pressées, car les prud'hommes voulaient éviter les grands vents de Seine, les feux du soi» il, et !j pluie battante «pii fouette He visage; chacun en sa ruelle était paisible , trottinant pour les affaires «lu ménage sur sa mule ; après le couvre-feu, nul ne sortait, quoiqu’au coin de cha«pic rue il y eût un oratoire grillé * avec la Vierge el le saint patron, éclairé en sa niche par un réjouissant luminaire.

A Metz, la cité «le Childéric II, les litres municipaux révèlent aussi l’existence des échevins, des prud’hommes maîtres et patrons, élus par le con-

(1) Une autre opinion veut que la forme de la Cité en Plie ail été ta première origine du navire dans les armoiries.

(2) Dan* un litre de très-vieille date, on trouve une contestation. Cùm labernaril parislenses dicerenl contra prœposilvm et scabinos mercatorum par! sien ilum . 1 2 3 4 ( FÉLiiiktt , Historiens de Paris , pièces justificatives , paj. 102.)

(3) Ctero et populo Met senti... Cierl... mllitum et civium communlcalo concilia. {G allia Christian. } t. xm.)

(4) La THACüAssif.np. , Noue. Comment, sur les coutumes générales du Berri, art. i*r.

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cours simultané des clercs et du peuple sur la place publique (3). A Bourges, la ville des grandes libertés, tout habitant était affranchi du servage : •> Les citoyens (cives) de la cité et septaine de Bourges , dit la coulume, sont libres (4). » Voulez-vous savoir également Phisloirede Périgueux , colonie romaine, ou le sénat et les empereurs ont laissé d'immenses amphithéâtres et d'utiles aqueducs? Les Chartres ne disent-elles pas , en parlant de Përigueux ! « les citoyens seigneurs de Périgueux (3) ? » Ils étaient gouvernés par «les consuls; et la commune, c’estâ-dire le droit de défense mutuelle, existait de temps immémorial avec son armée de l’universalité des habitants.

Au midi , vous trouviez Toulouse , son Capitole et son sénat; le litre de consul se lit dans les Chartres de la Languedoc du dixième siècle. Le vieux droit romain appelait Toulouse une cité, c’est-à-dire qu’elle possédait le privilège des mttnicipes, affranchie «le tout servage envers le comte ; Toulouse faisait la guerre ou la paix en son nom. Le Capitole , qui formait comme le cenlre de la cité , donna le nom aux rapilouls. magistrature si élevée el si puissante an moyen âge <6).

A quelques lieues d’Avignon , la ville papale, se déployait Msmes la romaine : qui peut le disputer en souvenirs et en gramletir à l'amphithéâtre et à sa Maison carrée , œuvres admirables de l’époque impériale? Plus tard, lorsipie la comtesse Berlhc fit une donation à la cathédrale de Nismes, elle écrit sous la garantie «le son scel : « Que si les parenls n’beritent pas d'après la coutume romaine, les biens et fiefs «le ladite «laine reviendront à la puissance publique de Nismes (7) » expression qui se rapporte sansdouleà la magistrature «lu Potestaty qui domina au moyen âge les cités de Provence, d’Italie el «lu Languedoc. Si le peuple de Nismes était libre et souverain, Arles nous apparaît, au onzième siècle, comme un débris des colonies romaines dans la Gatde ; un comte d’Arles traite avec le monastère de Saint- Victor pour des lerres fertiles sur le llhône, cl la chartre est scellée en présence de « Ions les hommes d’Arles, des juges et des chefs (8). » Il

(5) Mémoire sur laconstllulion politique de Périgueux, ann. 1775, in-4°.

(6) l.a liste de» consuls de Toulouse a été religieusement conservée depuis le onzième siècle Voyez Traité de la noblesse des capitouts de Toulouse, pag. 77, et Catel, llisl. des comtes de Tolose.

(7) Ad ipsam poiesiatem de Semauso publicê revenant islas res, dans doni Vatssftrs, col. 113, t. u, aux preuves.

(8) Consiliantibus Arelatensium prlnciplbus. On lit aussi dans une antre chartre: De fenudo communafi communilalr Arelatensi. — Asiecrt. Mém. sur fa rép. d'Arles , partie, pag. 112.

y avait des fiefs communaux , une communauté d'habitants ; Grégoire VII écrit au peuple d’Arles , et c’est à ce même peuple que Gibelin , créé patriarche de Jérusalem, adresse ses adieux (1).

Arles fut comme une colonie de Marseille. Nulle ville ne pourrait se comparer à la vieille république municipale des Phocéens , quand l’étendard marseillais flottait au vent sur les tours noircies , au haut de cette enceinte où était placée la porte de Jules César! Marseille avait sa maison de ville, ses magistrats, ses cchcvins ; Geoffroy le vicomte fait une vente de fiefs et terres vaines ; elle porte don à l’universalité des citoyens de Marseille , qui traitent avec Pise, Gacte, Venise et Gènes. Marseille assure les droits de son commerce par de précieux statuts qui depuis furent rédigés en dues formes (2).

Ainsi, dans les vieilles cités, la liberté municipale était contemporaine de l’époque romaine ; la commune ne fut point un produit spontané du onzième siècle ; sur toute la surface du sol on trouve des modèles de municipalité , des types antiques sur lesquels les Chartres de communes et de bourgeoisies se modelèrent. L’épaisse race de Bourgogne , de Champagne, n’allait pas si vite dans les conquêtes de la liberté que les populations vives et intelligentes du Midi ; le soleil est favorable aux idées de peuple; le cœur peut rebondir librement quand il voit la nature réchauffée et l’azur des cieux rayonnant de lumière. L’air épais est une chaîne qui oppresse ; il est pour l'imagination et les idées exaltées ce qu’est le mur humide et épais du cachot sur le corps humain , une sorte de paralysie de l'Ame. Seulement , au dixième siècle , déjà une agitation profonde se manifeste parmi les serfs , la parole avait agi (3) ; les prédications catholiques annonçaient la liberté et l’égalité de tous devant Dieu et l’Eglise. Dans plusieurs provinces , les serfs se réunissaient pour résister ; on sent que le peuple souffre et qu’il est opprimé ; il n’y avait pas de classes intermédiaires ; le serf crie à la commune comme à la meilleure organisation des biens du peuple. Voulez-vous un exemple de ce grand rassemblement pour demander ta commune ? en voici

(1) Ce titre e»tde l’an 1005, l’époque même de la croisade. Guesiuy, Prov. Massll.

(9; Les statuts marseillais furent écrits au treizième siècle.

(X) L’idée de commune se produit depuis le huitième siècle, comme l’expression de la défense mutuelle , et c'est en quoi le système de l’auteur des Lettres sur l'Histoire de France n’est ni vrai ni neuf. Consultez toujours les admirables préfaces des x« et xi* volumes des Ordonnances du Louvre.

(4) Fur Itel nui laluum damagier ?

victnm nus for* (te lor danglcr.

ONZIÈME S1ÈCI.E.

un des plus remarquables. Dans les divers comtés de la Normandie, les serfs, les vilains, irrités de leur condition , se réunissent pour appeler une situation plus libre; ils sont rassemblés en foule et en armes dans la campagne, autour des villes; ils s'arment en tumulte : que disent-ils entre eux? que réclament ces hommes confusément soulevés? « Ne consentons plus à porter le joug des seigneurs ou de leurs agents , nous n’en recevons jamais que du mal , jamais notre bon droit n’est respecté par eux ; nous perdons à la fois nos profils et nos travaux , on prend chaque jour nos bètes de somme, on exige sans cesse de nouveaux services ; ce sont toujours des demandes , des procès pour les forêts , pour les chemins , pour les monnaies , pour les canaux , pour les moutures, pour l'hommage, pour les redevances , etc. ; on enlève de force nos troupeaux , et s’il existe des conventions à notre avantage , on ne les exécute pas. Pourquoi souffrir tous ces outrages? osons nous dérober à l'injustice de nos tyrans ; ne sommes-nous pas hommes comme eux? n’avons-nous pas des membres aussi robustes, des corps formés comme les leurs? Nous portons aussi bien qu’eux la fatigue et la peine ; s’il nous manque quelque chose , c’est le courage (4). Qu’un serment sacré nous lie à jamais ; nous avons à défendre nos biens et nos personnes ; soyons unis, aidons-nous, et s'ils veulent nous attaquer, nous serons contre un seul chevalier trente et quarante paysans adroits et résolus («$)... »

Ge langage des serfs et vilains de Normandie sentait un peu la couardise ; ils se mettaient quarante contre un chevalier, et encore ils tremblaient! Et vous ne voulez pas que ces lâches fussent esclave» attachés à la chaîne ? Qu’avait de commun cette race d’hommes avec le féodal qui jetait à l’aventure sa fortune et sa vie? Néanmoins celte révolte raisonnée sc formula bientôt en assemblée générale , car tous ces hommes s’étaient organisés sous des chefs ; chaque communauté députa deux manants qui la représentèrent dans le conseil provincial de Normandie ; on prêta des serments sur la croix du Christ, symbole d’égalité; on discuta les intérêts de la Ncustrie , et quand le comte Raoul arriva , au

Km su me* home» cum 11 »unl Tcx membre» avuot cum U uni.

• Roman du Rou, vert 5079. On voit déjà poindre le» idées chrétienne» de liberté.

(S) Allum ntu par serement ,

üoi aveir e nu» defendum .

B luit ensemble nu» tenum.

B sc nu» voilent Riierreler,

Bien arum . contre un chevalier,

Trente u quarante paisant Maniable» e cumbatansflontan du Rou, ver» 5079-0058.

nom dn duc leur suzerain, avec srs chevaliers, pour dissoudre rassemblée communale, il trouva une résistance active. Pauvres serfs ! pauvres communaux! Aux uns le comte Raoul fit couper les mains et les pieds, ou leur fit arracher les dents et le# yeux (1) ; on devait un exemple ! Aux autres , les plus riches, il les taxa de fortes sommes de deniers pour racheter leur vie, et les serfs retournèrent à leur charrue. Le temps n’était pas venu d’un peu de liberté (2)! Les communaux avaient les membres forts, mais la colle de mailles n'enveloppait pas leur corps durci ; ils n’avaient pas surtout le courage de résister à la face des hommes de bataille. Cet essai de commune fut donc ainsi détourné dans son développement par les hommes d'armeç. Commune dévint néanmoins le mot adopté par tous les vilains qui se réunissaient tumultueusement; il fut Comme la formule d’usage pour exprimer la réunion du peuple sous une administration locale. Dès que les serfs, les manants se groupent autour d’un village ou d’un clocher, ils formeut une commune; ils déploient leurs étendards sous des formes bizarres; que peut avoir de noble un serf de terre? tout ce qu’il crée est grotesque et contrefait. Au Mans , les habitants forcent le comte à approuver une conjuration qu'ils appellent com mune; ils couraient sur la place publique en poussant des clameurs; et comment faire pour résister à l’invasion des barbares , des Hongres et des Normands? comment faire pour s’opposer aux excursions des châtelains? Commune ! commune ! tel était le traité de mutuelle garantie entre les habitants, traité vieux comme le sentiment de la défense réciproque quand la multitude est éparse et faible.

La commune s’organisa souvent les armes à la main, et plus d’une fois, au onzième siècle , on vit les clercs , suivis de leurs paroissiens , l’étendard déployé , accompagner leur roi à la guerre (3). Ce n’était pas tout avantage que la communauté! il s'agissait de l’administration de la chose publique, bien pins pénible que la servitude habituelle et résignée. La commune ne naquit donc pas spontanément , ce ne fut pas un fait inout, éclos d’une situation accidentelle; le système municipal exis-

(1) A plutur* Ait traire lea denx.

B II altrca Oit eipcrcer.

Traire lea olla, il puiogt col per ;

A tex I Ait 11 gu area cuire.

(2) La commune remeat a tant

rte firent puis vilain* irmlaot...

B II ricbei le cumperercnt B par lur buric «'adultèrent.

Roman du Rou , vert 6090-61 14.

(3) Le mot commune se trouve déjà partout dans les monuments du onzième siècle.

tait dans la plupart liés cités de la Gaule , il se développait successivement comme un modèle et un type pour la défense mutuelle des habitants. On avait emprunté ce gouvernement électif île la cité aux communautés religieuses ; l’ordre de Saint- Benoit fut le premier modèle de hiérarchie et de liberté ; on avait étendu l'admirable idée de corporation à toutes les réunions d’habitants. La vie de la cité était commune, comme celle des monastères ; on avait des biens viagers, des forêts où tous, pauvres et riches, pouvaient aller couper du bois et faire du charbon ; il y avait de gras pâturages pour les troupeaux , qui pouvaient vaguer en liberté sur le bien de la bourgade.

Ces droits existaient, un peu confus, souvent disputés entre le seigneur, l’évèque et les habitants (4). On prenait les armes pour un péage, pour un pont, pour un moulin, pour lin four banal; les disputes judiciaires sc manifestaient plus violentes au onzième siècle , et lorsque la croisade eut donné une impulsion démocratique aux serfs, aux manants et aux vilains, ils prirent les armes pour obtenir une chartre spéciale de commune, qui réglait les droits ou les devoirs de chacun , ou bien ils achetèrent le scel du baron ou de Pévéque en bons deniers comptants. Le fait fut écrit spécialement dans le onzième siècle, mais il ne fut pas conquis à cette époque , le régime municipal était bien antérieur; seulement il se manifesta plus ardent et plus énergique; on aurait dit que la croisade, en semant partout les idées de voyage et de liberté, avait animé d’une ardeur nouvelle les habitants des cités et de la campagne. Les seigneurs avaient alors tant de besoins, qu’ils vendaient tes communes comme leurs fiefs; les peuples épais et lourds de la Picardie, de la Champagne , de la Bourgogne et de la Lorraine, s’étaient pris dans ce temps de l’esprit de liberté, comme s’ils étaient ivres de vin nouveau, tant ils étaient ardents et décidés à obtenir leur chartre communale; de là, en plusieurs villes, de sanglantes révoltes parmi les communaux. Cela devait être ; et bientôt les cartulaires de Vezelay , Noyon et Beauvais s’ouvriront devant nous, pour dire comment toutes ces villes conquirent leurs Chartres ou

Que vilain* cumune faaetent.

A Valmcrcl François s'armeront B lor bataille* ordenerent ;

Fui* entrèrent à Valedune»,

LA *'a*embiereut 11 cumune*. ^

Roman du Rou de Robmt Wacb, ver* 6070-8997.

(4) M. Raynouard , dans ta Dissertation sur le ‘droit municipal, a suffisamment prouvé que l'origine de Ja commune datait de Rome et de la conquête des Gaule* par le» Romains. Foyn Raysodaiid, Droit municipal , tom. ».

HUGHES CAPET. - ONZIÈME SIÈCLE

Aiaez tôt ol Richard dire

3 il

privilèges scellés des rois , des comtes , des évêques et des seigneurs féodaux ! Que pouvaient-ils faire de mieux que d’assurer par Chartres écrites les coutumes de la cité !

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