‹ Œuvres de CapefigueChapitre 85 sur 165 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

PHILIPPE 1er AU TEMPS bE LA CROISADE.

Développement de l'excommunication.— Voyage d'Urbain 11 dans la Langue d'oc cl la Langue d'oil. — Visite des monastères.— Éducation de Louis le Gros.— Association à la couronne. — Premières guerres féodale». — Police des conciles. — La monarchie pontificale.

Tout ce mouvement féodal , qui s’agitait dans le royaume pour la croisade , se faisait en dehors du roi Philippe I". C’était un curieux spectacle de voir les grands vassaux saisir les armes , caparaçonner leurs coursiers pour une expédition lointaine, sans que le roi , le sire et seigneur suzerain , exerçât la moindre influence sur le pèlerinage armé (1). Le duc de Normandie rassemblait ses vassaux sous ses bannières; le comte de Champagne faisait retentir les joyeuses villes de Troyes, d’Arcis-sur-Auhe, de Bar, «le Vilry-le-Français , des chants de Geste et canlilènes pour le départ de la croisade ; les comtes de Flandre et de Toulouse levaient leurs gonfanons; et pendant ce temps le roi Philippe I*r restait dans ses domaines, et la féodalité ne prenait garde à ses commandements ou à ses volontés.

D'où venait cette situation si précaire du roi Philippe 1er? qui l’avait jeté dans un si grand abaissement? comment se faisait-il que Hugues, le comte de Vermandois son frère , partait pour la croisade comme un simple chevalier, tandis que le roi restait dans ses domaines comme s’il n’avait pas porté l’épée? Cela tenait d’abord à l’existence naturellement abaissée du pouvoir royal , au caractère un peu insouciant du roi. Puis Philippe Ier avait été frappé d’excommunication ; le pape Urbain 11 avait jeté la solennelle sentence, le concile de Clermont l’avait approuvée. Le roi était ainsi accablé sous l’anathème , comme incestueux et concubinaire ; s’il ne repoussait Bertrade du lit nuptial , il était flétri comme un lépreux dans l’ordre moral. Qui aurait voulu tenir la bannière du roi dans celte abjection, quand il était confondu parmi les mécréants et les hérétiques? Et qu’on remarque com-

(1) Les chronique» parlent à peine de Philippe |«r durant toute la croisade; il ne suivait pa» la pensée de la génération, et on l'oublia. Consultez le Cartulairc de l'abbé dk Camps. {Règne de Philippe /»r.)

(2) Comparez Guibch r de Nocest, liv. i«*.— Robert le Moïse, liv-. l,T.

bien le moment était parfaitement choisi pour foire éclater la puissance du pape : les croisades avaient inspiré une ferveur nouvelle pour les idées catholiques; Urbain II avait .appelé une milice à lui parmi les pèlerins du peuple et les barons; il s’était placé comme le chef de la guerre en Palestine, comme la parole qui dirige le glaive. II unissait ainsi à la tiare la puissance de la force , et les féodaux se seraient mis au service d’Urhain II pour combattre leur suzerain, comme ils lui prêtèrent leurs bras pour chasser l’antipape Anaclet dans leur passage en Italie (2).

Il faut voir l’impression profonde que produisait, même dans le domaine royal . l’excommunication du suzerain ! Un sentiment d’horreur se rattachait à lui ; les actes sont datés d’une manière sinistre. Le cartulaire de Saint-Serge, dans l’Anjou, contient une charlre qui porte la suscription suivante .* «Écrite et scellée par moi (3), l’an du Seigneur 1098, indiction troisième, le samedi 23 de la lune, sous le pontificat d’Urhain II ; la France étant souillée par l’adultère de l'indigne Philippe. « Et que pouvait-il y avoir de commun dès lors entre ce roi adultère et les preux chevaliers qui partaient pour la croisade? Le mouvement féodal se fit tout en dehors du suzerain ; on marchait vers Jérusalem , tandis que le roi était frappé d’excommunication comme hérétique et relaps ; le pape avait son armée enthousiaste et populaire. Urbain II était le véritable suzerain du baronnage féodal de France; quand tout s'armait pour la croisade , il continuait sa visite pastorale des monastères. Chose curieuse ! le pape expulsé de Rome par Anaclet , exerça un si grand ascendant moral sur les populations gauloises, qu’il put répéter l’anathème contre Philippe Ier et ses serviteurs, tous frappés d'excommunication, parce qu’ils servaient le roi. Le pape Urbain II , le dictateur catholique , acheva son voyage triomphal au milieu des abbayes et des monastères; il était partout accueilli avec pompe, les croix et les bamlières allaient au-devant de lui flottantes , l’encens parfumait les églises , et sa bénédiction avait plus de puissance que les prescriptions suzeraines, même les Chartres scellées de l’anneau du roi (4), Tant la parole du pontife fut retentissante dans la Langue d’oil et la Langue d’oc, que Philippe 1er se résolut d’abandonner Bertrade, au moins momentanément, jusqu’à ce qu’il fût réconcilié avec le pape et les évêques. La dictature pontificale allait à ses fins ;

(3) Cette charlre est une donation faite par Foulques, comie d'Anjou, ex Carlul. S. Sergü Andeg. Dans l’abbé de Camps, ami. 1093.

'4) Annal, de Babosiu» et Pagi , ad ann. 1095-

HUGUES CAPF.T. — 1090-1008.

les censures furent ainsi levées; Urbain 11 s'empressa «l'annoncer avec joie cel heureux événement à l’Église catholique (1).

A cette époque le roi Philippe était dans toute la puissance de la vie; il avait quarante-trois ans à peine; la force de son corps se déployait dans tous les exercices militaires des cours plénières. Les vieux chroniqueurs disent qu'il avait la tète belle, la tournure majestueuse , quand il montait surtout un fort cheval de bataille; comme tous les barons, il était homme de chair, de plaisir et de brutalité; il aimait à porter à ses lèvres la coupe emplie; il s’asseyait avec joie dans les festins ; le sensualisme de la vie le dominait, et néanmoins Philippe I" abaissa son cou fier et hautain devant Urbain II, qui parcourait les provinces avec sa seule croix. Le catholicisme était si puissant sur les Aines, et les croisades avaient imprimé un énergique mouvement qui faisait fléchir la tète du suzerain sous la volonté du pape, le dictateur de ce peuple qui allait par multitude en pèlerinage.

De son mariage avec la reine Berlhe , Philippe I" avait eu un flls né en 1078; la Vie de saint Arnould raconte, dans le pieux style légendaire (2), toutes les circonstances mystiques de la naissance de Louis, le flls aîné du roi : la reine Berlhe, la première femme de Philippe , était stérile ; pauvre épouse, elle priait Dieu nuit et jour de lui donner un flls; elle se recommanda donc aux prières de saint Arnould. Or, le jour que saint Arnould fut intronisé évêque , il envoya un de ses religieux informer la reine qu'elle était enceinte d’un fils, et le saint lui écrivit que ce fils serait nomme Louis et qu’il succéderait à son père (3). Ainsi disaient les naïves légendes des monastères, pour annoncer la venue d’un enfant dans les races : n’était-ce pas doux à ouïr conter que ces merveilles dans le foyer domestique? Louis enfant fut très-gras et très-gros de corps ; quand il fut séparé des femmes , on le mit dans le monastère de Saint-Denis, siège de la science et de la piété ; il apprit beaucoup à l'école des clercs ; à dix ans il montait fortement à cheval, il lisait un livre couramment, ce qui faisait merveille parmi les religieux ; à peine touchait-il sa douzième ou treizième année, et l’on disait partout que Louis le Gros, flls du sire roi, serait un bon gouverneur pour le royaume de France : il reçut

(1) Chronique Malliac, ann. 109G, et Yves Carnot. Eplstole 2JI, SptcUcg., tom. v, pag, 518.

(9) Extrait du manuscrit de l’abbé de Carps ; Collect. Fontasied, tom. viii.

iS) f ini sanct. Arnuff. Suetshn. Episcop., Ducresnk, tom. tv, pag. 166.

(4) Sugcr a écrit la vie de Louis le Gros avec entrainement; on doit un peu se défier de son enthousiasme ; mai*

alors comme fief Mantes, Pontoise et le comté du Vexin , en apanage destiné à soutenir les dépenses de son hôtel ; l'enfant obtint ainsi gage et participation dans l'administration royale.

Ce fut à quinze ans que Louis le Gros fit ses premières armes dans la guerre contre Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, ce Guillaume si rapace et si fin, à qui le duché de Normandie avait été engagé par le duc son frère. Comme à l’époque de Icxcommunication le roi était frappé d’impuissance, les barons ne voulaient plus le suivre en guerre ; il n’y avait pas un seul seigneur féodal qui consentit â déployer sa bannière à côte de la sienne, car il était adultère et relaps ; tout était ainsi dans la confusion. Louis le Gros, à quinze ans, leva le gonfanon du roi, lui, le digne fils de Berlhe, la première et légitime épouse (4) ; Philippe Ier n’aurait pas trouvé trois chevaliers pour le suivre, tandis que Louis son fils réunit assez de forces pour résister à l’invasion normande de Guillaume le Roux. Ainsi l’enfant royal commençait les efforts de guerre contre le roi des Anglais à la tète de ses batailles de lances. L’excommunication avait enlevé toute la force morale au roi ; il n’avait plus qu’à se hâter de faire pénitence : « qu’il se fit donc religieux et bon ermite. » Les chroniques ne s’occupent plus que de son fils; les gestes de celle enfance sont suivis pas à pas par les chroniqueurs de Saint-Denis; les bons moines n’avaient-ils pas assisté au développement de celle jeune intelligence? « Dans la fleur de son printemps, et à peine âgé île douze ou treize ans, le glorieux et célébré Louis, fils du roi Philippe, avait de si louables mœurs et de si beaux traits, et sc distinguait tellement, soit par une admirable activité d’esprit, présage de son caractère futur, soit par la hauleur de son agréable stature, qu’il promettait à la couronne , dont il devait hériter, un agrandissement prompt et honorable, et à l’Église, ainsi qu’aux pauvres, un protecteur assuré. Cet auguste enfant, fidèle à l’antique habitude qu’ont eue les monarques, Charles le Grand (3) et autres excellents princes, et qu’attestent les testaments des empereurs, s’attacha d’un amour si fort, et pour ainsi dire héréditaire , aux reliques des saints martyrs qui sont à Saint-Denis et à celle de ce saint lui-mèmc , que pendant toute sa vie il conserva pour l’cglisc qui les possède, et prouva par une

ou trouver des renseignements plus précieux que dans un contemporain qui assista à tous les acte» de la vie de son seigneur? Cel ouvrage de Suger est adressé i Gosselin, évéque de Soissons ; il a été la source de la chronique de Saint-Denis. /'oyez Duchesse, tom. iv.

(5) Le souvenir de Charlemagne comme grand protecteur drs églises vivait partout. Sucer, liv. i".

honorable Jibéralité, les sentiments nés chez lui dès son enfance ; et qu’à son heure suprême , espérant beaucoup dans ces saints après Dieu, il résolut pieusement de se lier à eux corps et âme , et de se faire moine dans cette abbaye, s'il en avait la possibilité. A l’âge dont nous parlons, celte jeune âme se montrait déjà tellement mrtrc pour une vertu forte et active, qu’il dédaignait la chasse et les jeux de l’enfance, auxquels cet âge a coutume de s'abandonner, et pour lesquels il néglige d'apprendre la science des armes. Dès qu’il se vit tourmenté par l’agression de plusieurs des grands du royaume, et surtout de l'illustre roi des Anglais, Guillaume, fils de Guillaume, plus illustre encore, vainqueur et monarque des Anglais, le sentiment d’une énergique équité l’échaufFa , le désir de fairdü’épreuYe de son courage lui sourit; il rejeta loin de lui toute inertie, ouvrit les yeux a la prudence, rompit avec le repos, et se livra aux soins les plus actifs. En effet , Guillaume, roi des Anglais, habile et expérimenté dans la guerre, avide de louanges et affamé de renommée, avait, par suite de l’exhérédaliou de son frère aîné Robert, succédé heureusement à son père Guillaume ; après le départ de ce même frère pour Jérusalem, il devint maître du duché de Normandie, chercha comme duc de cette province à étendre scs limites qui confinaient aux marches du royaume, et s’efforça, par tous les moyens possibles, de fatiguer par la guerre le jeune et fameux Louis. La lutte entre eux était tout à la fois semblable et différente : semblable en ce qu’aucun des deux ne cédait à son adversaire ; différente en ce que l’un était dans la force de l’âge mûr , et l’autre à peine dans la jeunesse; en ce que celui-là, opulent et libre dispensateur des trésors de l’Angleterre, recrutait et soudoyait des soldats avec une admirable facilité ; tandis que celui-ci , manquant d’argent sous un père qui n'usait qu’avec économie des ressources de son royaume, ne parvenait à réunir des troupes que par l’adresse et l’énergie de son caractère, et cependant résistait avec audace. On voyait ce jeune guerrier, n’ayant avec lui qu’une simple poignée de chevaliers, voler rapidement et presque au même instant au delà des frontières du Berry, de l’Auvergne et de la Bourgogne, n'être pas pour cela moins prompt , s’il apprenait que son ennemi rentrait dans le Vcxin , à s'opposer courageusement avec trois ou cinq cents hommes à ce même roi Guillaume, marchant à la tête de dix mille combattants , et enfin tantôt céder , tantôt résister pour tenir en suspens l’issue de la guerre (1). >»

Voilà donc ce que les chroniques racontaient des

(1) Ludovic. Fila, apud Sogeb. liv. i«.

(2) Chronlq. de Saint Denis , ad ann. 1095.

merveilles de l’enfant royal et de ses premières armes; on l’opposait, lui, élevé religieusement dans un monastère , lui , le protecteur des moines et de la sainte église de Saint-Denis , à Philippe I#r son père, l’homme sensuel et excommunié. Dans l’ordre monacal, Louis le Gros commençait a déployer ses connaissances de clerc et sa piété d’Église; et c'était sur le champ de bataille qu'il apprenait le métier des armes. L'invasion des Normands et des Anglais dans les domaines du roi se rattachait à l’excommunication de Philippe Ier. Guillaume le Roux, si rusé , si matois , rêvant toujours d’accroître son domaine, voulait profiler de l’affaiblissement du roi Philippe pour envahir ses terres. Louis enfant pourrait-il résister aux lances pressées du suzerain d’Angleterre? Cette guerre fut toutefois très-mollement conduite, car il n’y avait alors d’ardentes pensées que pour la croisade; c'était à remarquer : les trois grands suzerains de l’Europe restaient paisiblement dans leurs domaines; l'Empereur laissait partir les croisés allemands sans se joindre à leur expédition ; le roi des Anglais, Guillaume le Roux, était trop préoccupé de conquêtes et d’agrandissement de ses domaines pour prendre part au grand pèlerinage; il recevait en gage le bien de ses vassaux, se faisait usurier ; et Philippe IaT voyait s’éloigner avec une joie secrète les barons «le la monarchie (2). Le progrès vint plus tard et s’étendit ; le pèlerinage, d’abord populaire, se fit ensuite féodal; il ne reçut une sanction royale, il n’entralna les suzerains euxmêmes que plus tard, lors des croisades de Conrad d’Allemagne, de Louis Vil de France, de Richard d’Angleterre et de Philippe-Auguste. Ainsi marchent toujours les idées enthousiastes, elles prennent leur source dans les masses pour s’élever et s'imposer ensuite aux pouvoirs!

La prédication de Pierre l'Ermite, le voyage d’Urbain 11, avaient produit dans la société une impression si profonde, une agitation si soudaine, que le peuple ne s’occupe d’qucun autre intérêt. Quand une idée dominante est ainsi jetée daus le monde , tous les autres intérêts s'effacent et s’absorbent ; aussi ne trouve-t-on qu’un petit nombre de Chartres émanées des rois , des barons et des abbés pendant celte période; il ne reste plus que les prescriptions des conciles qui forment comme un ensemble de lois pour la police politique. Les conciles règlent les devoirs respectifs de la famille et de la propriété en l’absence de toute loi civile. On trouve des canons provinciaux de celte époque ; dans le concile de Rouen (3) les évêques renouvellent les serments pour la paix de Dieu et du peuple, afin que la trêve

(3) Février 1096. — Forez Obdkbic Vital; Dec* es», pag. 723.

générale soit observée : « Nul baron ne pourra porter les armes que pour le service «le la croix, nul ne pourra exiger «le «lime «lu peuple, nul ne pourra envahir le fief ecclésiastique, la manse abbatiale. Le concile «léfend aux clercs «le reconnaître la supériorité «les laïques , ils ne doivent point hommage aux barons; tous se lient à l'Eglise et ne «loivent reconnaître «le lois que les siennes (1). Ensuite, et comme pénitence, les Pères rassemblés dans la grande cité de Normandie défendent aux clercs comme aux laïques de porter les cheveux longs et flottants; voudraient-ils ressembler aux histrions et aux baladins des contrées méridionales ? » Voici ce que prescrit le concile tic Nismes, présidé par Urbain 11 : « Les évêques, même métropolitains, ne pourront aliéner les bénéfices des églises; et qu’importe qu’il y ail vacance? ils nommeront le clerc «pii doit remplacer, mais ils se garderont bien de vendre les bénéfices ecclésiastiques, propriété inaliénable de l'Eglise. Quant aux abbayes, qu’on respecte leurs droits sur tout ce qu’elles possèdent depuis trente ans; les moines sont clercs, ils peuvent faire le service divin comme les prêtres, ils peuvent administrer les sacrements, et délier les âmes , car la solilude n’enlève point à l'homme le caractère indélébile de prêtre du Seigneur (2). »

Ainsi Urbain II grandit, autant qu’il le peut, la monarchie pontificale; l'entrainement des croisades favorise l’unité de l'Église ;en elle se trouve la puissance et la force. L'époque est à la solitude , au désert, à la vie monacale ou à la pieuse émigration; tout ce qui ne marche pas vers l’Orient se renferme dans les monastères ; les deux forces sont dans la double milice ecclésiastique et militaire ; la société est morte en «lehors de ces deux idées. Chaque époque porte avec elle-même ses préoccupations : aussi les Chartres et les diplômes sont-ils rares pendant dix ans; on ne trouve que quelques donations • pieuses «lans la pensée du pèlerinage en Palestine, ou bien des affranchissements, ventes, aliénations qui sont amenés par le besoin d’argent imposé dans la croisade : ventes de fiefs, Chartres municipales, tout est rédigé sous l’influence du saint voyage (5); la société en est partout préoccupée comme «l’un fait dominant. Point d’or«lonnances générales, point «le prévoyances qui touchent à tout le royaume : commune, monastère ou croisade, voilà la trilogie du onzième siècle. En ce moment tous les vassaux ont pris les armes, et le retentissement des clairons

(1) Ce concile a seize canons; il est de 1090, et se trouve dans le Spicltcg tom. iv, pag. 230.

(2) Vvycz aussi la curieuse correspondance d’Yvss de Cb&rtrcs, ad ann. 1097-1099.

(5) Parcourez les tables de linf.ocioï, ad ann. 1095-

et buccines annonce leur départ dans tous les grands fiefs du domaine. Beau spectacle que ce départ du baronnage de la vieille Gaule !

Page 1