VIII NOTICE
Quand la révolution éclaiay Rvuarol se rangea parmi ses adversaires. Il collabora aux, Actes des Apôtres, un des pamphlets les plus violents de V époque, et il dut s'expatrier. Il se rendit à Bruxelles, puis à Londres, et enfin, en 17^, à Hambotifg, où il travailla au Spectateur du Nord et à un Dictionnaire. Mais il était si paresseux que son imprimeur, Tuchs, dut renfermer dans son appartement à le retenir prisonnier.
De Hambourg, Rivarol alla à Berlin ou le roi de Prusse Vaccueillit avec les plus grands honneurs. Son Discours sur l'universalité de la langue française avait été couronné en 1784 par V Académie de Berlin.
Il mourut dans cette ville, le / avril 1801, d'une fluxion de poitrine.
« Rivarol, a dit Sainte-Beuve, n'était point un homme de f^énie, mais c'est plus qu'un homme d^esùrit : il réalisait tout à fait l'homme de talent tel qu'il l'a défini : «r Le talent, c'est un art mêlé d'enthousiasme, a
Rivarol, en définissant l'esprit, s'est aussi peint lui-même : « L'esprit, dit-il, est en général cette faculté quivoit vite, brille et frappe. Je dis vite, car la vivacité est son essence; un trait et un éclair sont ses emblèmes. Observe:^ que je parle de la rapidité de Vidée, et non de celle du temps que peut avoir
coûté sa poursuite Le çénie lui-même doit ses plus beaux
traits tantôt à une profonde méditation et tantôt à des inspirations soudaines, mais, dans le monde, Vesprit est toujours inspirateur ; il ne demande ni délai, ni rendez-vous pour dire un mot heureux. Il bat plus vite que le simple bon sens ; il est, en un mot, seulement prompt et brillant. »
Les Œuvres de Rvuarol ont été publiées à Paris, en 1S08, S vol. in-80, précédés d'une notice.