‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 109 sur 318 · I. SouHl · texte numérisé non relu

I. SouHl

'2. Mais,

COMI'I^AI MHS. 141

Tant en effect griefve fut la poincture,' Et de malheur l'aclventure si pleine Que le beau lys en print noire taincture Et les trouppeaulx en portent noire laine.

Sur l'arbre sec s'en complainct Pliilomène, L'aronde- en faict criz piteux et tranclians, La tourterelle en gémit et en meine Semblable dueil ; et j'accorde' à leurs chants.

0 francs bergers sur franche herbe marchans. Qu'en dictes-vous ? quel dueil, quel ennuy est-ce De veoir sécher la fleur de tous nos champs! Chantez , mes vers , chantez : adieu , liesse !

Nymphes et dieux, de nuict, en grand destresse La vindrent veoir, et luy dirent : « Hélas , Dors-tu icy, des bergers la maistresse, Ou si c'est mort qui t'a mise en ses las?

Las, ta couleur, telle comme tu l'as, .Nous juge bien que morte tu reposes ; Ha, mort fascheuse ! oncques ne te meslas Que de ravir les excellentes choses.

Tant eust au chef'' de sagesses encloses, Tant bien sçavoit le clos de France aymer, Tant bien y sceut au lys joindre les roses, Tant bien y sceut bonnes herbes semer!

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