‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 112 sur 318 · Songez-y, songez à elle · texte numérisé non relu

Songez-y, songez à elle

;{. La comète.

Chantez, mes vers, fresche douleur conceue. Non, taisez-vous, c'est assez déploré :

Elle est aux champs Ehsiens receue , Hors des travaulx de ce monde esploré.

Là où elle est n'y a rien défloré,^ Jamais le jour et les plaisirs n'y meurent: Jamais n'y meurt le vert^ bien coloré, Ne ceulx ^ avec qui là dedans demeurent.

Car toute odeur ambrosienne y fleurent,'' Et n'ont jamais ne deux ne troys saisons, Mais ung printemps; et jamais ils ne pleurent Perte d'amyz, ainsi que nous faisons.

En ces beaulx champs et naylVes' maisons, Loyse vit, sans paour, peine ou mesaise; Et nous ça bas,*^ pleins d'humaines raisons, Sommes marriz, ce semble, de son ayse.

Là ne voyt rien qui en rien luy desplaise; Là mange fruict d'inestimable pris ; Là boit liqueur qui toute soif appaise; Là congnoistra mille nobles espritz.

Tous animaulx plaisans y sont compris.

Et mille oyseaulx y font joye immortelle,

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