Songez-y, songez à elle
;{. La comète.
Chantez, mes vers, fresche douleur conceue. Non, taisez-vous, c'est assez déploré :
Elle est aux champs Ehsiens receue , Hors des travaulx de ce monde esploré.
Là où elle est n'y a rien défloré,^ Jamais le jour et les plaisirs n'y meurent: Jamais n'y meurt le vert^ bien coloré, Ne ceulx ^ avec qui là dedans demeurent.
Car toute odeur ambrosienne y fleurent,'' Et n'ont jamais ne deux ne troys saisons, Mais ung printemps; et jamais ils ne pleurent Perte d'amyz, ainsi que nous faisons.
En ces beaulx champs et naylVes' maisons, Loyse vit, sans paour, peine ou mesaise; Et nous ça bas,*^ pleins d'humaines raisons, Sommes marriz, ce semble, de son ayse.
Là ne voyt rien qui en rien luy desplaise; Là mange fruict d'inestimable pris ; Là boit liqueur qui toute soif appaise; Là congnoistra mille nobles espritz.
Tous animaulx plaisans y sont compris.
Et mille oyseaulx y font joye immortelle,