‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 309 sur 318 · Alors · texte numérisé non relu

Alors

408 (*: U V R E s DE CL E .M E N T M A ROT.

Fossez profonds et murs de grans ell'orts N'environnoient encor villes ne forts.

Trompes, clairons d'airain droict ou lortu, L'armet, la lance et le glaive poinctii N'estoient encor. Sans usage et alarmes De chevaliers, de piétons et gensdarmos, Les gens alors seurenient en tous cas Accomplissoient leurs plaisirs délicats.

La terre aussi non froissée et férue Par homme aucun, du soc de la charue, Donnoit de soy tous biens à grand planté,' Sans qu'on y eust ne semé, ne planté.

Et les vivans, contens de la pasture Produicte alors sans labeur ne culture, Gueilloient le fruict des sauvages pommiers. Fraises aux montz, les cormes aux cormiers. Pareillement les mures qui sont joinctes Contre buyssons pleins d'espineuses poinctes, Avec le gland qui leur tomboit à gré Du large chesne à Juppiter sacré.

Printemps le verd regnoit incessannnent Et Zephirus souspirant doulcement, Soefves- rendoit, par tièdes alénées.

Les belles fleurs sans semence bien nées. Terre portoit les fruictz tost et à poinct, Sans cultiver. Le cham|) sans estre point Renouvelle, par tout devenoit blanc Par force espiz pleins de grain bel et liane, Prestz à cueillir. Fleuves de laict couloienl.

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