PRÉFACE
DE L'AUTEUR
Le Temple de Gnide est du petit nombre de ces ouvrages charmants que le public relit toujours avec un nouveau plaisir. La haute réputation de son auteur et la multiplicité des éditions en consacrent le mérite et le succès. Ne me serois-je point rendu coupable d'une espèce de sacrilège en osant toucher à cette production d'un homme dont le génie honore notre siècle? Le projet d'ajouter à ses beautés les grâces de la versification ne paroîtra-t-il pas une témérité inexcusable? D'ailleurs, cette entreprise audacieuse n'étoit-elle pas au-dessus de la foiblesse de mes talents? Je ne me suis point dissimulé ces objections. Je ne me suis point aveuglé non plus sur le peu de gloire à recueillir d'un travail aussi facile en apparence que celui d'orner de rimes une prose déjà poétique. J'ai apprécié ce travail sans m'exagérer sa valeur; et le jugement de nos Aristarques n'aura point à détromper mon amour-propre.
Par quel motif me suis-je donc déterminé à versifier le Temple de Gnide? Oserai-je le dire? Je n'ai eu en vue que mon amusement et ma seule satisfaction. C'est toujours avec regret, avec une sorte d'impatience, que je lis