‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 146 sur 474 · SAINT-BRICE, MADEMOISELLE DE CRAC · texte numérisé non relu

SAINT-BRICE, MADEMOISELLE DE CRAC

SAINT-BRICE

Ah ! je vous vois d'abord : c'est un heureux présage. Déjà levée!

MADEMOISELLE DE CRAC, avec l'accent.

Eh mais, c'est assez mon usage.

Ici, grâce à l'emploi que l'on fait dé ses jours, Plus tôt on les commence, et plus ils semblent courts.

SAINT-BRICE

Je pense bien ainsi, surtout en ces demeures;

Les jours coulent, je crois, plus vite que des heures.

Ah! dé grâce...

SAIMT-BRICE.

Oui, croyez qu'en des instants si doux, Je regrette le temps que j'ai passé sans vous.

MADEMOISELLE DE CRAC

Toujours à ce ton-là je mé trouve étrangère, Bien qu'en cette maison parfois on ésagère.

SAINT-BRICE

En effet, le papa ne s'en tire pas mal. 11 nous fit, hier soir, un conte sans égal.

MADEMOISELLE DE CRAC

Je l'avoûrai, mon père assez souvent s'amuse,

Mais sans dessein pourtant... non pas que je l'éscuse;

Car moi, je n'aime rien que la sincérité.

SAINT-BRICE

Ni moi; pardon. ..j'ai cru, je me suis trop flatté, Trouver entre nos goûts un peu de ressemblance.

MADEMOISELLE DE CRAC

Monsieur... si j'ose ici dire ce que je pense, Entré nos traits, je crois, il est quelque rapport.

SAINT-BRICE

Eh bien, je vous l'avoue, il m'a frappé d'abord.

MADEMOISELLE DE CRAC

Oui, vous mé rappelez lé souvenir d'un frère. Que j'aimais tendrement, à qui j'étais bien chère : 11 serait dé votre âge... Ah! regrets superflus ! Ce frère si chéri, probablement n'est plus. Dès longtemps nous n'avons de lui nulle nouvelle.

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