‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 176 sur 474 · SCENE XXI · texte numérisé non relu

SCENE XXI

M. DE CRAC, FRANGHEVAL.

M. DE CRAC, à part.

Je lé croyais bien loin, et je l'eusse aimé mieux.

(Haut.)

Quoi, monsieur, vous osez vous montrer à mes yeux. Après ce que je sais?

FRANCHEVAL.

Eh ! oui, monsieur, je l'ose.

J'ose plus, et je viens pour vous dire une chose : J'adore votre tille.

M. DE CRAC

Et vous lé répétez ?

FRANCHEVAL.

Sans doute ; et pourquoi pas ?

M. DE CRAC

Ainsi vous m'insultez !

C'est peu que l'on vous trouve aux genoux dé Lucile... Mais vous mé prenez donc pour un père inbécile ?

FRANCHEVAL.

Moi, monsieur, point du tout.

M. DE CRAC

Vous mé manquez, monsieur.

FRANCHEVAL.

En quoi? Mais, au surplus, je suis homme d'honneur. Vous mé voyez ici prêt à vous satisfaire, Si j'ai pu vous manquer.

Oh ! c'est une autre affaire.

Pé quel droit, je vous prie, osez-vous, en ce jour, Parler seul à ma fille, et lui parler d'amour ?

FRANCHEVAL.

Eh ! mais vous lé savez. C'est parce que je l'aime. Que j'aspire à sa main, que vous m'avez vous-même

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