I.aure! Laure
Je crois qu'on m'appelle.
M. F)!- BRI AGE
N'importe.
32 G LE VIEUX CELIBATAIRE.
Pour VOUS expatrier, mon enfant, de la sorte, Sans doute vous aviez un motif, un objet?
Oh, oui, monsieur ! voici quel en est le sujet : L'ami dont je parlais, le seul que j'aie au monde, Et sur qui désormais tout mou bonheur se fonde, A dans la capitale un très proche parent : U m'en parlait sans cesse, et toujours en pleurant, « Oui, me dit-il un jour, vous êtes vertueuse, Jeune, douce, surtout vous êtes malheureuse ; U doit vous secourir, et je vous le promets. » Je le crus : mon ami ne me trompa jamais. Je partis avec lui, croyant suivre mon frère. Regrettant peu des lieux où n'était plus ma mère. Après dix jours de marche, enfin nous arrivons.
M. UUBRIAGE.
Eh bien?...
Mais quel accueil, ô ciel, nous éprouvons !
M. DU BRI AGE
Il vous aurait reçue avec indifférence?
LAURE
Ah, monsieur, nous aurions encor quelque espérance. S'il avait voulu seulement voulu nous recevoir.
M. DU BRI AGE
Quoi ! ce proche parent... ?
LAURE
N'a pas daigné nous voir.
M. DU BRI AGE
Que dites-vous ? cet homme a donc un cœur de roche".
LAURE
Ce n'est pas le moment de lui faire un reproche. Non, il n'est point cruel ; il est humain et bon ; Et sans des étrangers, maîtres de la maison...
M. DU BRI AGE
il est bon, dites-vous? Eh, c'est faiblesse pure! Rien doit-il, rien peut-il étouffer la nature? Je veux voir ce parent ; ensemble nous irons : Cet homme est inflexible, ou nous l'attendrirons.
LAURE
Ah ! monsieur, je commence à le croire possible : Je me flatte, en effet, qu'il n'est point accessible; Et fût-il contre nous encore plus aigri. Oui, nous l'attendrirons : je vous vois attendri I