‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 340 sur 474 · M. MORAND, FLORVEL · texte numérisé non relu

M. MORAND, FLORVEL

Celte fenmie a du bon.

FLORVEL, à part.

Oui, de ne cofjter rien.

M. MORAND

Oh! je la garderai.

ELORVEL, haut.

Parbleu ! je le crois bien.

Mais elle est un peu prude, et vraiment singulière ; On n'en voit plus : ma foi, ce sera la dernière.

M. MORAND

Des mœurs, mon fils.

" FLORVEL

Des mœurs? eh ! mais, sans vanité, Moi, je suis le Caton de ma société.

M. MORAND

Beau Caton ! *

FLORVEL

Oui, d'honneur !... Mais, à propos, j'espère Que vous m'allez donner un peu d'argent, mon père.

M. MORAND

De l'argent, dites-vous ?

FLORVEL

Eh ! oui.

M. MORAND

30(1 > LES moki:rs du jour.

•V« Vous badinez :

G' Et ces douze cents francs que je vous ai donnés L'autre jour... ?

L'autre jour? c'était l'autre semaine.

Soit. Qu'en avez-vous fait?

Je m'en souviens à peine :

Ils sont déjà bien loin.

M. MORAND

Tant pis pour vous alors ; Car je n'ai plus d'argent. 11 faudrait des trésors Pour fournir, chaque jour, à ces folles dépenses.

Vous en avez.

M. MORAND

Non pas pour vos extravagances.

Eh! qui pourrait vous suivre, au train dont vous allez?

Qui, vous, mon père : eh ! oui : ce train dont vous parlez, Vous m'en donnez l'exemple, et je le suis.

il . MORAND.

Hein! qu'est-ce ?

Vous vous enrichissez avec une vitesse... !

A nous faire plaisir : moi, qui suis prompt aussi,

Je dépense, à mon tour, très vite, Dieu merci,

M. MORAND

Va, jeune fou! dissipe et consume et prodigue Le fruit de tant de soins et de tant de fatigue! Ruine enfin ton père!

Allons ! vous ruiner !

(En caressant son père.)

Pourquoi? pour cent louis... que vous m'allez donner !

M. MORAND, souriant, et mettant sa main à sa poche.

Que le fripon sait bien le chemin de ma bourse ! Eh ! tiens, prends.

FLORVEL

Allons donc... Voici pour notre course

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