M. MORAND, FLORVEL
Celte fenmie a du bon.
FLORVEL, à part.
Oui, de ne cofjter rien.
M. MORAND
Oh! je la garderai.
ELORVEL, haut.
Parbleu ! je le crois bien.
Mais elle est un peu prude, et vraiment singulière ; On n'en voit plus : ma foi, ce sera la dernière.
M. MORAND
Des mœurs, mon fils.
" FLORVEL
Des mœurs? eh ! mais, sans vanité, Moi, je suis le Caton de ma société.
M. MORAND
Beau Caton ! *
FLORVEL
Oui, d'honneur !... Mais, à propos, j'espère Que vous m'allez donner un peu d'argent, mon père.
M. MORAND
De l'argent, dites-vous ?
FLORVEL
Eh ! oui.
M. MORAND
30(1 > LES moki:rs du jour.
•V« Vous badinez :
G' Et ces douze cents francs que je vous ai donnés L'autre jour... ?
L'autre jour? c'était l'autre semaine.
Soit. Qu'en avez-vous fait?
Je m'en souviens à peine :
Ils sont déjà bien loin.
M. MORAND
Tant pis pour vous alors ; Car je n'ai plus d'argent. 11 faudrait des trésors Pour fournir, chaque jour, à ces folles dépenses.
Vous en avez.
M. MORAND
Non pas pour vos extravagances.
Eh! qui pourrait vous suivre, au train dont vous allez?
Qui, vous, mon père : eh ! oui : ce train dont vous parlez, Vous m'en donnez l'exemple, et je le suis.
il . MORAND.
Hein! qu'est-ce ?
Vous vous enrichissez avec une vitesse... !
A nous faire plaisir : moi, qui suis prompt aussi,
Je dépense, à mon tour, très vite, Dieu merci,
M. MORAND
Va, jeune fou! dissipe et consume et prodigue Le fruit de tant de soins et de tant de fatigue! Ruine enfin ton père!
Allons ! vous ruiner !
(En caressant son père.)
Pourquoi? pour cent louis... que vous m'allez donner !
M. MORAND, souriant, et mettant sa main à sa poche.
Que le fripon sait bien le chemin de ma bourse ! Eh ! tiens, prends.
FLORVEL
Allons donc... Voici pour notre course