SCENE V
Les MÊMES, D'HÉRICOURT.
MADAME DIRVAL.
Vous voilà donc enfin, monsieur!
d'uéricourt.
Eh ! oui. j'accours...
MADAME DIRVAL.
Vous accourez ?
d'héricourt.
Ici les premières, mesdames!...
MADAME DIRVAL.
Mais... vous voyez. ^
d'uéricourt.
Pardon, j'ai couru chez vingt femmes, l*our être libre enfin, Sophie, et tout à vous.
MADAME DIRVAL.
Ah ! vingt femmes!
L'excuse est nouvelle.
d'héricourt.
Entre nous, Mon excuse est ce bal, la plus belle des fôtes, Qui fait, en ce moment, tourner toutes les têtes : Je plains ces dames...
MADAME DIRVAL.
Bon ! pourquoi ?
d'héricourt.
Vous y serez :
On ne les verra plus dès que vous paraîtrez. Mais le bal ne fait point oublier la séance, J'espère .
MADAME DIRVAL.
11 faut se rendre à tant d'impatience, Ma chère.
MADAME EULER
Allons, je vois qu'on ne peut différer. d'héricourt.
Oh ! non, madame Euler : il faut tout préparer ; L'heure presse.
MADAME DIRVAL.
Oui.
MADAME EULER
Pour moi, je serai bientôt prête.
(Elle s'assied et met tout en état.)
Douce réunion ! il n'est qu'un tête-à-tête Qui fût plus séduisant : que ces moments sont chers !
MADAME EULER, avec finesse.
Heureuse, entre vous deux, de me trouver en tiers !
d'héricourt.
De grâce, asseyez-vous, trop aimable Sophie !
MADAME DIRVAL, s'asseyant.
Je crains d'être maussade.
d'héricourt.
Ah ! je vous en défie.
MADAME DIRVAL.
Cela dépend de vous.
d'héricourt.
De moi ? s'il était vrai !
madame DIRVAL.
Sans doute. Contez-moi quelque chose de gai.
' d'héricourt.
De ma part est-ce là ce que l'on doit attendre ? Je vous dirais plutôt quelque chose de tendre.