‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 445 sur 474 · ACTE II, SCENE VI. 'i il · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. 'i il

RAIMOND

Mais... la surprise extrême...

î^ saisissement...

Soit. Et mon oncle lui-même N'en avait point parlé : quelle discrétion !

RAIMOND

Moi, je n'en ai jamais fait ma profession.

Je traite mes amis et la classe indigente,

Ou, comme en ce moment, dans une affaire urgente ;

Je ne me pique point de guérir tous les maux ;

Deux ou trois, c'est assez : mais, voyez l'a propos!

Oui, je possède, à fond, l'article des Orages :

J'ai môme, là-dessus, fait deux petits ouvrages.

MADAME DOLBAN.

Vous êtes donc auteur ?

Autant que médecin.

MADAME DOLBAN.

Vous croyez la sauver ?

RAIMOND

J'en réponds ; un seul grain D'émétique...

MADAME DOLBAN.

Ah ! ciel ! quoi ?. . .

RAIMOND

C'est le remède unique.

FLORIMEL.

(a Raimond, à demi-voix.)

C'est tout simple. A propos, voici l'instant critique : Je vais à mon duel.

RAIMOND, de même.

Vous faut-il un témoin ?

FLORIMEL, de même.

Non ; mais si, par malheur, de votre art j'ai besoin, Puis-je compter sur vous ?

RAIMOND

Oui, certes, où me rendre ?

FLORIMEL. •

Où ? mon valet de chambre ici viendra vous prendre.

(Bas, à sa mère.) (Haut, à Raimond.)

Je le ferai courir. Je prends votre cheval ; Montez le mien, vous.

RAIMOND

Soit.

1 8 ', MALICE POUli MALICE

Oh ! c'est un animal !...

Unique, vous verrez.

(il fait signe à sa mbvi-.

HA IMOND.

Je rends le mien docile :

Cependant à monter il est fort difficile : Prenez-y garde.

Bon ! n'ayez pas peur ; allez, Je connais les chevaux.

Puisque vous le voulez...

Adieu donc.

(Bas à Uaimond, et du ton d'un homme pénéfr

Si je meurs.. .

R A I M 0 N D , bas à Florimel.

Écartons ce présage.

FLORIMEL, de même, serrant La main de Raimond.

Cher ami !

(a madame Dolban, à demi-voix, mais de manière que Raimond l'ent'^nde.)

Vous, Madame, en gouvernante sage, Veillez bien sur ma sœur.

MADAME DOLBAN, de même.

Oui.

FLORIMEL.

Vous la connaissez :

Vous savez bien. Madame. . .

MADAME DOLBAN, de même.

Eh ! mon Dieu ! c'est assez.

(Florimel sort en riant sous cape ; madame Dolban en fait autant, et Raimond aussi.)

Page 1