‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 446 sur 474 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

Un peu vif.

A son âge, t^st lout simple.

M A DAME DOLBAN, à part.

Arrangeons notre petit roman.

(Haut.)

Ah ! Monsieur...

RAIMOND, à part.

Essayons d'écarter la maman ; Car l'aimable orpheline ici pourrait se rendre.

MADAME DOLBAN.

Combien vous gémirez, quand vous allez apprendre Les revers, les malheurs !...

RAIMOND, à part.

J'imagine un moyen.

MADAME DOLBAN.

Vous paraissez distrait.

RAIMOND

Moi? point du tout. Hé bien ?

De grâce, poursuivez ; ce récit m'intéresse.

(il tàte le pouls de madame Dolban, comme machinalement.) MADAME DOLBAN.

Que faites -vous?

Pardon, Madame

MADAME DOLBAN.

Eh ! quoi, serait-ce?...

RAIMOND

Rien. Vous ne sentez pas, à présent, de douleur?

MADAME DOLBAN.

Non.

RAIMOND

Vous avez changé, tout à coup, de couleur. ..

MADAME DOLBAN.

Ah ! bon Dieu ! d'où vous vient une telle pensée ?

RAIMOND

Avez-vous quelquefois la tête embarrassée ?

MADAME DOLBAN.

La tête embarrassée ? ah ! voilà du nouveau !

RAIMOND

Mais rien n'est plus commun : les fibres du cerveau...

MADAME DOLBAN.

Kh ! mais... à quel propos cet air d'inquiétude ?

D'inquiétude ? non. Avez-vous l'habitude, Madame, de dormir après votre repas ?

MADAME DOLBAN.

Oui.

RAIMOND

Je l'aurais gagé.

MADAME DOLBAN.

Mais...

RAIMOND

Ne scntiez-vous pas Un engourdissement?

MADAME DOLBAN.

Quelquefois.

RAIMOND, se parlant à soi-même.

Asphyxie.

MADAME DOLBAN.

Plaît-il ?

RAIMOND

Qui, par degrés, mène à l'apoplexie.

MADAMK DOLBAN.

L'apoplexie ? ô ciel !

RAIMOND

Hai... j'en ai vu...

Vraiment...

Je me sens toute... là... mais... je ne sais comment.

RAIMOND, lui tàtant le pouls.

Je le crois bien : le pouls, de seconde en seconde. S'élève.

MADAME DOLBAN.

Vous croyez ?

RAIMOND

Une bile acre abonde.

MADAME DOLBAN.

Oh ! depuis quelques jours, je n'étais pas très bien.

RAIMOND

Pas très bien ? mais... s'il faut ne vous déguiser rien...

MADAME DOLBAN.

Eh! quoi, Monsieur?

RAIMOND

Tenez, la dame que j'ai vue Tout à l'heure, là -haut, dans ce lit étendue...

MADAME DOLBAN.

Hé bien ?

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