‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 467 sur 474 · RAIMOND, GÉLON · texte numérisé non relu

RAIMOND, GÉLON

RAlilOND (d'une voix forte).

Oui vive ?

GÉLON (affecte l'accent allemand).

Ami.

RAIMOXD (d'assez mauvaise humour).

Qui donc, l'ami ?

GÉLON

Bon Dieu !

C'est moi, le vovageur.

UAIMOND (à part).

Que le diable t'emporte !

GÉLON

C'est vous, monsieur Raimond?

RAIMOND

Oui. Courir de la sorte, La nuit !

GÉLON

11 me suffit d'une heure de sommeil.

RAIMOND

Dune heure ? •

GÉLON

Oui. Je vous vois dans un cas tout pareil. Je vous cherchais.

RAIMOND

Qui? moi?

GÉLON

Cher Monsieur! je désire Vous confier tout bas un secret important.

Un secret? à moi? bon !

GÉLON

A vous : voici l'instant.

Mon cher Raimond, il faut qu'enfin je vous apprenne...

Quoi donc?

J'ai peur qu'ici quelqu'un ne nous surprenne.

RAIMOND

Eh ! tout le monde dort.

GELON.

Cher Monsieur! mon état N'est pas d'ôtre marchand, mais bien plutôt soldat.

RAIMOND

Soit.

GELON.

Vous serez surpris, en apprenant quel homme Est ici devant vous, et comment je me nomme.

RAIMOND

Parlez donc.

GÉLON (d'un ton emphatique.)

Ce pacha qui naquit dans Widdin, Qui prit, en un seul jour, Andrinople et Semlin ; Qui, nouveau Mithridate, honorant ses retraites, En victoires souvent a changé ses défaites, A manqué renverser tout l'Empire Ottoman, Et jusqu'en son harem, fait trembler le Sultan...

RAIMOND

Après ces hauts exploits, quel grand nom dois-je attendre?

GÉLON

Un nom plus grand qu'eux tous, et qui va voussuprendre, Passwan-Oglou !

RAIMOND

Grand Dieu!

GÉLON

Vous êtes, je conçoi, Étonné de me voir en France; écoulez-moi.

RAIMOND

J'écoute.

GÉLON

Mon histoire est des plus singulières.

Les armes, vous savez, ami, sont journahères : Un jour mon aile gauche, à l'aspect d'un Pacha, Courut sous ses drapeaux, et contre moi marcha :

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