‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 173 sur 205 · SUR L'ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

SUR L'ASTRONOMIE

ET

Lu au Lycée en 1 787.

Nous avions prévu la difficulté de faire entrer dans l'institution du Lycée renseignement d'une science où les maîtres facilitent le travail y mais n'en dispensent pas; où Ton ne peut bien entendre sans avoir acquis l'habitude d'en appliquer les méthodes et d'en exercer les procédés; où enfin il n'existe point de milieu entre savoir très-bien et ne rien savoir.

La siniple exposition des vérités élémentaires , de celles que tout homme doit désirer d'apprendre , parce qu'il prévoit des circonstances où elles lui seront utiles , exigerait dans cette forme d'instruction une étude de plusieurs années. II a donc fallu renoncer à l'idée d'enseigner un coui*s complet de mathématiques , et se réduire à des traités particuliers sur quelques-unes de leurs parties; mais alors il se présente un autre inconvénient : toutes exigent des connaissances préliminaires de géométrie et d'algèbre* et y la plupart même, celle des lois et des principes généraux de la mécanique. Un cours complet de-

DISCOURS SUR l'astronomie. 4^3

mandait une longue et pénible assiduité dont.il nous était impossible de nous flatter ; et des traités parti* culiers n^auraient pu être entendus que par le petit nombre de ceux qui auraient conservé non-seulement la connaissance 9 mais Tusage de ce qu'on apprend de mathématiques dans l'éducation ordinaire.

Nous avons donc cru devoir changer la manière même d'enseigner ces traités particuliers, donner presque toujours l'esprit des méthodes , plutôt que les méthodes mêmes; indiquer les démonstrations, au lieu de les développer; nous borner à présenter l'ensemble des résultats d'une science , à offrir le tableau philosophique de son histoire , de ses progrès, dé ses rapports avec les autres parties de nos connaissances ou avec nos besoins, à marquer enfin les bornes où elle s'arrête aujourd'hui , et le point auquel on peut espérer d'atteindre. Cette manière de traiter les sciences ne doit pas être regardée comme uniquement propre à satisfaire une curiosité frivole. En se rappelant les vérités utiles que nous devons aui mathématiques, en voyant jusqu'à quel point elles nous ont fait avancer dans la connaissance des lois de la nature, en prenant une idée plus précise des m^oyens qu'elles nous offrent pour y faire encore de plus grands progrès, on saura mieux ce qu'on peut espérer de connaître, ce qu'on peut avoir intérêt d'apprendre. On sera plus en état d'apprécier l'utilité de chaque partie, de chaque degré de ces connaissances. L'histoire seule des mathématiques est une des parties les plus importantes de celle de l'esprit humain. Il n'en est aucune où l'on puisse

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