‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 183 sur 205 · PAMPHLÉTAIRE · texte numérisé non relu

PAMPHLÉTAIRE

La révolulion française a enrichi la langue de plusieurs mots nouveaux.

Celui iïe pamphlétaire a été inventé par M. le premier président du ci-devant Conseil souverain d'Artois (i); mais il a oublié d'en déterminer le sens. Il dit que si un roi s'avise de raisonner au lieu d'ordonner, s'il imprime ses observations sur les lois de son pays, il deviendra un pampkléiaire comme un autre; d'où il résulte évidemment qu'un pamphlétaire est un homme qui, ayant réfléchi sur les lois de son pays j expose à ses frères le résultat de ses réflexions. Cicéron, Locke, Hume, Montesquieu, étaient des pamphlétaires.

Autrefois les présidents, qui avaient acheté le droit déjuger, avaient ]es pamphlétaires en horreur; ils les accusaient de les empêcher quelquefois de pendre qui ils voulaient.

Quant à la crainte que les rois n'aient envie de raisonner, elle est particulière à M. le président d'Artois; ses confrères priaient autrefois les rois de vouloir bien raisonner avec eux.

(i) Le conseil souverain d'Artois a été supprimé par Tart. 14 de la loi du 11 septembre 1790.

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