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tionnements futurs du pacte fondamental :
<c Si nos législateurs prétendent travailler a pour réternité, il faut faire descendre la cens- «c titution du ciel , auquel on a seul accordé jua- «c qu'ici le droit de donner des lois imipuables ; a or , nous avons perdu cet art des anciais lé- « gislateurs d'opérer des prodiges et de faire <K parler des oracles. La Pythie de Delphes et les «c tonnerres du Sinai sont depuis longtemps <c réduits au silence. Les législateurs d'aujour- « d'hui ne sont que des hommes qui ne peuvent fc donner h des hommes , leurs égaux , que des (c lois passagères comme eux. j>
Les premières fonctions que Condorcet ait remplies dans Tordre politique sont celles de membre de la municipalité de Paris. A ce titre , il fut le rédacteur de l'adresse célèbre que la ville présenta à l'Assemblée constituante pour demander la réforme d'une loi très^importante^ de la loi qu'on venait de voter, et qui faisait dépendre le droit de cité et les autres droits politiques de la quotité des contributions. Les réclamations de Condorcet et de ses collègues ne restèrent pas sans effet.
Condorcet exerçait encore ses fonctions municipales lorsqu'il demanda , mais cette fois en son nom personnel , que le roi fût toujours tenu de prendre ses ministres dans une liste d'ëligi* blés dont la formation eût figure parmi les principales prérogatives de TAssemblée représentative. Une pareille méthode em pécherait-elle de mauTak choix? En vérité, je ii'oserais pas l'affirmer. Je suis plus certain que la liste de candidats serait très«diflicile à faire , et qu'elle donnerait lieu à de laborieux scrutins.
Condorcet était beaucoup plus dans le monde réel quand il signalait les dangers attachés à la création des assignats y quand il indiquait des moyens à peu près infaillibles de parer à tous les inconvénients de ce papier-monnaie.
La fuite du roi et les circonstances de son retour jetèrent le découragement dans l'esprit des partisans les plus décidés du système monarchique. Les la Rochefoucauld, les Dupont de Nemours , etc. , tinrent même des réunions où les moyens d'établir la république sans de trop violentes secousses , étaient très-sérieusement discutés. Ce projet fut ensuite complètement abandonné, Condorcet , membre actif de ces débats
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extra-parlementaires, ne se crut pas iié par les décisions de la majorité à garder le secret sur les opinions qu'il avait émises. Il laissa lire ses discours au Cercle social. Cette assemblée les fit imprimer. De ce moment date la malheureuse rupture qui, brusquement et sans retour, sépara notre confrère de ses meilleurs , de ses plus anciens amis, et en particulier du duc de la Rochefoucauld.
Quand les questions que l'arrestation de Varennes devait inévitablement soulever arrivèrent à la tribune nationale, Condorcet , quoiqu'il ne fut pas membre de l'Assemblée, y devint l'objet d'attaques, d'injures personnelles les plus violentes. L'illustre publiciste admettait sans difficulté que sesopinions pussent être entachées d'erreur; mais en interrogeant la vie de ceux qui lui faisaient une guerre si acharnée , leurs superbes dédains excitaient sa surprise, a II se <c demandait (je copie ici un passage manuscrit) a s'il était excessivement ridicule qu'un géomè- « tre de quarante-huit ans, qui depuis près d'un <c tiers de siècle cultivait les sciences politiques ; ccqui le premier, peut-être, avait appliqué le « calcul à ces sciences , se fut permis d'avoir une
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« opinion personnelle sur les questions débat- < tues à l'Assemblée constituante. »
Les mœurs parlementaires ne s'étaient pas encore développées. Condorcet ne pouvait deviner qu'un jour viendrait où, pour être admis à discourir sur toute chose , il faudrait impérieusement n'avoir fait ses preuves en aucun genre.
En 1791, après avoir quitté la municipalité de Paris, Condorcet devint un des six commissaires de la trésorerie nationale.
Les mémoires qu'il publia à cette époque occuperaient une grande place dans l'éloge d'un auteur moins fécond et moins célèbre. Pressé par le temps et par les matières , je ne puis pas même en faire connaître les titres.
Condorcet ayant renoncé , vers les derniers OKHS de 1791 , à la place de commissaire de la trésorerie, se porta à Paris comme candidat pour l'Assemblée législative. Jamais candidature ne ftit plus vivement combattue; jamais la presse salariée n'enfanta plus de libelles. Il était de mon devoir de rechercher ces productions
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de l'esprit de parti et de les apprécier ; mais je ferais injure à Fauditoire qui m'écoute si j'entreprenais d'en donner ici l'analyse. Je l'avouerai, toutefois, au milieu d'un torrent d'accusations calomnieuses et absurdes, j'avais aperçu une assertion tellement nette , tellement catégorique , qu'en l'absence d'une dénégation également formelle , que je ne trouvais nulle part , le fait imputé à notre confrère m'inspirait un véritable malaise. Grâce au respectable M. Cardot , longtemps secrétaire de Gondoicet , tous les nuages ont disparu. G)ndorcet, disait le pamphlétaire, fréquentait nuitamment la cour , et surtout i/o/»^i^r^ à l'instant mémeoii il les attaquait par ses écrits ; voici les noms des personnes qui témoigneront de la réalité de ces communications clandestines. «Oui! oui! s'est écrié quand je l'ai consulté, le chef de notrtsecrétariat ; oui , j'ai eu connaissance de cette grave imputation ; mais je me souviens que , foute vérification faite , il fut constaté que le visiteur mystérieux était, non Gondorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie, mais le comte d'Orsay, premier maréchal des logis dans la maison de Monsieur, frère du roi. »
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Vous le voyez , en temps de haines politiques, larépntatîon du plus honnête homme peut être compromise, même par une équivoque.
A peine nommé à l'Assemblée législative, Condorcet en devint un des secrétaires. Plus tard, il fut élevé à la présidence. De la timidité, une grande faiblesse de poumons, l'impossibilité de garder du sang-froid, de la pré* sence d'esprit au milieu du bruit, des agitations, des mouvements tumultueux d'une nombreuse réunion, le tinrent éloigné de la tribune; il n'y monta que dans des circonstances fort rares: mais quand l'Assemblée voulait adresser au peuple français, aux armées, aux factions intérieures, aux nations étrangères, des paroles graves et nobles, c'était presque toujours Condorcet qui devenait son organe officiel.
Pendant sa carrière législative , Condorcet s'occupa de l'organisation de l'instruction publique avec une attention toute particulière. Le fruit de ses réflexions sur cet objet capital a été consigné dans cinq mémoires qui furent publiés par la Bibliothèque de Vhomme public , et dans
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l'exposé des motifs du projet de loi présenté plus tard à rAssemblée légidative.
Condorcet s'est écarté entièrement des routes battues; il a soumis à un examen approfondi jusqu'à ces institutions, à ces méthodes qui par l'universalité de leur adoption semblaient en dehors de tout débat ; il en a fait jaillir des lumières nouvelles, des points de vue séduisants , inattendus, dignes de l'attention du législateur ami éclairé de son pays. Quelle que soit l'opinion qu'on adopte sur le fond des choses, tout lecteur impartial sera forcé de rendre hommage à la sûreté de vues et à la largeur de conception dont Ck>ndorcet a fait preuve dans les diverses parties de son travail.
Ici vient se placer , par sa date , une motion de Condorcet dont je ne puis me dispenser de parler. Cette motion , je suis certain qu'on en a singulièrement exagéré la portée. De telles paroles, je ne les ai tracées qu'après y avoir mûrement réfléchi , car elles me mettent en opposition directe avec un des hommes les plus illustres de notre temps. Il faut une vive confiance dans la puissance de la vérité pour oser
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lopposer toute nue à une erreur certainement involontaire, mais appuyée des prestiges de la plus haute éloquence.
L'histoire parlementaire n'oflfre peut -être rien de plus émouvant, de plus curieux, que l'analyse de la séance de l'Assemblée constituante du 19 juin 1790. Ce jour-là, pendant qu'Alexandre Lameth sollicitait la suppression de quatre figures enchaînées qui se voyaient alors, place des Victoires, aux pieds de la statue de Louis XIV, un obscur député du Rouergue, M. Lambel, s*écria de sa place : « C'est aujourd'hui le tombeau de la vanité ; je demande qu'il s<Ht fait défense à toutes personnes de prendre les titres de duc , de maix|uis, de comte ^ de baron, etc. > Charles Lameth enchérit aussitôt sur la proposition de son collègue ; il veut que personne ne puisse à l'avenir s'appeler noble. La- Favette trouve les deux demandes tellement néœssaires^ qu'il juge superflu de les appuyer par de longs développements. Alexis de Noailles vote oomme les préopinaiits, mais il croit la suppression des livrées également urgente. M. de Saint-Fargeau désire qu'on ne porte plus d'autre nom que celui de sa famille, et signe