‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 37 sur 205 · A CONDORCET (i · texte numérisé non relu

A CONDORCET (i

5 décembre 1773.

C'est bien vous qui êtes mon maître , Monsieur le Marquis, et qui l'auriez été de Bernard de Fontenelle. C'est vous qui êtes un vrai philosophe et un philosophe éloquent. On m'a parlé d'un éloge de M. de Fontaine (3), qui est un chef-d'œuvre. Vous ne sauriez croire quel plaisir vous me ferez de me le faire parvenir.

Je ne connais guère que vous et M. D'Âlembert qui sachiez présenter les objets dans leur jour et écrire toujours d'un style convenable au sujet. J'ai cherché

[i) La Tactique. Voy. Voltaire, tome XIV. (2) Vol. LXVIII, page 379.

(S) Voyez tome II, p. 1 39.

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dans mes paperasses la mauvaise plaîsanlerie sur les comètes ( i ) , je ne l'ai point trouvée* On dit qu'il y en a deux ; Tune de moi, l'autre que je ne connais pas : mais, dans l'état oii je suis, souffrant, continuellement ^ et près de quitter ce petit globe, je dois prendre peu d'intérêt à ceux qui roulent comme noua dans l'espace^ 'Ct avec qui probablement je ne aérai jamais en liaison.

Il est vrai que, dans les intervalles que mes mala* dies me laissent quelquefois, je m'amuse à la poésie, que j'aime toujours, quand ce ne serait que pour donner un os à ronger à Clément et à Sabotier; mais j'aime mieux votre prose que tous les vers du monde. Ce que j'aime autant que votre prose , c'est votre personne. Jamais les belles-lettres et la philosophie n'ont été si honorées que par vous.

Agréez, Monsieur , le tendre respect du vieux malade de Feraey.

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