‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 4 sur 205 · X BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

X BIOGRAPHIE

tablir à Pam cher son ancien maître, M. Gîraud de Kérottdou.

En sortant du collège , G>ndoroet était déjà un {censeur profond. Je trouve dans une lettre de 1 775, adressée à Tnfgot et intitulée Ma pro-fession de Jhi^ qu*à l'âge de dix--sept ans le jeune écolier avait porté ses réflexions sur les idées de justice, de vertu, et cherché (en laissant de côté des considérations d*un autre ordre) comment notre propre intérêt nous prescrit d être justes et vertueux. Je développerai la solution pour la rendre intelligible, mais sans assurer qu'elle était inconnue lorsque Condorcet s'y arrêta. Je ne craindrais pas d'être au contraire arflfirmatif , s'il fallait se prononcer sur la nouveauté de la résolution extrême dont elle devint l'origine.

Un être sensible souffre du mal qu'éprouve nu autre être sensible. Il est impossible que, dans la société, un acte injuste ou criminel ne blesse pas quelqu'un. L'auteur d'un pareil acte a donc la conscience d'avoir fait souffrir un de ses semblables. Si la sensibilité dont la nature la doué est resiée intacte , il doit donc souffrir luimême.

DE GONDORGBT. XJ

Ne pas éniousser sa sensibilité naturelle doit être, au point de vue de rintéréty le moyen de fortifier en soi les idées de vertu et de justice.

Cette conséquence découlait rigoureusement des prémisses. Elile conduisit le jeune Gondorcet à renoncer entièrement à la chasse, pour )a- ({oelle il avait une vive passion , et même à he |)as tuer des insectes, à moins, cependant, qu'ils ne lui fissent beaucoup de mal.

Il est bien peu de matières sur lesquelles, même dans sa première jeunesse, Gondorcet se soit abandonné à des opinions vagues et non étudiées. Aussi règne^t-il une grande harmonie entre les diverses périodes de la carrière laborieuse et agitée que nous devons parcourir. Vous venez de le voir , au sortir de Venlance , notre confrère plaçait la douceur envers les animaux au nombre des moyens les plus efficaces de conserver sa sensibilité naturelle , 2>uivant lui principale source de toute vertu. Cette idée l'a toujours dominé. Encore l'avant-veille de sa mort, dans Tadmirable opuscule iatitalé A^ d'un proscrit à sa fille, Gondorcet écrivait ces recommandations touchantes :

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