‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 47 sur 205 · A CONDORCET · texte numérisé non relu

A CONDORCET

II décembre 1774.

Le voici enfin cet exécrable procès-verbal; le voici avec tontes ses contradiction s , ses imbécillités et ses noirceurs, accumulées par une cabale de Hottentots Welches! Deux coquins suscitèrent ce procès horrible uniquement pour perdre madame l'abbesse de Villancour , qui n'avait pas voulu coucber avec eux. renvoie aux deux Bertrands l'extrait fidèle des dépositionsy avec la réfutation en marge (i). Il faut espérer que la France se lavera de cet opprobre d'une façon ou d'une autre.

Je donne avis à M. d'Homoy que j^ai entre les mains la procédure. Je pense qu'il iaut absolument purger la contumace : les cinq ans sont passés , on a besoin de lettres du sceau ; mais elles ne sont jamais refusées, c'est une chose de droit.

11 serait plus difficile de réhabiliter le chevalier de La Barre au parlement même. Jamais les assassins ne voudront convenir qu'ils ont été des coupe-^jarrets absurdes. On ne pourrait parvenir à cette réhabilitation qu'en cas que la famille obtint la révision à un autre tribunal. Mais songez que la famille des de Thou n'a jamais pu parvenir à faire revoir le procès de son parent, juridiquement assassiné pour s'être conduit en honnête homme. D'ailleurs je crois qu'il y a eu

(1) On le trouvera à la suite de celte lettre.

quelques profanations prouvées contre le chevalier de La Barre. Ainsi, tout ce qu'on pourrait obtenir serait une condamnation à une moindre peine; à moins qu'on ne portât TafFaire à un tribunal tout à fait philosophe 9 ce qui n'arrivera pas sitôt.

Toute notre ressource est donc de puiser la contumace de d'ÉtalIonde. Le succès me paraît sûr et fera le même effet que si on cassait le jugement rendu contre La Barre. Car le public croira avec raison que La Barre était aussi innocent que son camarade; et en justifiant l'un, nous les justifions tous deux.

Pour parvenir à cette justification, nous écartons un ou deux témoins des Hottentots d'Abbeville. Personne ne paraissant plus pour l'accuser, il sera en ce cas absous infailliblement, et il pourra même obtenir la permission de procéder contre ses accusateurs. Voilà où nous en sommes.

La générosité du grand-duc de Russie envers M. de La Harpe est une belle leçon pour nos Welches. J'embrasse tendrement nos deux Ajax, qui combattent vaillamment pour la cause des Grecs.

J'allais faire partir cette lettre par la voie indiquée, lorsque M. le marquis deVillevieille a eu la bonté de s'en charger. Alors je l'ai mis dans la confidence; bien sûr qu'il nous gardera le secret, et qu'il pourra même nous aider de ses bons offices. Son cœur est digne du vôtre.

Il faut encore que je vous dise, et que l'avocat sache qu'il y a dans la déposition de Moinel, page i, que ledit Moinel avait entendu dire que dÉtallonde a\>ait donné des coups de canne au crucifix du grand

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chemin.ym mis insulter y pour ne pas eflaroucber les Welches.

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