‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 52 sur 205 · A CONDORCET · texte numérisé non relu

A CONDORCET

i6 janvio* 177s*

Raton avait adressé quelques exemplaires d'un écrit (i) à MM. Bertrand (2); il avait envoyé ce chiflbn sous l'enveloppe de M. Rosni-Colbert (3). 11 ignore si M. Rosni-Colbert l'a fait passer à MM. Bertrand. Ou soupçonne que sa modestie l'en aura empêché ; on ose croire pourtant que ce chiffon était très-vrai et très-raisonnable. Il répondait par des faits incontestables aux sophismes de Linguet contre la liberté du commerce des blés, liberté à laquelle sa province est très-intéressée.

Raton prépare autre chose pour MM. Bertrand. 11 s'agit aujourd'hui de l'affaire très-sérieuse de l'offî-

(i) PetU écrit sur l'arrêt du conseil^ t. XLVIII, page 8a, des «QTTes de Voltaire.

{1) lyAlemberl et Condorcet, (3) Targot.

62 CORRBSPOlfDAICCE

cier prussien (i). Nous envoyons par ce courrier à madame la duchesse d'Enville et à l'ambassadeur du roi de Prusse, un projet de mémoire et de requête, par lequel nous demandons un sauf-conduit d*uD an qui nous est absolument nécessaire y et pendant lequel nous auronsMe temps de mettre tout en usage et en règle, pour parvenir à nous faire rendre justice, supposé que Raton vive encore un an.

C'est à M. le comte de Vergennes à donner ce saufconduit, puisqu'il est pour un officier au service d'une puissance étrangère. Nous désirons beaucoup qu'il soit conçu dans les termes que nous proposons. Cette petite faveur, très-légère en elle-même, mais très-importante, dépend uniquement de M. de Vergennes , qui ne la refusera pas si IVI. de Maurepas la demande. Nous supplions madame la duchesse d*Enville et M. le duc de la Rochefoucault d'obtenir pour nous la protection de M. le comie de Maurepas. Nous en donnons part à M. d'Ai^ental. Nous supplions Fun des Bertrand de souffler de toutes leurs forces le feu qui est dans le cœur généreux de madame d'Enville.

Elle leur fera voir le modèle de la requête et le modèle du sauf-conduit; ils le corrigeront , le réformeront, afin qu'il soit fait selon l'usage du pays. Cette bonne action nous suffira et sera pour nous un véritable gain de cause , sans offenser personne et sans rien risquer. Nous aurons ensuite tout le temps d agir ouvertement, d'aller sur les lieux , d'écarter tous les obstacles, et de faire enfin triompher l'innocence et la vérité.

(i) D*ÉtalIoDde.

£lfTIl£ VOLTAIRE ET COlfDORCET. 63

Je De mets point dans cette lettre la copie des papiers qui sont entre les mains de madame la duchesse d'En ville 9 pour ne pas rendre le paquet trop gros.

Les premiers marrons que j'en verrai seront adressés à M. de Rosni-Colbert.

Les vieilles petites pattes de Raton se joignent pour TOUS embrasser.

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