‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 73 sur 205 · A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

A VOLTAIRE

Cejeudi, 1776-

J^ai reçu toutes vos lettres jusqu'à celle du i^' mars , mon cher et illustre maître. Ne soyez pas en colère contre madame Suard, elle vous aime autant qu'elle vous admire. Elle s'occupe de vos inquiétudes avec l'intérêt le plus touchant. Mais avant que de vous répondre, elle a voulu savoir quelque chose de positif sur l'objet de vos inquiétudes.

L'affaire deM.deLisIe(a) se civilise. Le parlement

(1) Voyez ci-dessus la lettre n* 46.

(a) De Liste de Sales , décrété de prise de corps par le Châtelet pour sa Philosophie île la nature.

sen est saisi sur l'appel de M. de Lisle. Il a converti le décret de prise de corps en assigné pour être ouï , et tout ira doucement. Cest un dédale d'intrigues et de coDtre-intrigues dont il est impossible de confier le secret an baron Rigolei (i), mais qui vous ferait rire à pleurer.

Quant à Tauto-da-fé (a) , il est suspendu. On a écrit à M. le procureur général de se conformer à redit de rétablissement, et de ne souffrir aucune dénonciation qu^elle ne lui fut remise , de n'en faire lui-même aucune sans en avoir prévenu le ministère. Je tâcherai d'avoir ces Inconvénients des drxdts féo^ doux (S) et de vous les envoyer; vous serez surpris, en lisant ce livre, des qualifications que Seguier lui a données. Ce Seguier est un des plus vils coquins que nous ayotis h Paris. Il ressemble au Wasp de TEcossaise, qui ne mordait que par instinct de bassesse.

Adieu , soyez tranquille et comptez sur vos amis.

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