‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 75 sur 205 · A CONDORCET · texte numérisé non relu

A CONDORCET

3 avril 1776.

Enfin donc, mon respectable ami, les partisans de la raison et de M. Turgot triomphent* Grâce à Dieu et au roi, nous voilà dans le siècle d'or jusqu au cou.

On a fait courir dans Paris une lettre que j'avais écrite à M. de Boncerf, le brûlé (i). Je ne m'en défends pas, si on l'a donnée telle que je l'ai écrite; mais puisque mes lettres courent ainsi le monde, en voici une au roi de Prusse que je serai fort aise qu ou connaisse, ne varietur (2).

Il est assez plaisant d'ailleurs qu'on sache combien ce monarque et moi, chétif , nous nous sommes mutuellement pardonné : Amcuitium ira amorisredintegratio.

Il me semble que les pères de la patrie ont fait

(i) Premier commis de Turgot, auteur des IneonvénienU àes droits féodaux. Voyez lettre $7. La lettre de Voluire à M. de Boncerf est du 8 mars 1776.

(a) Du 3o mars 1776. Voyez la correspondance de Voltaire.

ENTRE VOLTAIRE ET CONDORCET. I 1 f

un furieux pas de clerc; on dit qu'on chante par loule la France : d les ^chus pères ! ô gué! aies fichus pères (i)!

Si vous n'êtes pas à Paris , ayez la bonté de me renvoyer ma lettre prussienne par M. de Vaines. Vous m'avez trouvé là un bon correspondant. Je vous en remercie de toute mon âme. V.

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