‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 82 sur 205 · A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

A VOLTAIRE

Ce a5 octobre 1776.

Vous savez, mon illustre maître, ce qui vient de nous arriver. Neckre succède à M. Tui^oi: c'est l'abbé Dubois qui remplace Fënelon. Vous retrouvez les folies et la corruption des temps de votre jeunesse. M. de Vaines a quitté; c'est une action noble, digne d'un ami de M. Tui^ot. Il n'a pas voulu servir sous les assassins de sou ancien général (i).

J'ai reçu de vous une lettre charmante. Je fais

l'éloge de Linnaeus. M. le comte (2) n'en sera pas content; il n'a jamais pardonné à Linnaeus de s'être moqué de ses phrases.

Neckre fait un peu oublier Shakspeare. Des gens qu'on veut écorcher tout entiers, sont indulgents pour qui se contente d'écorcher leurs oreilles avec de mauvaises tragédies. Le nouveau Law est grand partisan de Shakspeare, parce qu'il s'imagine être admiré en Angleterre, et que Garrick a joué pour lui.

Adieu; espérez que dans peu nous verrons de beaux jours : il y a des choses qui ne sauraient durer.

(1) Condorcet, qui n*en dit rien ici, en 6t autant : « Pour n'avoir aucune relation avec Necker, il donna sa démission d'inspecteur des monnaies. » (Biogr, unw,) Voyez, dans la correspondance générale, la lettre n^ 7, à M. de Maiirepas.

(2) De Buffon.

l32 CORRESPONDANCE

Quand je saurai des détails , je tâcherai de trouver moyen de vous les envoyer sans que la canaille de la poste intercepte mes lettres.

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