‹ Œuvres de Condorcet (volume 2)Chapitre 88 sur 205 · A œNDORCET · texte numérisé non relu

A œNDORCET

20 décembre 1776.

J'ai envoyé à Monsieur plus que Fontenelle, plus que Pascal, la lettre qu'il demandait concernant mon nouveau confrère, M. de La Harpe (i). Il m'a semblé que cette lettre devait avoir l'air tout à fait impartialy en rendant à M. de La Harpe la justice qui lui est due. Je lui ai adjoint M. de Champfort, que je ne connais que par la Jeune Indienne, Je me souviens que quand M. de La Harpe était à Femey, il était l'intime ami de ce jeune Champfort. J'ai donc cru servira la fois deux amis et remplir vos intentions. J'ai le malheur de ne les remplir guère sur Jean-Baptiste (a). Si vous n'étiez pas si animé contre lui, j'oserais vous représenter que ce Jean-Baptiste avait affaire à un maître enivré de sa puissance et de sa gloire , et que quand il s'agissait de trouver cinq cents millions sur-lechamp, pour affermir cette

(1) C'est la leltrc préccdenlc.

(2) Golbert.

ENTRE VOLTAIRE ET CONDORGET. l^î

gloire et cette puissance, il fallait les trouver et les fournir, sous peine d'être écrasé par Tinipitoyable Louvois.

Je vous prierais de remarquer que Jean-Baptiste, à sa mort , laissa une fortune fort au-dessous de celle de son rival, et que Sceaux a coûté quatre fois moins que Meudon. Maximus ille est qui mininds urgeturli).

Je vous dirais encore de songer que Jean-Baptiste débrouilla le chaos, et que ce chaos existait depuis le Irès-chrëtien Clovis. Jean-Baptiste était meilleur courtisan que citoyen. Je regrette toujours un homme qui e'tait citoyen et point du tout courtisan (a). Je vous avouerai même que , dans le moment présent, je suis la victime du bien qu'il a voulu faire à la petite patrie qne je me suis choisie. Mes derniers jours sont un peu persécutés en littérature et en aiïaires. 11 faut savoir souffrir et mourir, c'est l'état de riiomme. Je souffrirai et je mourrai en vous aiinanl et en vous révérant.

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