‹ Œuvres de Condorcet (volume 3)Chapitre 39 sur 89 · IX · texte numérisé non relu

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épouvantable abus du pouvoir aibitraire n'allaquail (ju'un petit nombre crindividus , tandis qu'il les plongeait tous, sans distinction, dans la terreur et l'avilissement.

Les lettres de cachet ont arrêté les lumières.

Elles ont empêché les hommes de connaître leurs droits, de se secourir, de se défendre, et même de se rapprocher pour s'entretenir de leurs malheurs.

Les lettres de cachet ont, pendant des siècles entiers, énervé le courage et étouffé les efforts des corps dont le devoir était de s'opposer à la perception des impôts illégaux.

Elles les ont frappés jusque dans leur sanctuaire; et c'est ainsi qu'elles sont la cause du fardeau énorme qui écrase le peuple.

Elles ont frappé de même quiconque a voulu élever la voix en faveur des opprimés, contre la rapacité et l'injustice des ministres et des intrigants; et quiconque a osé défendre ses droits ou ceux de ses concitoyens, est devenu leur victime.

Des milliers de lettres de cachet ont été données par des évêques, pour contraindre des opinions religieuses; par des commandants et gouverneurs de province, pour satisfaite leur vengeance ou leur jalousie; par des intendants, pour servir la cupidité du ministère ou leur ambition : tout a plié sous le joug des lettres de cachet ; des piésidents d'états n'ont pas rougi de menacer leurs délibérants de ces actes du pouvoir arbitraire; et ces corps ont été assez faibles pour accorder à la crainte des consentements qui écrasaient leurs provinces.

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