‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 78 sur 117 · A TOUS LES PEUPLES · texte numérisé non relu

A TOUS LES PEUPLES

Alléguera- t-on contre la France l'occupation des Pays-Bas? Mais de quel droit exigerait-on qu'elle respectât un territoire soumis à l'Autriche, lorsque l'Autriche a envahi le sien ? De quel droit exigerait-on qu'elle laissât ces provinces offrir aux armées de ses ennemis un asile inviolable?

Pourquoi la nation indépendante des Belges n'aurait-elle pas le droit de briser le joug autrichien? L'Angleterre ne l'a-t-elle pas reconnu dans la nation balave, qui l'a exercé avec tant de gloire? Les peuples n'auraieut-ils donc que le droit de changer de prince, et non celui de n'en vouloir aucun? Est-ce dans le code de la nature, ou dans les intérêts de leur ambition, que les maisons de Brunswick et de Nassau ont trouvé ces principes du nouveau droit public qu'elles veulent établir par la guerre?

Pourquoi le peup!e souverain de la Belgique, pouiquoi les Français, ses défenseurs, n'auraient-ils pas le libre usage des fleuves que la nature a formés pour les besoins des hommes , et non pour l'orgueil de quelques sénats, ou l'avidité de quelques commerçants? Et comment les honteux traités souscrits par la maison d'Autriche dans sa haine contre la France, pourraient-ils obligera la fois et les Français et les Belges?

Pendant longtemps l'Espagne n'a caché ni sa haine contre notre liberté, ni son intention d'aider l'Autriche et la Prusse à la détruire, oubliant avec quelle générosité la nation française avait armé pour sa défense, au milieu des orages de la révolution; lorsque tant de motifs semblaient nous autoriser à re-

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